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Les Émirats arabes unis testent le « dirham numérique » avec une transaction en direct à l’aide de la plateforme mBridge

Les Émirats arabes unis testent le « dirham numérique » avec une transaction en direct à l’aide de la plateforme mBridge
Diya Poddar
12 nov. 2025, 08:18 AM
  • Le test a été réalisé en moins de deux minutes, ce qui a montré l’efficacité du système.
  • Le projet pilote confirme l’état de préparation technique pour une adoption plus large des CBDC.
  • Les Émirats arabes unis font partie des 49 pays actuellement en phase pilote de CBDC.

Les Émirats arabes unis ont réalisé leur première transaction gouvernementale en utilisant une monnaie numérique de banque centrale (CBDC), marquant ainsi une étape importante dans leur projet de dirham numérique.

Ce paiement test, effectué par le biais de la plateforme transfrontalière mBridge, confirme l’intégration technique des Émirats arabes unis et signale qu’il est prêt à adopter plus largement les CBDC par le gouvernement et le secteur privé.

Il s’agit de la première mise à jour publique depuis l’annonce en mars par la Banque centrale que le dirham numérique commencerait à être déployé à la fin de 2025.

Premier paiement numérique en dirhams effectué en deux minutes

Le paiement a été effectué par le ministère des Finances des Émirats arabes unis et Dubai Finance dans le cadre du programme pilote en cours de la CBDC. La transaction a pris moins de deux minutes.

Selon Dubai Finance, l’objectif était de vérifier « l’état de préparation opérationnelle » et d’assurer une intégration fluide du système entre les entités gouvernementales et la Banque centrale.

mBridge, la plateforme de paiement gouvernementale utilisée dans ce test, est conçue pour des règlements transfrontaliers CBDC sécurisés et efficaces.

Le projet pilote a confirmé sa capacité à faciliter les transactions en temps réel entre les organismes fédéraux et locaux. Le gouvernement des Émirats arabes unis a qualifié le test d'"étape vers une adoption plus large » de son infrastructure de monnaie numérique.

La stratégie de lancement limite l’utilisation initiale de la CBDC aux paiements

La Banque centrale des Émirats arabes unis a précisé dans un document d’orientation de juillet que la monnaie numérique sera initialement limitée aux paiements.

Ce périmètre maîtrisé vise à minimiser les risques associés à des produits financiers plus complexes tels que les comptes rémunérés ou les mécanismes d’épargne.

Le lancement progressif vise à permettre une intégration progressive entre les secteurs et à surveiller l’impact technique et réglementaire avant d’étendre les fonctionnalités.

Le document décrit l’initiative comme un effort visant à « assurer la pérennité » du système monétaire du pays et à s’assurer qu’il reste réactif à une économie numérique en évolution rapide.

Les Émirats arabes unis rejoignent le mouvement mondial avec une progression prudente

À l’échelle mondiale, plusieurs gouvernements poursuivent les CBDC, mais très peu ont atteint la mise en œuvre complète. À l’heure actuelle, seuls le Nigeria, les Bahamas et la Jamaïque disposent de jetons CBDC en direct et opérationnels, selon le tracker de l’Atlantic Council.

Environ 49 autres pays, dont les Émirats arabes unis, restent en phase pilote.

Les récents développements internationaux reflètent la décision des Émirats arabes unis. La Banque centrale européenne est passée à l’étape suivante de son projet d’euro numérique, tandis que le Kirghizistan a annoncé son intention d’émettre sa propre CBDC nationale.

Ces actions montrent un élan croissant vers les monnaies numériques soutenues par l’État, malgré les préoccupations persistantes concernant la confidentialité, la surveillance et le contrôle financier centralisé.

Les préoccupations en matière de protection de la vie privée et les perturbations du secteur financier demeurent des enjeux clés

Les CBDC continuent de susciter des réactions mitigées de la part des parties prenantes. Les défenseurs soulignent leur potentiel à améliorer la vitesse des transactions, à renforcer la transparence et à accroître l’inclusion financière.

Cependant, les critiques affirment que l’interaction directe entre les individus et les banques centrales pourrait menacer les institutions bancaires commerciales et réduire la confidentialité financière.

La décision des Émirats arabes unis de limiter leur utilisation initiale de la CBDC aux paiements de base semble destinée à contourner certaines de ces préoccupations.

En excluant les fonctions génératrices d’intérêts et les produits d’épargne de la phase de lancement, le gouvernement vise à tester la technologie sans déstabiliser les systèmes financiers existants.

Alors que le pays se prépare à un déploiement plus large d’ici le quatrième trimestre 2025, d’autres phases de tests sont attendues. Cette première transaction fait preuve à la fois de progrès et de prudence, positionnant les Émirats arabes unis comme un acteur mesuré mais ambitieux dans l’espace en pleine évolution des CBDC.