Pourquoi l’ambition de la France de construire six nouveaux réacteurs nucléaires se heurte à des obstacles

Pourquoi l’ambition de la France de construire six nouveaux réacteurs nucléaires se heurte à des obstacles
Sayantan Sarkar
14 janv. 2025, 13:07 PM
  • L'objectif de la France de construire six nouveaux réacteurs nucléaires est en péril car le financement reste incertain.
  • La chaîne d’approvisionnement n’est pas équipée pour gérer un projet de construction aussi important, selon l’auditeur.
  • L'auditeur a déclaré que le nouveau projet rapporterait des bénéfices médiocres au secteur.

La France n'a toujours pas réussi à construire six réacteurs nucléaires, le pays étant confronté à des défis pour relancer sa flotte vieillissante de centrales nucléaires, selon un rapport de Reuters.

Le président français Emmanuel Macron avait dévoilé en 2022 un plan pour que l'électricien public EDF construise six nouveaux réacteurs pressurisés européens.

Le coût de l'objectif nucléaire de la France

La hausse des coûts des matières premières et de l’ingénierie a augmenté le coût de construction de ces réacteurs.

Au départ, le coût était estimé à 52,73 milliards de dollars et a été révisé à la hausse à 67,4 milliards de dollars en 2023, selon le rapport.

EDF devait revoir le coût à la fin de l’année dernière, mais n’a publié aucun chiffre publiquement.

Les défis des nouveaux réacteurs nucléaires français

Selon la Cour des comptes française, la construction des nouveaux réacteurs devrait débuter en 2027, mais le financement du projet reste incertain.

Il a déclaré que la chaîne d'approvisionnement n'était pas programmée pour faire face à un projet de construction aussi massif, ce qui la rend vulnérable aux défaillances.

Le pays satisfait environ 70 % de ses besoins énergétiques intérieurs grâce à des centrales électriques, qui constituent une partie intégrante du secteur énergétique en France.

Le rapport indique toutefois que de nombreux réacteurs nucléaires français sont vieillissants et doivent être retirés du service plus tôt que prévu.

La France entend également relancer ses exportations d'expertise dans le secteur nucléaire, dans un contexte de regain d'intérêt mondial pour ce secteur.

Le pays espère également démontrer l'efficacité de son nouveau modèle de réacteur européen pressurisé, connu sous le nom d'EPR2.

Le rapport des auditeurs indique que si le coût de construction du nouveau projet a augmenté, il reste inférieur à celui d'autres projets récemment achevés dans le pays.

EDF espère que le coût de construction sera plus faible grâce aux économies réalisées par la construction d’une série d’usines.

L’industrie française a commencé à se préparer à la construction des modèles EPR2.

L’auditeur a toutefois déclaré que l’entreprise faisait face à des défis, tandis que le financement restait incertain.

Selon un précédent rapport de Reuters, les autorités françaises travaillaient sur un plan visant à fournir des prêts sans intérêt à EDF pour l'achèvement du projet.

Cependant, le plan n'a pas encore été finalisé.

L'organisme de contrôle français a été cité dans un rapport de Reuters :

L’auditeur a également déclaré que l’accumulation de risques et de contraintes pourrait entraîner des retards et des échecs dans l’achèvement du programme EPR2.

Décision d'investissement en 2026

Selon le rapport, EDF prévoit de faire un plan d'investissement final pour les projets nucléaires au début de l'année 2026.

L'auditeur a toutefois estimé que le projet EPR de Flamanville, lancé récemment, ne rapporterait que des bénéfices médiocres. Il a également estimé le coût du projet à 23,7 milliards d'euros, y compris le financement.

En outre, la compétitivité du programme EPR2 dépendrait en partie du schéma de financement.

Le plan serait conclu dans le cadre de l'accord entre la France et la Commission européenne.

Selon EDF, il était nécessaire de finaliser un premier contrat avec l’État pour fixer le cadre des investissements avant d’obtenir l’approbation de la Commission européenne.

Reuters a indiqué qu'EDF était confronté à des défis en termes de coûts croissants à la centrale nucléaire de Hinkley Point au Royaume-Uni.

L'entreprise publique gère désormais l'usine seule après le retrait du partenaire chinois CGN en 2023.

EDF a déclaré qu'il devrait trouver de nouveaux investisseurs pour le projet EPR2, avant de financer la centrale britannique Sizewell C.