Ursula von der Leyen survit à deux motions de censure au Parlement européen

Ursula von der Leyen survit à deux motions de censure au Parlement européen
Utkarsh Roshan
09 oct. 2025, 14:16 PM
  • Le Parlement européen rejette deux motions de censure à l’encontre d’Ursula von der Leyen.
  • Le chef de la Commission obtient le soutien de la majorité malgré les défis de l’extrême droite et de l’extrême gauche.
  • Les votes mettent en évidence le mécontentement mais réaffirment le soutien à son deuxième mandat de cinq ans.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a confortablement survécu à deux motions de censure au Parlement européen jeudi, alors que les législateurs d’extrême droite et d’extrême gauche ont échoué dans leurs tentatives de la destituer.

C’est la troisième fois qu’Ursula von der Leyen est confrontée à de tels défis et y a survécu depuis le début de son deuxième mandat de cinq ans à la tête de l’exécutif de l’Union européenne.

Elle est la première présidente de la Commission depuis plus d’une décennie à faire face à des motions de censure, ce qui souligne à la fois l’intensité des divisions politiques au sein du Parlement actuel et sa capacité à maintenir une majorité gouvernementale.

Un fort soutien parlementaire

Les deux motions de censure sont bien en deçà de la majorité des deux tiers requise pour la destituer.

Lors du premier vote, 378 des 720 membres du Parlement ont soutenu von der Leyen et son équipe de commissaires, tandis que 383 l’ont soutenue lors du second.

Ces chiffres représentent une légère amélioration par rapport à juillet, lorsque 360 législateurs ont voté contre une motion similaire largement menée par des groupes d’extrême droite.

Cependant, le niveau de soutien reste inférieur aux 401 voix qu’elle a obtenues en juillet 2024, lorsqu’elle a été réélue à la présidence de la Commission.

Le groupe d’extrême droite Patriotes pour l’Europe (PfE) a obtenu 179 voix en faveur de sa motion, tandis que l’alliance de gauche connue sous le nom de La Gauche a recueilli le soutien de 133 législateurs.

Même combinés, les deux groupes auraient été loin d’atteindre les quelque 480 voix nécessaires pour atteindre le seuil des deux tiers pour la destitution.

Une opposition divisée, une majorité unifiée

Bien que l’on s’attendait à ce que les deux motions échouent, les analystes et les législateurs ont noté qu’elles reflétaient un malaise plus large au sein du Parlement européen concernant le leadership d’Ursula von der Leyen.

Certains ont averti que les efforts répétés de censure risquaient de déstabiliser la coopération législative entre la Commission européenne et le Parlement, dont le soutien est essentiel pour l’adoption de nouvelles lois.

Les Patriotes pour l’Europe ont accusé Ursula von der Leyen d’autoriser une migration incontrôlée qui, selon eux, « a explosé » sous sa direction, affirmant qu’elle menace « notre identité et notre sécurité ».

Le groupe l’a également accusée d’avoir « abandonné les agriculteurs et les consommateurs » par le biais de politiques environnementales qui, selon eux, mettaient en péril la sécurité alimentaire et la compétitivité.

En revanche, la motion du groupe de gauche critiquait von der Leyen pour avoir approuvé des « accords commerciaux préjudiciables » et pour ce qu’elle a appelé un échec « à agir contre les violations systémiques du droit international par le gouvernement israélien à Gaza ».

La coalition centriste tient bon

Malgré les critiques, Ursula von der Leyen a conservé le soutien ferme des blocs centristes pro-européens dominants du Parlement.

Ces groupes ont rejeté les tentatives de censure comme des manœuvres politiques menées par des factions marginales cherchant à attirer l’attention plutôt qu’à rendre des comptes.

Leur majorité combinée a assuré une fois de plus la survie d’Ursula von der Leyen, renforçant sa position politique à Strasbourg et à Bruxelles alors qu’elle continue de diriger l’UE à travers une période volatile marquée par des pressions migratoires, des différends commerciaux mondiaux et de nouvelles tensions géopolitiques.