Pourquoi la BCE a-t-elle maintenu ses taux d'intérêt inchangés ? Les points clés de la dernière réunion
- La BCE maintient les taux d'intérêt actuels en juillet 2024.
- L’analyse révèle un assouplissement des contraintes de prix et un ralentissement économique.
- La politique vise à équilibrer la maîtrise de l’inflation et la croissance économique durable.
Le 18 juillet, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de maintenir ses taux d'intérêt directeurs inchangés dans un contexte de fluctuations récentes du marché alimentées par des incertitudes politiques et des données d'inflation américaines plus faibles que prévu.
Depuis la dernière réunion de politique monétaire de la BCE, le paysage financier est marqué par une volatilité importante.
Ces turbulences ont été initialement déclenchées par l’annonce d’élections anticipées en France, qui ont brièvement accru la volatilité des marchés mais n’ont pas entraîné de stress systémique.
Malgré cela, le taux de change de l’euro a rapidement rebondi et les conditions générales du marché se sont stabilisées, avec seulement de légères augmentations des primes de risque.
Le sentiment des investisseurs a été temporairement ébranlé par l'incertitude politique, provoquant une brève augmentation de la volatilité des marchés boursiers de la zone euro.
Toutefois, cette volatilité a diminué et la volatilité implicite sur les marchés obligataires de la zone euro est restée faible, ce qui témoigne d’une forte confiance des investisseurs.
Si les spreads des obligations souveraines ont connu une légère hausse, ils se sont depuis resserrés, hors obligations françaises, qui restent sous pression.
Les marchés boursiers et obligataires d’entreprises de la zone euro n’ont montré que des impacts mineurs et transitoires sur les valorisations.
Impact des données économiques américaines et des tendances inflationnistes
Les données économiques américaines et les attentes de la Réserve fédérale ont joué un rôle crucial dans l’élaboration des projections de taux de la BCE.
Malgré les incertitudes politiques persistantes, les attentes de baisse des taux de la BCE sont restées relativement stables, avec des ajustements mineurs reflétant des données plus faibles de l'indice des prix à la consommation (IPC) américain.
Dans la zone euro, l’inflation sous-jacente continue de dépasser les attentes, influençant les projections de taux.
Les taux d'intérêt réels ont montré une certaine variabilité, les taux à dix ans restant stables et les taux à plus court terme en baisse. L'absorption des obligations d'État, y compris celles de la France, s'est faite sans heurts, soutenue par une forte demande des investisseurs.
En juin 2024, l'inflation globale de l'indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) de la zone euro a légèrement diminué, à 2,5 %, contre 2,6 % en mai. L'inflation de l'énergie a chuté à 0,2 %, tandis que l'inflation des produits alimentaires a chuté à 2,4 %.
L’inflation des prix des biens et des services est restée stable à 0,7% et 4,1% respectivement.
L’inflation sous-jacente a affiché des tendances mitigées, la plupart des mesures étant stables ou en baisse.
La croissance des salaires a augmenté à 5,0 % au premier trimestre 2024 en raison des salaires négociés et des effets de rattrapage, bien qu'un ralentissement de la croissance future des salaires soit prévu pour 2025.
Les pressions sur les prix intérieurs devraient s'atténuer, la croissance du déflateur du PIB chutant à 3,6 % au premier trimestre 2024, en raison de la baisse des bénéfices unitaires.
L'inflation globale devrait rester autour des niveaux actuels pour le reste de 2024 avant de diminuer jusqu'à l'objectif de 2 % de la BCE d'ici fin 2025, sous l'influence des effets de l'inflation passée et d'une croissance plus faible des coûts de la main-d'œuvre.
Tendances économiques mondiales et de la zone euro
À l’échelle mondiale, la croissance économique est en hausse, le FMI prévoyant une croissance réelle du PIB de 3,2 % en 2024. Dans la zone euro, l’expansion économique se poursuit, principalement tirée par le secteur des services, même si le secteur manufacturier montre des signes de faiblesse.
La croissance de l’emploi reste positive mais ralentit, le taux de chômage étant stable à 6,4 %.
Le soutien budgétaire dans la zone euro reste fort et, même si les conditions financières sont quelque peu volatiles, les conditions d’offre de crédit se stabilisent, avec un assouplissement des normes pour les prêts hypothécaires et un resserrement modéré pour le crédit à la consommation.
Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a souligné que les données récentes soutiennent un assouplissement progressif des perspectives d'inflation à moyen terme.
Malgré la pression persistante sur les prix intérieurs et l’inflation élevée des services, l’affaiblissement des données économiques a permis de contenir les risques d’inflation.
La hausse des salaires et la baisse des profits des entreprises ont également atténué les effets de l'inflation. M. Lane a donc recommandé de maintenir inchangés les taux directeurs de la BCE.
À l’avenir, la réunion du Conseil des gouverneurs de septembre examinera de nouvelles données, notamment la croissance du PIB au deuxième trimestre, la rémunération, les marges bénéficiaires, la productivité et des publications supplémentaires de l’IPCH.
La réunion examinera également les projections macroéconomiques actualisées et les indicateurs d’activité économique et de confiance des consommateurs.
La décision du Conseil des gouverneurs souligne une approche prudente dans un contexte d'incertitudes persistantes concernant les salaires, la productivité et la dynamique de l'inflation.
Une stratégie basée sur les données guidera les décisions politiques futures, la réunion de septembre constituant un moment critique pour réévaluer la politique sur la base de données supplémentaires.
La flexibilité dans la gestion du programme d'achat d'urgence en cas de pandémie se poursuivra dans le cadre de la stratégie plus large de la BCE.
Que contient le nouvel accord de paix États‑Unis–Iran ? Ce que l'on sait
Asie: Hang Seng, Kospi, Nikkei 225 en forte hausse sur espoir d'un accord US-Iran
Nikkei 225 et Kospi s'envolent après la chute des rendements
Xi a reçu Trump puis Poutine et a montré où se situe le levier de la Chine
Zimbabwe ZiG : la monnaie adossée à l'or reste stable malgré les risques
Aucun résultat trouvé
Chargement des articles...
Failed to load articles. Please try again.