Le déficit courant de l'Égypte s'envole en raison de la baisse des revenus du canal de Suez
- Les revenus du canal de Suez ont chuté de 8,8 milliards de dollars à 6,6 milliards de dollars, principalement en raison des perturbations de la mer Rouge.
- Les transferts de fonds des Égyptiens à l'étranger ont légèrement diminué pour atteindre 21,9 milliards de dollars.
- Les revenus du tourisme ont augmenté à 14,4 milliards de dollars.
Le déficit du compte courant de l'Égypte a augmenté de façon spectaculaire au cours de l'exercice 2023/24, passant de 4,7 milliards de dollars à 20,8 milliards de dollars, selon les données de la Banque centrale d'Égypte.
Cette forte hausse résulte de l'aggravation des déséquilibres commerciaux et d'une forte baisse des revenus du canal de Suez, qui pèsent davantage sur le paysage économique égyptien.
Alors que le pays fait face à ces défis, le Premier ministre Mostafa Madbouly a présenté un plan ambitieux visant à créer 8 millions d’emplois d’ici 2030, visant à stabiliser l’économie et à assurer la durabilité à long terme.
Chute de 25% des revenus du canal de Suez
L'économie égyptienne a été frappée de plein fouet par la forte baisse des revenus du canal de Suez, qui sont passés de 8,8 milliards de dollars à 6,6 milliards de dollars, soit une baisse de 25 % par rapport à l'année précédente.
La perturbation a été particulièrement prononcée au cours de la seconde moitié de l’exercice, lorsque les revenus du canal ont chuté de 61,7 % à 1,8 milliard de dollars.
Les tensions croissantes en mer Rouge, exacerbées par les attaques des rebelles houthis contre les navires dans le cadre du conflit entre Israël et le Hamas, ont été citées comme la principale cause de ce manque à gagner.
Le canal de Suez, une artère cruciale pour le commerce mondial et une source vitale de revenus pour l'Égypte, a vu ces interruptions creuser encore davantage le déficit du compte courant du pays.
Alors que les perturbations maritimes se multiplient, le gouvernement égyptien est sous pression pour mettre en œuvre des réformes économiques afin de compenser les retombées et de stabiliser l’économie.
Les entrées d'IDE en Egypte atteignent 46,1 milliards de dollars
Malgré la baisse des revenus du canal, l’Égypte a connu une augmentation significative des flux d’investissement direct étranger (IDE), qui ont bondi à 46,1 milliards de dollars contre 10 milliards de dollars l’année précédente.
Cet afflux de capitaux étrangers reflète la confiance continue des investisseurs dans le potentiel de l’Égypte, en particulier dans des secteurs comme l’énergie, les infrastructures et la technologie.
Toutefois, d’autres secteurs de l’économie ont affiché des performances mitigées.
Les transferts de fonds des Égyptiens travaillant à l'étranger, une source essentielle de devises étrangères, ont légèrement diminué, passant de 22,1 milliards de dollars à 21,9 milliards de dollars.
Sur une note plus positive, les revenus du tourisme ont augmenté modestement, passant de 13,6 milliards de dollars à 14,4 milliards de dollars, apportant un certain soulagement à une économie en difficulté.
Plan de création d’emplois en Égypte : 8 millions d’emplois d’ici 2030 ?
En réponse aux défis économiques croissants de l'Égypte, le Premier ministre Mostafa Madbouly a annoncé une initiative ambitieuse de création d'emplois visant à générer 8 millions de nouveaux emplois d'ici 2030.
S'exprimant lors de la 48e réunion annuelle des gouverneurs des banques centrales et des institutions monétaires arabes, Madbouly a souligné l'engagement du gouvernement en faveur de la réforme économique à long terme et de la résilience.
Madbouly a souligné le succès antérieur du gouvernement dans la gestion des crises telles que la pandémie de COVID-19 et les tensions géopolitiques actuelles.
Entre 2020 et 2023, l’Égypte a maintenu un taux de croissance annuel moyen de 4,3 %, démontrant sa résilience face aux turbulences économiques mondiales.
Au cœur de cette stratégie de création d’emplois se trouvent des initiatives telles que la Golden License, qui vise à rationaliser le processus d’investissement dans différents secteurs afin d’attirer des capitaux étrangers.
En outre, l’initiative Haya Karima (Vie décente) vise à améliorer le niveau de vie dans les zones rurales et à promouvoir l’emploi grâce à des projets d’infrastructures et industriels.
Le rôle de l’IA dans l’avenir économique de l’Égypte
Dans le cadre de la stratégie plus large de réforme économique, le Premier ministre Madbouly a également évoqué le rôle transformateur de l’intelligence artificielle (IA) dans la définition du futur marché du travail égyptien.
Il a souligné l’importance d’adopter des politiques favorables à l’IA qui peuvent à la fois stimuler la création d’emplois et soutenir l’innovation.
Alors que la main-d’œuvre mondiale est de plus en plus impactée par l’IA et l’automatisation, Madbouly a souligné que l’Égypte doit s’adapter à ces changements pour rester compétitive.
Le gouvernement souhaite positionner l’Égypte comme un leader de l’économie numérique en encourageant les industries axées sur la technologie et en créant de nouvelles opportunités pour sa population croissante.
Alors que le pays continue de faire face à ces défis économiques, sa capacité à attirer des investissements, à créer des emplois et à mettre en œuvre des réformes efficaces sera essentielle pour façonner son avenir économique.
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