Le Brent franchit les 71 dollars alors que le marché se concentre sur les risques liés au détroit d'Hormuz

Le Brent franchit les 71 dollars alors que le marché se concentre sur les risques liés au détroit d'Hormuz
Sayantan Sarkar
19 févr. 2026, 06:58 AM

Le contrat d'avril pour le pétrole Brent brut a franchi les 71 dollars le baril jeudi pour la première fois en plus de trois semaines. 

Les tensions géopolitiques se sont intensifiées alors que les États‑Unis et l'Iran ont intensifié leurs activités militaires au Moyen-Orient, région qui abrite plus de la moitié des réserves mondiales de pétrole. 

Dans les échanges en Asie jeudi, les prix du pétrole avaient légèrement reculé, puis regagné de l'élan à la hausse. 

Les prix du pétrole grimpent face aux tensions géopolitiques

Le contrat d'avril pour le pétrole Brent sur l'Intercontinental Exchange était à 70,55 dollars le baril, en hausse de 0,3 %.

Le contrat avait atteint 71,41 dollars le baril, son niveau le plus élevé depuis le 29 janvier.

Pendant ce temps, le prix du pétrole brut West Texas Intermediate était à 65,29 dollars le baril, en hausse de 0,4 % par rapport à la clôture précédente. 

Les prix du pétrole ont enregistré des gains d'environ 5 % lors de la séance précédente, déclenchés par une déclaration du vice-président américain JD Vance, qui a indiqué que la récente série de pourparlers n'avait pas réussi à traiter les « lignes rouges » établies par les États‑Unis.

De plus, l'anxiété du marché pétrolier a été fortement amplifiée par une déclaration publique et définitive du président Donald Trump, qui a explicitement déclaré que l'administration américaine « se réserve le droit d'utiliser la force militaire » si les efforts diplomatiques échouent.

Cette menace explicite d'action militaire, associée à la perception d'un échec diplomatique, a immédiatement introduit une prime de risque importante sur le marché pétrolier. 

Les opérateurs du marché ont perçu que ces développements augmentaient fortement la probabilité d'une perturbation d'approvisionnement en provenance du Moyen-Orient, une région essentielle à la production pétrolière mondiale.

« Les prix du pétrole pourraient regagner du terrain face aux risques potentiels d'approvisionnement, en raison des tensions croissantes entre les États-Unis (US) et l'Iran, ainsi que des négociations Ukraine-Russie au point mort », a déclaré Akhtar Faruqui, rédacteur chez FXStreet, dans un rapport.

Points de friction géopolitiques clés et risques d'approvisionnement

La possibilité d'une intervention militaire américaine s'aggrave en une opération soutenue est également relevée dans les rapports, Israël plaidant pour se concentrer sur un changement de régime en Iran.

Il existe également un risque de perturbations d'approvisionnement en provenance du détroit d'Hormuz.

Selon les données de la société de conseil énergétique Kpler, environ un tiers de toutes les exportations de pétrole brut transportées par mer passent par ce détroit.

Le détroit d'Hormuz est un point névralgique crucial, par lequel transitent 20 % à 25 % de l'approvisionnement mondial en pétrole.

Sa fermeture entraînerait inévitablement une hausse drastique des prix du pétrole.

Le Moyen-Orient a déjà vu une présence militaire accrue des États‑Unis, avec le porte-avions USS Abraham Lincoln déjà déployé et le USS Gerald Ford actuellement en route, tous deux envoyés par l'administration Trump.

De plus, les pourparlers de paix entre l'Ukraine et la Russie à Genève se sont terminés après deux jours sans progrès signalés, selon Reuters.

Le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a critiqué Moscou, alléguant des retards dans les efforts sous médiation américaine pour mettre fin au conflit de quatre ans.

Alors que les forces russes continuent de cibler les infrastructures énergétiques et de progresser, le président Trump a à plusieurs reprises pressé l'Ukraine d'accepter un accord qui pourrait nécessiter d'importantes concessions.

Commerce mondial du pétrole brut et stocks américains

Dans les actualités commerciales, Bharat Petroleum Corporation Limited (BPCL), société d'État indienne, a finalisé son premier achat de brut vénézuélien. 

Parallèlement, HPCL Mittal Energy Limited a également acheté des cargaisons de brut auprès de ce pays sud-américain, marquant leur première transaction de ce type en deux ans, selon des sources Reuters.

Par ailleurs, l'American Petroleum Institute (API) a signalé une diminution de 609 000 barils des stocks hebdomadaires de pétrole brut américain la semaine dernière. 

Cette baisse compense en partie l'augmentation significative de 13,4 millions de barils observée la semaine précédente, qui représentait la plus grande hausse enregistrée depuis janvier 2023.