La Chine se joint à la réaction mondiale contre les projets de crypto-monnaies avec balayage de l’Iris
- Les autorités chinoises ont signalé la nature irréversible des identifiants biométriques comme un risque majeur pour la sécurité.
- Les responsables ont cité des incidents passés où des acteurs étrangers ont manipulé des données faciales.
- Le bulletin appelait à une surveillance plus stricte de la façon dont les entreprises recueillent, stockent et transmettent les données biométriques.
La Chine a tiré la sonnette d’alarme sur la façon dont les projets de cryptomonnaie utilisent les données biométriques, avertissant que des pratiques telles que le balayage de l’iris et du visage pourraient mettre en danger la vie privée des individus et la sécurité nationale.
Le ministère chinois de la Sécurité d’État s’est inquiété du fait que les projets de cryptomonnaie utilisent des outils biométriques, tels que l’iris, le visage et les empreintes digitales, comme couverture pour recueillir des données personnelles sensibles.
Des risques au-delà de la vie privée
Dans un bulletin publié mercredi, le MSS a souligné plusieurs risques liés à ces technologies, soulignant le caractère irréversible des identifiants biométriques une fois compromis.
Selon le ministère, l’utilisation abusive de ces données pourrait permettre à des acteurs étrangers d’exploiter les citoyens chinois et de mener des activités de surveillance ou d’infiltration contre les institutions de l’État.
Le MSS a souligné un cas récent impliquant une société étrangère anonyme qui aurait scanné des données d’iris dans le monde entier sous le couvert de l’émission de jetons de crypto-monnaie, puis a transféré les données ailleurs.
Les autorités ont déclaré que cela constituait « une menace pour la sécurité des informations personnelles et même la sécurité nationale », soulignant l’utilisation potentielle de ces données dans des opérations d’espionnage ou la manipulation à long terme des identités numériques.
« Contrairement aux mots de passe, les clés biométriques ne peuvent pas être modifiées », a averti le MSS, appelant à une plus grande sensibilisation du public et à une plus grande prudence lorsqu’il s’agit de plateformes qui demandent des données biométriques.
La reconnaissance faciale a également été signalée comme une « menace pour la sécurité nationale » si des solutions de « stockage inappropriées » entraînaient des fuites.
Les responsables ont cité des cas où des services de renseignement étrangers ont pu utiliser des données faciales manipulées à des fins d’espionnage.
Le MSS a appelé à une surveillance plus stricte de la manière dont les entreprises stockent, transmettent et protègent les informations biométriques collectées, avertissant que des mesures de protection insuffisantes pourraient entraîner des fuites massives ou une utilisation abusive délibérée.
La Chine a-t-elle pointé du doigt Worldcoin ?
Bien que le bulletin ne nomme aucune entreprise spécifique, la description semble s’aligner sur World (anciennement Worldcoin), un projet cofondé par le PDG d’OpenAI, Sam Altman.
Worldcoin collecte des données d’iris en échange de son jeton World (WLD), promouvant ce qu’il appelle un système de « preuve de personnalité » visant à distinguer les vrais humains des robots dans une économie numérique.
Worldcoin a affirmé que ses opérations s’étendent sur plus de 160 pays, bien que la Chine n’en fasse pas partie.
Son système s’appuie sur un matériel propriétaire appelé Orb, qui scanne l’iris des utilisateurs pour créer des identités numériques uniques.
En échange, les utilisateurs reçoivent des jetons WLD, qu’ils peuvent stocker ou échanger.
Bien que Worldcoin se présente comme un outil d’inclusion numérique et d’accès universel aux revenus, son utilisation des données biométriques a suscité des signaux d’alarme parmi les régulateurs de plusieurs pays.
Le Kenya, par exemple, a suspendu les opérations de Worldcoin en 2023 après que plus de 300 000 personnes se soient inscrites, ce qui a suscité des inquiétudes sur la façon dont le projet a traité les données sensibles des utilisateurs.
L’Espagne a pris des mesures similaires l’année suivante, ordonnant à l’entreprise d’effacer toutes les données biométriques stockées après avoir constaté des violations des lois de l’UE sur la protection des données.
D’autres pays, dont l’Allemagne, le Portugal, le Brésil, la Corée du Sud, la Colombie et Hong Kong, ont également décidé de suspendre ou d’enquêter sur les opérations de Worldcoin, invoquant souvent le non-respect des réglementations locales en matière de protection des données.
L’Indonésie, l’un des derniers à intervenir, a gelé les opérations de Worldcoin plus tôt cette année pour ne pas avoir enregistré son entité locale en tant qu’opérateur de système électronique.
Les autorités ont qualifié l’activité non autorisée du projet de violation grave de la législation numérique nationale.
À Singapour, la police a ouvert des enquêtes sur des individus négociant des comptes Worldcoin et a averti que les comptes liés à des identités biométriques pourraient être exploités pour le financement du terrorisme ou le blanchiment d’argent.
Alors que Worldcoin et son entité mère, Tools For Humanity, ont maintenu qu’ils travaillaient avec les régulateurs locaux et donnaient la priorité à la transparence, les critiques affirment que l’approche du projet en matière de consentement et de traitement des données reste insuffisante compte tenu de la sensibilité des identifiants biométriques.
Existe-t-il une alternative aux scans de l’iris ?
Comme alternative, le cofondateur d’Ethereum, Vitalik Buterin, a récemment proposé un concept appelé « identité pluraliste », qui évite de s’appuyer sur une seule source de données ou méthode de vérification.
Au lieu d’appliquer un système rigide « une personne, une identité » basé sur des scans biométriques, les modèles pluralistes permettent à l’identité d’émerger de multiples attestations indépendantes, telles que les gouvernements, les réseaux sociaux ou même les communautés individuelles.
Buterin et d’autres partisans des systèmes d’identité décentralisés soutiennent qu’une approche à plusieurs niveaux équilibre le besoin d’authentification tout en préservant la vie privée.
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