Le département des impôts indien désigne la crypto comme un risque majeur d’application de la loi

Le département des impôts indien désigne la crypto comme un risque majeur d’application de la loi
Rony Roy
08 janv. 2026, 12:13 PM
  • Les responsables de l’ITD affirment que les transferts crypto offshore et basés sur la DeFi sont presque impossibles à tracer pour des raisons fiscales.
  • Bien que légalise le trading de cryptomonnaies, l’Inde n’a pas introduit de cadre réglementaire complet.
  • Les investisseurs indiens en crypto doivent faire face à une taxe fixe de 30 % et un TDS de 1 %.

Le département des impôts indien a exprimé des inquiétudes quant à la manière dont les transactions en cryptomonnaies pourraient compliquer l’application des impôts.

Lors d’une réunion de commission parlementaire tenue le 7 janvier, le Département indien de l’impôt sur le revenu (ITD), relevant du Central Board of Direct Taxes (CBDT), a mis en garde contre les risques croissants liés à l’activité crypto, selon un rapport du Times of India.

La réunion du comité, à laquelle ont assisté plusieurs agences telles que l’Unité de renseignement financier (FIU), le Département des revenus et le CBDT, a discuté des conclusions d’un rapport intitulé « Une étude sur les actifs numériques virtuels (VDA) et la voie à suivre ».

Selon l’ITD, les cryptomonnaies présentent plusieurs défis qui rendent la surveillance et l’application de la loi difficiles, notamment avec l’implication des plateformes d’échange offshore, des portefeuilles privés et des outils financiers décentralisés.

Les responsables ont noté que la possibilité de transférer des fonds de manière anonyme, transfrontalière et en temps quasi réel rend difficile pour les autorités fiscales de suivre le flux d’argent et d’identifier les bénéficiaires.

Beaucoup de ces transactions ont souvent lieu sur des plateformes étrangères ou des plateformes décentralisées non enregistrées auprès des autorités indiennes comme la FIU.

Avec plusieurs juridictions impliquées, suivre les transactions et identifier les détenteurs à des fins fiscales est « pratiquement impossible », a déclaré le département.

« Bien qu’il y ait eu des efforts ces derniers mois pour le partage d’informations, cela reste difficile, ce qui empêche les responsables fiscaux d’effectuer une évaluation et une reconstruction appropriées des chaînes de transactions », a noté un extrait du rapport.

Un régime fiscal lourd, mais pas de réglementations claires

Le marché indien des cryptomonnaies, bien qu’il soit l’un des plus actifs au monde, a longtemps eu du mal à trouver de la stabilité en raison d’un manque de clarté réglementaire et d’un régime fiscal strict sur les plus-values.

Les investisseurs indiens en crypto sont soumis à un impôt forfaitaire de 30 % sur tous les revenus provenant d’actifs numériques virtuels, ainsi qu’un impôt de 1 % à la source prélevé sur toutes les transactions, quelle que soit leur rentabilité.

Même si le trading de cryptomonnaies a été légalisé dans ce cadre, les législateurs et les agences gouvernementales sont restés relativement discrets dans l’adoption de lois formelles, à l’exception de quelques avertissements et réaffirmations occasionnelles de leur prudence.

Par ailleurs, la FIU continue de pousser les plateformes nationales et offshore à se conformer aux lois anti-blanchiment d’argent du pays, approuvant 49 plateformes au cours de l’exercice 2024–2025.

L’année écoulée a également vu plusieurs pénalités de plusieurs millions de dollars imposées aux plateformes opérant sans enregistrement ou ne respectant pas les obligations de déclaration KYC et transactionnelle.

Pour l’instant, le marché crypto en Inde continue d’opérer dans un limbe réglementaire.

Un document de discussion très attendu était initialement prévu pour septembre 2024, mais a été retardé à plusieurs reprises depuis, sans publication confirmée en date de janvier 2026.