L’inflation suisse reprend après des mois de calme, réduisant la pression sur des taux négatifs

L’inflation suisse reprend après des mois de calme, réduisant la pression sur des taux négatifs
Diya Poddar
08 janv. 2026, 13:33 PM
  • L’inflation suisse a légèrement grimpé à 0,1 % en décembre, sa première hausse depuis juillet, correspondant aux prévisions.
  • Les données soutiennent la décision de la SNB de maintenir les taux à zéro alors que la croissance des prix reste modérée.
  • Les baisses de prix de l’électricité et la croissance plus lente des salaires devraient peser sur l’inflation à court terme.

L’inflation suisse a légèrement augmenté en décembre, augmentant pour la première fois depuis juillet et allégeant la pression sur la Banque nationale suisse (BNS) pour envisager un retour aux taux d’intérêt négatifs.

Cette légère augmentation renforce l’évaluation récente des décideurs selon laquelle la croissance des prix, bien que modérée, devrait s’accélérer progressivement dans les mois à venir.

Les prix à la consommation ont augmenté de 0,1 % par rapport à l’année précédente, a indiqué jeudi l’Office fédéral de la statistique de la Suisse.

Cette lecture a suivi une inflation nulle en novembre et correspondait à la prévision médiane des économistes sondés par Bloomberg.

Bien que toujours bien en dessous des niveaux observés dans les économies voisines, cette hausse marque un changement notable après des mois de stagnation.

L’inflation correspond aux perspectives de la SNB

Le résultat de décembre indique que l’inflation pour le quatrième trimestre est conforme aux prévisions de la SNB de 0,1 %.

Cette projection a été légèrement abaissée le mois dernier, lorsque les décideurs dirigeants du président Martin Schlegel ont décidé de ne pas baisser le taux directeur sous zéro.

À l’époque, les responsables invoquaient des attentes selon lesquelles la croissance des prix à la consommation progresserait modestement, réduisant ainsi la nécessité d’un assouplissement monétaire supplémentaire.

Les pressions sous-jacentes sur les prix ont également montré des signes de raffermissement.

Une mesure de l’inflation de base, qui élimine les composants volatils, a accéléré à 0,5 %, ce qui suggère que les hausses des prix ne se limitent pas à des facteurs temporels.

Pourtant, l’inflation globale reste bien en dessous de l’objectif à moyen terme de stabilité des prix de la SNB, qu’elle définit comme une inflation inférieure à 2 %.

Pour l’ensemble de l’année, le taux d’inflation en Suisse s’est maintenu à 0,2 %, selon les responsables.

Cela a marqué le résultat annuel le plus faible depuis la première année de la pandémie de Covid-19, soulignant les forces désinflationnistes persistantes auxquelles l’économie est confrontée.

Les pressions sur les coûts restent limitées

La légère accélération des prix était due à la hausse des coûts du loyer, de l’éducation et des produits du tabac, a indiqué le bureau des statistiques.

Ces hausses ont suffi à faire passer le taux annuel au-dessus de zéro, même si d’autres composantes continuaient d’exercer une pression à la baisse sur l’indice global.

En regardant vers l’avenir, l’inflation devrait rester modérée au début de la nouvelle année.

Les prix de l’électricité ont été réduits d’environ 4 % à l’échelle nationale au tournant de l’année, une mesure qui devrait peser sur la lecture de l’inflation de janvier.

De plus, les entreprises anticipent une croissance salariale plus lente, ce qui pourrait encore limiter la pression à la hausse sur les prix.

En décembre, la SNB a révisé à la baisse ses prévisions d’inflation pour 2026 à 0,3 % contre une estimation précédente de 0,5 %.

Pour le premier trimestre, la banque centrale prévoit une inflation moyenne de seulement 0,1 %, ce qui souligne la fragilité persistante de la dynamique des prix.

Risques de croissance Perspectives de nuage

Si les dernières données sur l’inflation pourraient réduire la pression immédiate pour un assouplissement supplémentaire, les risques pour les perspectives persistent.

Plus tôt cette semaine, les données ont montré que l’activité manufacturière suisse a chuté de façon inattendue à un niveau le plus bas de sept mois, suscitant des inquiétudes quant à un ralentissement de la dynamique économique.

Une activité plus faible pourrait remettre en cause les attentes d’une croissance plus forte après un accord commercial avec les États-Unis, ce qui pourrait peser sur les perspectives d’inflation plus tard dans l’année.

Dans ce contexte, les décideurs suivront de près pour voir si la récente hausse des prix peut être maintenue.

En comparaison, l’inflation dans la zone euro environnante reste nettement plus élevée.

D’après la mesure harmonisée de l’Union européenne, l’inflation suisse s’est établie à 0,2 % en décembre, soulignant la divergence persistante du pays par rapport à ses voisins en termes de pressions sur les prix.