La banque centrale du Brésil durcit les règles PIX pour lutter contre la criminalité financière

La banque centrale du Brésil durcit les règles PIX pour lutter contre la criminalité financière
Noris Soto
29 sept. 2025, 18:18 PM
  • La Banque centrale du Brésil renforce la conformité PIX, à l’exclusion des institutions dont la valeur nette est inférieure à 5 millions de BRL.
  • Le PIX automatique devient obligatoire pour les paiements récurrents aux institutions financières non autorisées.
  • De nouvelles règles de prévention de la fraude et des sanctions étendues entreront en vigueur entre octobre 2025 et janvier 2026.

Cette semaine, la banque centrale du Brésil a annoncé de nouvelles réglementations visant à renforcer le système financier national du pays, dans le but de lutter contre le crime organisé.

Les changements concernent PIX, la plateforme de paiement instantané du Brésil, et augmentent le fardeau de la conformité pour les institutions financières.

Il convient de noter que la règle exclut les établissements dont la valeur nette minimale est inférieure à 5 millions de BRL.

Cette décision fait partie d’un plan plus vaste que la Banque centrale met discrètement en œuvre depuis le début du mois pour remédier aux vulnérabilités utilisées par les groupes criminels contre les banques et les sociétés de paiement.

Le PIX automatique est désormais obligatoire

Une nouvelle norme, annoncée par la Banque centrale et le Conseil monétaire national, permet l’utilisation du PIX automatique pour les transactions destinées aux institutions financières qui ne sont pas agréées par l’autorité monétaire.

Le PIX automatique est utilisé pour les entreprises automatisées, et les règles récentes rendent obligatoire d’éviter que ces transactions ne soient exploitées.

Le règlement prévoit également un niveau de contrôle supplémentaire sur le traitement des transferts numériques récurrents en veillant à ce que les entités non autorisées ne puissent pas exploiter les lacunes existantes dans l’écosystème des paiements.

Un ensemble plus large de réformes

Plus tôt en septembre, la Banque centrale a annoncé un vaste ensemble de réformes visant à combler les lacunes du secteur financier.

Les réformes visent à renforcer le contrôle et à garantir que les établissements de paiement respectent des critères plus stricts visant à réduire le risque de fraude.

Les nouvelles règles devraient entrer en vigueur le 13 octobre 2025. Les établissements auront jusqu’au 1er janvier 2026 pour modifier leurs contrats, autorisations de dette et protocoles de conformité existants afin de se conformer aux nouvelles exigences.

Principales mesures mises en place

Les mesures définies par la Banque centrale couvrent plusieurs aspects des opérations PIX :


• Valeur nette requise : Les institutions dont la valeur nette est inférieure à 5 millions de BRL seront exclues du système.


• Calendrier de rentrée : La période pendant laquelle les participants sanctionnés exclus de PIX peuvent demander une réinscription a été prolongée de 12 à 60 mois.


• Limites de transaction : Les institutions seront autorisées à fixer des limites de valeur des transactions en se fondant uniquement sur les profils de risque et les comportements des clients.

• Blocage préventif de l’entité juridique : Une mesure de protection qui s’appliquait auparavant uniquement aux utilisateurs individuels s’étendra désormais aux personnes morales, élargissant ainsi le champ d’application des blocages préventifs.


• Mesures de notification des fraudes : Les institutions qui émettent ou acceptent des notifications de fraude doivent restreindre l’initiation et la réception de transactions PIX, et elles doivent rejeter les demandes d’enregistrement, de portabilité ou de revendication de propriété de clés PIX liées à des comptes signalés.

Renforcer les garanties contre la criminalité organisée

La décision de la Banque centrale reflète les craintes croissantes que le crime organisé ne cherche à pénétrer le système financier brésilien.

Le service de paiement crypto, PIX, a été lancé comme une solution rapide et bon marché, mais il est rapidement devenu populaire pour le crime en raison de ces mêmes fonctionnalités.

Les régulateurs bancaires érigent des barrières à l’entrée et laissent plus de place aux institutions pour garantir le risque de transaction, ce qui devrait contribuer à une plus grande résilience du système.

Et ses nouvelles règles régissant les notifications de fraude et les revendications de propriété clé visent à mettre fin aux voies qu’elles ouvrent aux mauvais acteurs utilisant des comptes piratés pour faciliter les transactions illégales.

Mise en œuvre et période transitoire

Le délai de conformité donne aux institutions un peu moins de trois mois pour modifier leurs systèmes et leurs pratiques avant le début de l’application complète au début de 2026.

Cette période transitoire permettra aux entreprises de s’adapter à la nouvelle réglementation tout en assurant la continuité pour les clients actuels.

Cette date limite souligne la priorité simultanée de la Banque centrale d’accroître la sécurité tout en réduisant au minimum les perturbations des transactions financières légales.

Les institutions seront tenues de modifier non seulement les systèmes techniques, mais aussi les procédures d’évaluation des risques et le suivi des transactions des consommateurs.

Un écosystème financier renforcé

Combinées, ces politiques indiquent une évolution vers un environnement de paiement plus strictement réglementé au Brésil.

La Banque centrale et le Conseil monétaire national s’efforcent de renforcer la confiance dans le système financier en resserrant les règles d’éligibilité, en établissant des processus de sécurité et en améliorant les technologies de prévention de la fraude.

La combinaison d’exigences de fonds propres plus strictes, de sanctions accrues en cas de non-conformité et de mesures de protection contre la fraude ciblées démontre un plan holistique pour sécuriser les opérations PIX.

Les institutions qui ne se conforment pas risquent d’être retirées du système d’ici janvier 2026, ce qui démontre la volonté du régulateur de combler les vulnérabilités exploitées par les réseaux criminels.