L’inflation au Canada s’établit à 1,9 % en juin, ce qui atténue les espoirs de baisses de taux à court terme

L’inflation au Canada s’établit à 1,9 % en juin, ce qui atténue les espoirs de baisses de taux à court terme
Noris Soto
15 juil. 2025, 16:20 PM
  • L’inflation au Canada a atteint 1,9 % en juin, principalement en raison de la hausse des prix des véhicules et des meubles.
  • L’inflation sous-jacente s’est maintenue à 3 %, ce qui réduit les chances d’une baisse des taux à court terme de la Banque du Canada.
  • Les prix de l’essence ont baissé moins fortement, tandis que l’inflation des produits d’épicerie a diminué pour s’établir à 2,8 %.

Selon les données de Statistique Canada publiées mardi, le taux d’inflation au Canada a augmenté à 1,9 % par année en juin, contre 1,7 % en mai.

Cette hausse est principalement attribuable à la hausse des prix des biens durables, comme les automobiles et les meubles, tandis que la pression déflationniste exercée par les prix de l’essence s’est affaiblie.

L’Indice des prix à la consommation (IPC) mensuel a augmenté de 0,1 % en juin et de 0,2 % désaisonnalisé. Les économistes s’attendaient à un rebond légèrement plus important, les prévisions consensuelles de la CIBC prévoyant un gain annuel de 2 %.

Les mesures de base restent fermes

Malgré la faible augmentation du taux d’inflation publié, les pressions sous-jacentes sur les prix sont restées élevées. D’une année sur l’autre, les deux principales mesures de l’inflation sous-jacente de la Banque du Canada, l’IPC médian et l’IPC tronqué, sont restées à 3 %.

Ils excluent les composantes volatiles, qui sont essentielles aux décisions politiques concernant les tendances de l’inflation à long terme.

L’inflation sous-jacente reste obstinément forte et pourrait limiter la capacité de la banque centrale à assouplir sa politique monétaire lors de sa prochaine décision le 30 juillet.

Benjamin Reitzes, de la Banque de Montréal, a déclaré lundi dans un commentaire que la croissance de l’emploi annoncée la semaine dernière « devrait voir l’inflation de base chuter considérablement avant qu’une baisse de taux puisse même être envisagée ».

Les biens durables font grimper les prix

La hausse des prix des biens durables a contribué de manière significative à la flambée de l’inflation en juin. Les prix des biens durables ont augmenté de 2,7 % par an, comparativement à 2 % en mai.

Les coûts des véhicules automobiles ont augmenté de 4,1 % par rapport à l’année précédente, tandis que les prix des voitures d’occasion ont connu leur première hausse annuelle en 18 mois.

Les meubles ont également contribué à l’augmentation globale, démontrant que la demande des consommateurs pour des articles à prix élevé reste forte malgré la hausse des taux d’intérêt.

Les prix de l’essence demeurent plus bas, mais ont moins d’impact

Bien que les prix de l’essence aient continué de baisser par rapport à l’année précédente, le taux de baisse a ralenti, ce qui a réduit leur impact sur l’inflation globale.

En juin, les prix du gaz ont baissé de 13,4 % en glissement annuel, ce qui est inférieur à la réduction de 15,5 % observée en mai.

« Bien que les consommateurs aient continué de payer moins cher à la pompe d’une année à l’autre en juin, la baisse a été plus faible qu’en mai », a indiqué Statistique Canada dans sa publication.

Cette baisse de l’effet des coûts de l’énergie a poussé l’IPC à la hausse, même si les autres catégories d’inflation sont restées stables ou ont ralenti.

Tarifs douaniers et dynamique transfrontalière

Les tarifs douaniers continuent de jouer un rôle important dans l’établissement des tendances de l’inflation en Amérique du Nord.

Les tarifs imposés par les États-Unis et les contre-mesures mises en œuvre par le Canada peuvent avoir une incidence sur les prix à la consommation finaux dans les deux pays, les répercussions variant selon le produit et le secteur.

Bien que l’impact de ces politiques commerciales se reflète déjà dans les prix finaux relevés par l’Indice des prix à la consommation, elles continuent d’influencer le contexte global de l’inflation.

La Banque du Canada continue de suivre de près ces événements et de fournir des analyses sur la façon dont les différends commerciaux transfrontaliers peuvent influer sur les choix de politique monétaire.

Selon Statistique Canada, les modifications tarifaires ne nécessitent pas d’ajustements particuliers à la méthodologie de l’IPC, car ces effets sont déjà représentés dans les prix du marché.

Néanmoins, l’agence surveillera de près l’évolution des tarifs et leurs conséquences inflationnistes.