Le Brésil évalue les alternatives budgétaires après le blocage d’une proposition fiscale clé par le Congrès

Le Brésil évalue les alternatives budgétaires après le blocage d’une proposition fiscale clé par le Congrès
Noris Soto
09 oct. 2025, 17:07 PM
  • Le gouvernement brésilien va réévaluer les moyens d’augmenter son budget après que le Congrès a bloqué un plan fiscal.
  • Le ministre des Finances, Fernando Haddad, a déclaré que la Cour suprême permettait au président d’ajuster les impôts.
  • Haddad et Lula visent à atteindre leurs objectifs budgétaires malgré des revers politiques et une législature fracturée.

Le ministre des Finances, Fernando Haddad, a déclaré jeudi que le gouvernement analyserait maintenant des alternatives pour renforcer le budget national après l’échec du Congrès.

Ses commentaires ont été faits à Brasilia, un jour après que la chambre basse a exclu de sa liste électorale une réforme visant à remanier la fiscalité des investissements, ce qui constitue un revers pour les ambitions budgétaires du gouvernement.

Il était précédemment estimé que la proposition retirée permettrait de générer 20,9 milliards de reais (3,9 milliards de dollars) de revenus supplémentaires au cours de l’exercice 2024.

Les fonds ont été un pilier de l’administration du président Luiz Inácio Lula da Silva dans sa volonté d’atteindre ses objectifs budgétaires, qui visent à réduire le déficit budgétaire du pays sans réduire les dépenses sociales ou les investissements.

La réforme fiscale stagne au Congrès

Dans le cadre de la mesure proposée, l’impôt sur les intérêts sur les paiements d’actions serait augmenté et les taux effectifs d’imposition sur le revenu seraient unifiés sur les investissements financiers.

La proposition visait à réduire la structure fiscale complexe du Brésil et à augmenter les recettes de l’État en même temps.

Le fait qu’il ait été retiré de l’ordre du jour met en évidence le chemin politique difficile qui attend l’équipe économique de Lula alors qu’elle tente de faire passer des réformes fiscales.

Les dépenses sont également l’une des raisons pour lesquelles le gouvernement est confronté à un dilemme quant à la façon d’équilibrer ses priorités et la nécessité de faire preuve de responsabilité financière envers les investisseurs et les agences de notation.

M. Haddad, qui a tenté de fonder les attentes budgétaires depuis qu’il a pris les rênes, a déclaré que le gouvernement prendrait maintenant le temps d’évaluer d’autres voies pour renforcer le budget.

La décision de la Cour suprême offre une certaine marge de manœuvre

Malgré l’échec parlementaire, Haddad a cité une récente décision de la Cour suprême comme une source de flexibilité.

La cour a affirmé que le président a le pouvoir de modifier certains taux d’imposition, donnant à l’administration une certaine marge de manœuvre pour modifier la politique économique sans le consentement du Congrès.

« Cela nous rassure d’arriver à la fin de l’année », a fait remarquer Haddad, faisant référence au jugement du tribunal.

Selon la loi brésilienne, certaines taxes sont considérées comme réglementaires plutôt que fiscales.

Il s’agit notamment de la taxe IOF sur les transactions financières, ainsi que de la taxe sur les importations et les produits industrialisés (IPI).

En raison de leur nature réglementaire, ces taxes peuvent être modifiées unilatéralement par décret présidentiel, ce qui constitue une méthode potentielle d’ajustement des recettes à court terme.

Lula cherche le calme sur fond de frictions politiques

Le président Lula a tenté d’apaiser les craintes concernant le revers législatif dans une interview accordée à une station de radio locale plus tôt jeudi.

Il a affirmé avoir dit à son équipe de ne pas s’inquiéter de la décision du Congrès et s’est dit confiant que le gouvernement trouverait d’autres voies pour renforcer les finances publiques.

Lula a également déclaré qu’à partir de mercredi prochain, le gouvernement ouvrira un processus de discussion sur les moyens par lesquels le système financier peut « payer sa dette » envers le pays.

Les objectifs financiers restent à l’ordre du jour

L’échec de la réforme de la fiscalité des investissements démontre le conflit entre les objectifs économiques du Brésil et les réalités des négociations politiques au Congrès.

Bien que le gouvernement demeure déterminé à atteindre ses objectifs, la voie à suivre devient de plus en plus incertaine.

Haddad et l’équipe économique de Lula sont confrontés à la tâche de maintenir la crédibilité budgétaire tout en gérant une législature fracturée.

La décision de la Cour suprême fournit un tampon temporaire, mais s’appuyer sur les directives de l’exécutif peut susciter des critiques de la part des législateurs préoccupés par la portée excessive.