La Suède offre désormais beaucoup d'argent pour faire partir les immigrés : voici combien et pourquoi
- De nouvelles règles en matière de permis de travail exigeront 80 % du salaire médian pour les immigrants peu qualifiés.
- Les départs d'Indiens de Suède ont augmenté de 171 % au premier semestre 2024.
- L'immigration vers la Suède a diminué de 15 %, tandis que l'émigration a augmenté de 60 % sur un an en 2024.
La Suède s’apprête à mettre en œuvre une nouvelle politique qui augmentera les paiements pour les immigrants qui quittent volontairement le pays, avec des incitations augmentant considérablement d’ici 2026.
Selon ce plan, le montant actuel des indemnités, plafonné à 40 000 couronnes suédoises, sera augmenté jusqu'à un maximum de 350 000 couronnes.
Ce changement de politique, annoncé en septembre 2024, s’inscrit dans l’objectif du gouvernement de remodeler son cadre migratoire.
Soutenue par les Démocrates suédois, un parti anti-immigration, l'initiative s'inscrit dans le cadre d'un effort plus large visant à gérer les niveaux d'immigration, à réduire la tension sociale et à promouvoir l'intégration.
Une augmentation des paiements pour favoriser le retour des migrants
L'incitation actuelle de la Suède pour les immigrants qui choisissent de retourner dans leur pays d'origine est modeste, avec 10 000 couronnes offertes par adulte et 5 000 couronnes par enfant, sous réserve d'un plafond familial de 40 000 couronnes.
Les changements à venir marquent une augmentation significative, avec des paiements atteignant jusqu'à 350 000 couronnes d'ici 2026.
Cet ajustement vise à encourager les retours volontaires, à alléger la pression sur les services sociaux et à favoriser un système migratoire durable.
Cette politique s’inscrit dans le cadre d’un changement plus large qui comprend des conditions d’entrée plus strictes pour la main-d’œuvre peu qualifiée.
Comparaison des mesures incitatives au retour dans d'autres pays européens
La Suède n’est pas la seule à offrir des incitations financières pour le retour volontaire des migrants.
Le Danemark est en tête avec des aides de plus de 15 000 dollars par personne, la Norvège versant environ 1 400 dollars et la France environ 2 800 dollars. L'Allemagne verse environ 2 000 dollars.
Ces mesures reflètent une tendance régionale selon laquelle les pays européens offrent un soutien financier aux immigrants qui choisissent de rentrer, les aidant ainsi à se réinstaller dans leur pays d’origine.
En plus d’augmenter les indemnités de retour, la Suède prévoit de durcir ses critères d’obtention de permis de travail pour les travailleurs peu qualifiés.
D’ici juin 2025, les immigrants devront gagner au moins 80 % du salaire médian suédois, soit 35 600 couronnes (environ 3 455 dollars), pour avoir droit à un permis de travail.
La nouvelle loi vise à donner la priorité aux travailleurs qualifiés, en orientant les opportunités vers les travailleurs domestiques pour les emplois à bas salaires. Certaines professions, comme les aides à domicile, resteront exemptées de cette règle afin de garantir le maintien des services essentiels.
Attirer des immigrants hautement qualifiés
Malgré les restrictions imposées aux travailleurs peu qualifiés, la Suède renforce son attrait pour les immigrants hautement qualifiés.
Une proposition visant à adopter la nouvelle directive de l'UE sur la carte bleue vise à attirer les meilleurs talents en abaissant les seuils salariaux et en élargissant les critères d'éligibilité. Ce changement devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2025.
La stratégie du gouvernement est de stimuler la compétitivité de la Suède en veillant à ce que les employeurs des secteurs avancés puissent accéder à la main-d’œuvre qualifiée dont ils ont besoin.
Contrairement aux décennies précédentes, la Suède connaît une émigration nette pour la première fois depuis plus de 50 ans.
Entre janvier et mai 2024, 5 700 personnes de plus ont quitté la Suède que n’en sont arrivées, en raison de politiques d’immigration plus strictes et d’un nombre réduit de demandeurs d’asile.
Le ministère suédois de la Justice a indiqué dans un message publié sur les réseaux sociaux que 2024 devrait connaître le nombre le plus bas de demandeurs d'asile depuis 1997.
Cette tendance reflète une évolution plus large vers des politiques de migration durables, visant à équilibrer les efforts d’intégration et à réduire l’exclusion sociale.
Les Indiens sont en tête de la vague de départs
Une tendance notable dans les schémas d’émigration en Suède est l’augmentation du nombre de ressortissants indiens retournant dans leur pays d’origine.
Au premier semestre 2024, 2 837 Indiens ont quitté la Suède, soit une augmentation de 171 % par rapport à la même période en 2023.
Malgré cela, les Indiens restent l’un des groupes d’immigrants les plus importants en Suède, deuxième après les Ukrainiens en termes d’arrivées cette année.
Le nombre d'arrivées indiennes est passé de 3 681 à 2 461 au cours de la même période l'année dernière, marquant un changement après des années de croissance régulière.
La répression de l'immigration en Suède porte ses fruits
La position plus stricte de la Suède en matière d’immigration a entraîné une baisse significative du nombre de nouveaux arrivants et une augmentation de l’émigration.
L’Agence suédoise des migrations prévoit une baisse continue des demandes d’asile et une augmentation de l’émigration dans les années à venir.
L’immigration a chuté de 15 % sur un an au début de 2024, tandis que l’émigration a bondi de 60 %.
Ces changements de politique font suite à un changement qui a commencé en 2015, lorsque la Suède a reconnu la nécessité d’une approche plus contrôlée de la migration après des années d’afflux élevé.
L’histoire de la Suède en tant que « superpuissance humanitaire » a connu une transformation.
En 2014, le pays a accueilli plus de 81 000 demandeurs d’asile, et ce nombre a presque doublé en 2015.
Le pays s’est depuis orienté vers une migration plus contrôlée, notamment après la montée en puissance du Parti modéré et des Démocrates suédois en 2022.
Les récentes mesures prises par le gouvernement représentent un changement significatif dans l’approche de la Suède en matière d’immigration, privilégiant l’intégration et la durabilité économique par rapport aux ambitions humanitaires antérieures.
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