Pourquoi le cours du Bitcoin pourrait chuter face à des risques de marché croissants

Pourquoi le cours du Bitcoin pourrait chuter face à des risques de marché croissants
Rony Roy
12 mars 2026, 09:47 AM
  • Le Bitcoin peine toujours à retrouver les 70 000 $.
  • Le conflit entre les États‑Unis et l'Iran continue d'inquiéter les investisseurs.
  • Les attentes d'une baisse des taux de la Fed ont fortement diminué.

Le cours du Bitcoin évolue juste en dessous du seuil des 70 000 $ même après que le président américain Donald Trump a annoncé une victoire dans la guerre contre l'Iran.

Le 12 mars, Trump a qualifié la guerre d'excursion de courte durée ayant atteint ses objectifs principaux dans la première heure. 

Il a affirmé qu'environ 80 % des lanceurs de missiles de l'Iran et une grande partie de sa puissance navale ont été neutralisés.

Il a déclaré que les États-Unis avaient effectivement gagné le conflit avec l'Iran, signalant une possible fin à l'engagement militaire de 10 jours connu sous le nom d'Operation Epic Fury. 

Le Bitcoin, toutefois, a à peine réagi à la nouvelle et a continué de se négocier sous le niveau psychologique critique des 70 000 $, car certains signes laissent penser qu'il pourrait encore baisser.

Au moment de la rédaction, le Bitcoin se négociait à 69 740 $, en hausse de 0,1 % au cours des dernières 24 heures.

Pressions géopolitiques et macroéconomiques

Tout d'abord, l'Iran a récemment indiqué qu'il modifierait sa stratégie de représailles au Moyen‑Orient, passant de frappes réciproques à des frappes continues contre les intérêts de ses adversaires, jugeant cela nécessaire pour punir l'agression. 

De plus, il a déclaré qu'il continuerait à bloquer des routes maritimes clés.

Les analystes estiment que l'Iran pousse les coûts de l'énergie vers des niveaux supérieurs, ce qui crée récemment une tête de vent pour le Bitcoin et d'autres actifs risqués.

Ils s'inquiètent également d'une inflation plus élevée à l'échelle mondiale, l'impact le plus fort se faisant sentir aux États‑Unis, qui restent sensibles aux chocs des prix de l'énergie. 

Attentes en matière de taux d'intérêt

Ensuite, il y a l'impact des récents rapports économiques.

Les données de l'IPC de base américain de février publiées mercredi suggèrent que la Réserve fédérale pourrait maintenir les taux d'intérêt plus longtemps.

Si les tensions entre les deux pays persistent malgré l'annonce de Trump, d'autant plus que l'Iran n'a ni concédé ni validé la déclaration du président, la volatilité du marché pourrait perdurer. 

Selon les données CME FedWatch, il y a 99,3 % de chances que les taux restent inchangés, le taux cible actuel se situant entre 3,50 % et 3,75 %. 

Les probabilités d'une baisse des taux en avril s'établissaient quant à elles à seulement 10,9 % au moment de la rédaction, en forte baisse par rapport à 21 % auparavant.

Une autre source d'incertitude est que le récent rallye de marché n'avait pas intégré la possibilité d'une crise énergétique prolongée, qui a ébranlé la confiance des investisseurs. 

Vient ensuite la réalité du marché obligataire. 

Les rendements du Treasury à 10 ans ont continué d'augmenter alors que les marchés obligataires intègrent un horizon budgétaire plus restrictive. 

Ces rendements ont récemment grimpé de manière significative, réduisant encore l'appétit pour les actifs spéculatifs.

Perspectives techniques pour le Bitcoin

Enfin, les indicateurs techniques du Bitcoin restent également faibles pour le moment, d'autant que la crypto phare a à plusieurs reprises échoué à maintenir une cassure au‑dessus de 70 000 $. 

Comme précédemment rapporté sur Invezz, le cours du Bitcoin doit dépasser 72 000 $ pour invalider une croix de la mort, ce qui maintient traders et analystes techniques en alerte maximale.

Parallèlement, l'open interest du Bitcoin a également diminué régulièrement au cours des dernières séances, ce qui montre que la conviction spéculative s'affaiblit. 

À moins que le Bitcoin ne parvienne à reconquérir de manière décisive les 70 000 $ puis à franchir les niveaux de résistance situés au‑dessus, il reste exposé à de nouvelles baisses, en particulier si les conditions macroéconomiques se détériorent.