Bulletin européen : les actions britanniques chutent, l’Allemagne connaît une fuite des capitaux, crise budgétaire française

Bulletin européen : les actions britanniques chutent, l’Allemagne connaît une fuite des capitaux, crise budgétaire française
Devesh Kumar
19 janv. 2026, 18:50 PM
  • La menace de tarif de Trump envers le Groenland fait baisser FTSE, CAC 40 et DAX alors que l’UE rédige des représailles de 93 milliards d’euros.
  • Les actions de la défense rebondissent alors que les investisseurs se préparent à une nouvelle volatilité transatlantique avant Davos.
  • Les investissements allemands aux États-Unis chutent de 45 %, accélérant la fuite des capitaux dans un contexte d’incertitude tarifaire.

Les marchés européens ont entamé la semaine sur la défensive après que Donald Trump a ravivé la tension transatlantique avec de nouvelles menaces tarifaires liées à une nouvelle poussée pour le « contrôle » du Groenland.

Ce mouvement choc a secoué Londres et les principaux indices continentaux, tandis que les capitales européennes se sont empressées d’élaborer des plans de représailles.

Au-delà de la volatilité immédiate, cet épisode amplifie les tensions économiques à long terme, alimente la fuite des capitaux allemands, remodele l’élan du secteur de la défense et creuse la fragilité politique en France alors que le gouvernement Macron s’appuie sur la force constitutionnelle pour adopter son budget 2026.

Le drame sur les tarifs au Groenland frappe les marchés londoniens

La dernière action de Trump au Groenland a ébranlé les investisseurs londoniens lundi, faisant chuter à la fois le FTSE 100 et le FTSE 250 après qu’il ait menacé de nouveaux tarifs sur huit alliés européens, dont la Grande-Bretagne, à moins que les États-Unis n’aient la possibilité d’acheter le Groenland.

Cette mesure surprise, annoncée ce week-end, promet une taxe de 10 % à partir du 1er février, qui grimperait à 25 % d’ici le 1er juin, sur les marchandises du Royaume-Uni, du Danemark, de la France, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de Suède, de Norvège et de Finlande.

Les marchés européens ont rapidement évalué l’incertitude, avec le CAC 40 en baisse de 1,4 % et le DAX de 1,2 %.

Les blue chips londoniens se sont montrés relativement résilients, ne reculant que de 0,6 %, amortis par les secteurs défensifs et les mineurs de métaux précieux surfant sur des sommets historiques de l’or.

Pendant ce temps, les capitales de l’UE se sont empressées d’organiser des droits de loi de représailles d’une valeur d’environ 93 milliards d’euros sur les produits américains.

Les actions de la défense ont grimpi sous l’ampleur des tensions géopolitiques, tandis que les traders se préparaient à une nouvelle volatilité avant l’apparition prévue de Trump à Davos cette semaine.

Le combat de la Ligue Nobel de Trump

Le différend personnel de Trump avec le comité du prix Nobel de la paix vient de devenir géopolitique.

Dans une lettre adressée au Premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, révélée par PBS lundi, Trump a affirmé qu’il ne se sentait plus obligé « de penser uniquement à la paix » parce que le Comité Nobel norvégien l’avait snobé, malgré le fait qu’il aurait prétendument arrêté « plus de huit guerres ».

Le moment est en train de bouillir : Støre et le président finlandais Alexander Stubb venaient de lancer un appel à la désescalade et un appel téléphonique pour discuter des menaces tarifaires au Groenland.

La réponse de Trump a utilisé sa frustration Nobel, basculant instantanément vers la réaffirmation de ses exigences pour un « contrôle total et total du Groenland », arguant que le Danemark ne peut pas le défendre contre la Russie ou la Chine.

Støre a calmement rappelé à Trump (encore une fois) que le Comité Nobel fonctionne indépendamment de son gouvernement.

Le message ressemble moins à de la diplomatie qu’à un ego blessé déchaîné sur les alliés de l’OTAN, mêlant griefs personnels et ambitions territoriales d’une manière qui approfondit la tension transatlantique.

Fuite des capitaux allemands : une chute de 45 % des investissements américains

L’exode des investissements allemands depuis les États-Unis vient de toucher un nouveau creux.

Entre février et novembre 2025, les entreprises allemandes n’ont injecté que 10,2 milliards d’euros (11,1 milliards de dollars) aux États-Unis, soit un effondrement stupéfiant de 45 % par rapport à près de 19 milliards l’année précédente, selon les données de l’Institut économique allemand.

Même face à la moyenne sur dix ans de 13,4 milliards d’euros, les flux courants sont en baisse de 24 %, a noté la chercheuse Samina Sultan.

Les dégâts vont au-delà des projets émergents : les exportations allemandes vers l’Amérique ont chuté de 8,6 % en glissement annuel (février–octobre 2025), marquant la plus forte baisse depuis 2010 en dehors de la pandémie.

Les menaces tarifaires et la politique commerciale imprévisible en sont les coupables, laissant les multinationales allemandes, de l’automobile aux machines, dans une impasse.

À Davos, les chambres d’affaires allemandes ont ouvertement décrit le régime tarifaire de Trump comme l’un de leurs « plus grands fardeaux ».

L’Allemagne occupe la troisième place mondiale en matière d’investissements directs étrangers américains, employant près d’un million d’Américains.

Pourtant, les tactiques de négociation erratiques de Trump et ses menaces croissantes forcent une réallocation des capitaux vers l’Europe et l’Asie.

La France soudoye les socialistes pour éviter l’effondrement du gouvernement

L’impasse budgétaire française vient de devenir plus évidente : le gouvernement Macron fera adopter le budget 2026 à la force de l’article 49.3, un jeu de pouvoir constitutionnel qui contourne le parlement, après que le soutien socialiste a rendu un vote de défiance moins probable.

Le Premier ministre Sebastien Lecornu a capitulé vendredi, annonçant 8 milliards d’euros de surtaxes sur les entreprises, une augmentation mensuelle de 50 euros pour les travailleurs à faibles revenus, et supprimé les baisses d’impôt sur les retraites pour garantir l’abstention de la gauche.

Les socialistes ont d’abord extrait leur livre de chair : 8 milliards d’euros d’impôts sur les sociétés étendus (pas les 4 milliards d’euros qu’il proposait), conservés à pleine puissance au lieu d’être supprimés.

Lecornu a également abandonné son programme « pro-entreprises », refusant des baisses dans les taxes sur la production, pierre angulaire de la stratégie économique de Macron pour le second mandat.

Boris Vallaud, leader socialiste, a manifesté une approbation prudente, déclarant que « les annonces du ministre nous permettent d’imaginer que nous n’aurons pas besoin de voter la censure ».