La Banque du Canada teste des obligations tokenisées sur blockchain dans le cadre du projet Samara

La Banque du Canada teste des obligations tokenisées sur blockchain dans le cadre du projet Samara
Diya Poddar
06 mars 2026, 13:34 PM
  • La Banque du Canada teste des obligations tokenisées via la blockchain dans le cadre du projet Samara.
  • L'essai explore l'émission, la négociation et le règlement des obligations sur un seul registre.
  • Le projet a également testé des fonds en dollars canadiens tokenisés pour le règlement.

La Banque du Canada a mené une expérience de marché examinant comment des obligations tokenisées pourraient circuler dans les systèmes financiers en utilisant une infrastructure blockchain.

Le projet a impliqué plusieurs des plus grandes institutions financières du pays et s'est concentré sur un titre à court terme émis par Export Development Canada.

Le test a exploré comment la technologie des registres distribués pourrait soutenir la création, la négociation et le règlement des obligations au sein d'un environnement numérique unique.

Connu sous le nom de projet Samara, l'initiative a examiné si les marchés financiers pouvaient prendre en charge l'ensemble du cycle de vie d'une transaction obligataire sur une infrastructure blockchain.

L'expérience a également combiné des titres tokenisés avec des fonds de règlement numériques émis par la banque centrale, permettant aux deux actifs de circuler sur le même registre.

Les responsables ont utilisé l'environnement de test contrôlé pour analyser si les plateformes blockchain pouvaient reproduire des processus qui, traditionnellement, se déroulent sur plusieurs systèmes des marchés financiers.

Essai du projet Samara

Le projet Samara a réuni plusieurs grandes institutions financières canadiennes.

L'initiative a impliqué RBC Dominion Securities, RBC Investor Services Trust et TD Securities.

Dans le cadre du test, Export Development Canada a émis un titre de C$100 million d'une échéance inférieure à trois mois.

L'obligation a été vendue à un groupe fermé d'investisseurs participant à l'essai.

L'objectif était de simuler une émission de marché réelle tout en testant si la technologie des registres distribués pouvait gérer des processus normalement traités par plusieurs intermédiaires des marchés financiers.

Cycle de vie de l'obligation tokenisée

La plateforme blockchain utilisée dans le projet était exploitée par RBC.

Le système a pris en charge l'ensemble du cycle de vie de la transaction obligataire via un seul registre numérique.

Le titre a été émis directement sous forme tokenisée, permettant aux participants d'enchérir et d'acheter l'obligation au sein de la même infrastructure.

Une fois émis, la plateforme a permis le traitement des paiements de coupon et le remboursement de l'obligation à son échéance.

Les participants ont également pu négocier l'obligation sur des marchés secondaires via le même système.

Cela a permis à l'essai de tester comment les fonctions de négociation, de règlement et de servicing des actifs pourraient opérer au sein d'un même réseau de registres distribués.

Système de règlement numérique

L'expérience a également testé comment les paiements pouvaient circuler sur la plateforme blockchain.

Pour le règlement, la Banque du Canada a créé des versions tokenisées de dollars canadiens de gros.

Ces fonds numériques ont circulé sur le même registre que les obligations.

Cela a permis aux transactions de se régler directement au sein de la plateforme plutôt que de s'appuyer sur des systèmes de paiement séparés.

En conservant à la fois les titres et les actifs de règlement dans un même environnement, le projet a examiné si les transactions pouvaient être traitées et finalisées via une infrastructure blockchain unique.

Mesures réglementaires

L'expérience survient alors que les autorités canadiennes poursuivent l'élaboration de cadres réglementaires pour les actifs numériques.

Dans son budget de novembre, le gouvernement fédéral a annoncé son intention d'introduire une législation encadrant les stablecoins adossés au dollar canadien.

La supervision devrait impliquer la Banque du Canada et se concentrer sur des domaines tels que la couverture des réserves, les règles de rachat et les exigences en matière de gestion des risques.

Le Canada a également pris des mesures pour renforcer la supervision des infrastructures d'actifs numériques.

Le mois dernier, la Canadian Investment Regulatory Organization a introduit un cadre de garde des actifs numériques visant à améliorer la manière dont les actifs cryptographiques sont détenus par les plateformes de négociation.

Le cadre est conçu pour renforcer les normes de conservation et réduire les risques tels que le piratage, la fraude et l'insolvabilité à la suite de défaillances survenues dans certains pans du secteur des actifs numériques.