Pourquoi les actions des banques brésiliennes montent-elles malgré l'aversion au risque ?

Pourquoi les actions des banques brésiliennes montent-elles malgré l'aversion au risque ?
Noris Soto
04 mars 2026, 17:03 PM

Les actions des banques brésiliennes ont augmenté mercredi, malgré des signes d'une aversion au risque accrue sur les marchés dans leur ensemble.

À 10h30, heure de Brasilia, les actions de Bradesco (BBDC4), Itaú Unibanco (ITUB4), Banco do Brasil (BBAS3) et Santander Brasil (SANB11) progressaient d'environ 2 %.

Ces gains ont ralenti à environ 1 % vers 11h, mais la tendance haussière était notable dans une séance par ailleurs prudente.

L'avance faisait suite à la déclaration tardive de mardi de la Banque centrale du Brésil qui a modifié la façon dont les établissements bancaires peuvent gérer les contributions obligatoires à l'assurance des dépôts.

La mesure semble être interprétée par les investisseurs comme favorable aux structures de coûts et à la liquidité des banques, ce qui a contribué à la surperformance du secteur.

Qu'a changé la Banque centrale ?

La décision de la Banque centrale d'autoriser les établissements financiers à déduire des réserves obligatoires — tant pour les dépôts à vue que pour les dépôts à terme — les montants qu'ils doivent verser d'avance au Fundo Garantidor de Créditos (FGC), le fonds brésilien de garantie des crédits, constituait le développement majeur.

Concrètement, les banques sont tenues de conserver une partie de leurs dépôts à la Banque centrale sous forme de réserves obligatoires.

Elles effectuent également des contributions séparées au FGC, qui sert de régime d'assurance des dépôts protégeant les titulaires de comptes en cas de défaillance bancaire.

Les banques membres doivent apporter des financements supplémentaires lorsque le FGC exige un réapprovisionnement.

La Banque centrale autorise désormais, dans le cadre de cette nouvelle autorisation, que les avances obligatoires au FGC soient déduites de leurs réserves nécessaires.

Selon un communiqué de l'autorité monétaire, la mesure pourrait entraîner la libération de R$30 milliards en 2026.

La Banque centrale a déclaré : "La mesure vise à neutraliser l'effet du paiement anticipé au FGC sur la liquidité du système bancaire."

Qu'est-ce qui a rendu nécessaire le réapprovisionnement du FGC ?

La pression financière sur le FGC à la suite de la liquidation par la Banque centrale de Banco Master constitue le contexte de cette décision.

Les actifs de l'institution en faillite ont été fortement réduits lorsque le fonds d'assurance des dépôts a versé des milliards de dollars à ses titulaires de comptes.

Pour garantir le réapprovisionnement des ressources du fonds, le FGC a décidé en février que ses membres devaient payer d'avance leurs contributions mensuelles régulières.

La durée prévue de ces paiements anticipés est de 84 mois.

Cette exigence représentait un engagement de liquidité significatif pour les banques.

Des contributions qui pourraient être utilisées pour le crédit ou d'autres activités sont momentanément immobilisées, malgré le fait qu'elles visent à protéger le système financier.

Le calendrier des paiements a suscité des inquiétudes quant à l'augmentation des coûts et au durcissement des exigences de liquidité au sein du système bancaire.

Pourquoi les investisseurs ont-ils réagi positivement ?

Une grande partie du fardeau engendré par le plan de réapprovisionnement du FGC est effectivement compensée par la décision de la Banque centrale.

En autorisant les banques à déduire les contributions anticipées de leurs réserves obligatoires, l'autorité monétaire réduit l'impact net sur la liquidité.

La Banque centrale a approuvé "l'utilisation des réserves obligatoires comme contributions extraordinaires au FGC (fonds de garantie des crédits) (valeur estimée à R$30 milliards) – et cette autorisation élimine pratiquement les coûts de réapprovisionnement du fonds d'assurance", selon UBS BB, soulignant l'importance du changement.

Du point de vue des investisseurs, cela implique que, bien que les banques continuent d'honorer leurs obligations vis‑à‑vis du FGC, l'impact global sur leurs bilans devient plus neutre.

Les établissements peuvent optimiser l'allocation de leurs réserves plutôt que de devoir composer avec deux contraintes : maintenir d'importantes réserves et verser des contributions supplémentaires.

De plus, les établissements financiers seront libres de choisir comment répartir la déduction entre les réserves obligatoires pour les dépôts à terme et pour les dépôts à vue.

Cette flexibilité pourrait encore faciliter la gestion de la liquidité et réduire les tensions opérationnelles.

Qu'est-ce que cela signifie pour le système bancaire ?

La réaction initiale du marché indique que les investisseurs perçoivent la politique comme stable.

Les actions bancaires se sont distinguées comme les gagnantes d'un changement de politique perçu comme favorable à la liquidité, à un moment où l'aversion au risque pesait sur les marchés plus larges.

La Banque centrale a pris en compte les effets systémiques du processus de réapprovisionnement du FGC, comme l'illustre la projection de libération de R$30 milliards en 2026.

L'autorité semble déterminée à préserver le bon fonctionnement des marchés du crédit en compensant la fuite de liquidité provoquée par les paiements anticipés.

Les gains de mercredi montrent que les investisseurs ont accueilli la mesure comme un ajustement pragmatique, même si les effets à plus long terme dépendront des conditions macroéconomiques et des évolutions réglementaires.

Essentiellement, la décision de la Banque centrale donne aux marchés la confiance que la stabilité du secteur bancaire ne sera pas mise en danger par le renforcement du fonds de protection des dépôts.