PwC perd son plus gros client, Bank of China, suite à une enquête réglementaire

PwC perd son plus gros client, Bank of China, suite à une enquête réglementaire
Vatsala Gaur
20 août 2024, 08:13 AM
  • PwC perd Bank of China comme client en raison des pressions réglementaires.
  • EY acquiert Bank of China alors que PwC fait l'objet d'un examen minutieux concernant les audits d'Evergrande.
  • Plus de 50 entreprises chinoises ont abandonné PwC comme auditeur au cours des derniers mois.

PricewaterhouseCoopers ou PwC, autrefois le cabinet d'audit dominant en Chine, a perdu son plus gros client coté en Chine continentale, Bank of China (BOC), au profit de son rival Ernst & Young (EY).

Ce changement intervient dans un contexte de surveillance réglementaire croissante des audits de PwC, en particulier ceux liés au promoteur immobilier en difficulté China Evergrande Group.

L'exode des clients de PwC met en évidence les défis croissants auxquels le cabinet est confronté en Chine, où les entreprises publiques et les institutions financières optent de plus en plus pour des auditeurs nationaux ou internationaux.

Bank of China passe à EY alors que PwC fait l'objet d'une surveillance

La Banque de Chine, une société publique, qui avait auparavant prévu de reconduire PwC comme auditeur pour 2024, a annoncé dans un document déposé lundi soir qu'elle avait l'intention de nommer EY à la place.

Cette décision sera soumise à l'approbation des actionnaires. Cette décision constitue un coup dur pour PwC, dont BOC était le plus gros client en Chine continentale, payant 193 millions de yuans (27 millions de dollars) en honoraires d'audit l'année dernière.

Ces honoraires dépassent les honoraires d'audit combinés des trois plus gros clients cotés en bourse de PwC sur le marché national pour 2023 : China Life Insurance, China Telecom et le géant de l'assurance PICC, qui ont également abandonné PwC comme auditeur.

Enquête réglementaire sur les audits d'Evergrande

Ce changement de position de la Banque de Chine et d'autres grandes entreprises chinoises fait suite à une enquête réglementaire en cours sur les audits de PwC du groupe China Evergrande, un promoteur immobilier accusé d'une fraude de 78 milliards de dollars par le régulateur chinois des valeurs mobilières.

PwC a audité Evergrande pendant près de 14 ans jusqu'au début de 2023, et l'enquête devrait aboutir à de lourdes amendes pour le cabinet d'audit.

Depuis au moins avril, les régulateurs chinois auraient conseillé à plusieurs grands clients publics de PwC de laisser tomber l'auditeur, intensifiant encore les défis de l'entreprise dans la région.

Exode des clients et impact sur les opérations de PwC

Au moins 50 entreprises chinoises, dont beaucoup sont des entreprises publiques ou des institutions financières, ont abandonné PwC comme auditeur ou ont annulé leur projet d'embaucher le cabinet au cours des derniers mois, montre un examen des documents déposés par Reuters.

En mars, PwC était l'auditeur d'environ 110 sociétés cotées en Chine continentale, selon le site Web du cabinet.

L'exode récent a eu un impact significatif sur les opérations de PwC dans le pays, entraînant des réductions de personnel dans ses bureaux de Pékin, Shanghai et d'autres endroits.

Au moins 100 employés ont été licenciés alors que PwC ajuste sa structure organisationnelle pour s'adapter à l'évolution de la demande du marché, a rapporté Bloomberg le mois dernier.

EY et KPMG gagnent du terrain alors que PwC perd des clients

Les retombées de l’examen réglementaire n’ont pas seulement affecté PwC, mais ont également conduit à des opportunités accrues pour d’autres grands cabinets comme EY et KPMG.

Près de la moitié des entreprises clientes qui ont abandonné PwC ont été rachetées par ces concurrents, a rapporté Reuters.

Il convient de noter qu'EY avait précédemment audité Bank of China pendant huit ans avant que PwC ne prenne le relais en 2021. La réglementation chinoise stipule que les entreprises publiques ne doivent pas employer le même auditeur pendant plus de huit années consécutives, ce qui a peut-être également influencé la décision de BOC de revenir chez EY.