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Wall Street partagé sur le pétrole après l'accord US-Iran qui réduit le risque à Ormuz

Wall Street partagé sur le pétrole après l'accord US-Iran qui réduit le risque à Ormuz
Sayantan Sarkar
16 juin 2026, 08:13 AM

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Brent brut (futures ICE Brent)

Acheter des futures ICE Brent (ou un ETF sur le Brent comme BNO) car l'accord US-Iran devrait dissiper la prime de risque géopolitique liée à Ormuz, poussant les prix vers les projections 2026 plus basses de Morgan Stanley et Goldman. Le scénario repose sur une voie de navigation plus fluide et une reprise progressive des exportations iraniennes, ce qui devrait limiter le potentiel haussier et soutenir une remontée graduelle après la vente post‑annonce, à mesure que le marché réévalue le risque.

Risque clé : Réouverture d'Ormuz bloquée (ou reprise des hostilités), maintenant des frais d'affrètement/assurance élevés et renvoyant le pétrole au‑dessus de l'ancienne fourchette de prime de risque.

Risque maritime (exposition au Baltic Dry Index)

Vendre l'exposition au risque maritime via une position courte sur des proxies du transport de vrac sec (p. ex. produits inverses/courts indexés sur le BDI), car l'amélioration de la sécurité à Ormuz devrait stabiliser les routes commerciales mondiales et réduire la « prime de risque » sur le fret. Effet secondaire : à mesure que les assureurs réévaluent et que les routes se normalisent, la volatilité de la demande de transport et des tarifs devrait diminuer, pénalisant les positions de fret/risque à effet de levier même si le pétrole ne rebondit pas complètement.

Risque clé : Les routes commerciales ne se normalisent pas rapidement (goulets d'étranglement logistiques/délais d'assurance persistent), si bien que les tarifs de fret restent élevés et que la thèse baissière liée au BDI ne tient pas.

  • Morgan Stanley réduit sa prévision pour le Brent et prévoit une reprise progressive de l'offre.
  • Goldman Sachs s'attend à ce que les exportations du Golfe Persique retrouvent leur niveau d'ici fin juillet.
  • Les prix du pétrole reculent à mesure que les primes de risque s'estompent après la réouverture d'Ormuz.

Morgan Stanley a abaissé ses prévisions de prix du pétrole pour le reste de 2026, invoquant des attentes d'amélioration des flux d'approvisionnement suite à l'accord US-Iran visant à rouvrir le détroit d'Ormuz.

La banque a déclaré que l'accord avait atténué les primes de risque géopolitique et pourrait progressivement normaliser les routes commerciales mondiales perturbées par des mois de conflit, selon un article de Bloomberg mardi.

Morgan Stanley prévoit désormais que le Brent brut moyennagera 84 $ le baril au T3, contre 90 $ précédemment, et 80 $ au T4, contre 85 $ antérieurement.

Le West Texas Intermediate (WTI) est projeté à 82 $ au T3 et 78 $ au T4, reflétant des attentes d'un transit plus fluide via Ormuz et d'une reprise modeste des exportations iraniennes.

Goldman Sachs, en revanche, a adopté un ton plus optimiste, indique le rapport. La banque prévoit que les exportations du golfe Persique pourraient revenir aux niveaux d'avant‑guerre dès la fin juillet, suggérant un rebond de l'offre plus rapide.

Goldman a réduit sa projection pour le Brent à 80 $ au T4, contre 90 $ auparavant, mais a souligné que la réouverture d'Ormuz pourrait apporter un soulagement plus rapide que ne l'anticipe Morgan Stanley.

Réaction du marché et dynamique des prix

Les prix du pétrole ont chuté fortement après l'annonce de l'accord sur Ormuz, le Brent passant sous les 83 $ le baril et le WTI évoluant autour de 80 $ mardi matin.

Les opérateurs y ont vu un signe que les primes de risque géopolitique, qui avaient gonflé les prix depuis février, pourraient commencer à se résorber.

Bloomberg a relevé que la révision à la baisse de Morgan Stanley s'aligne sur des révisions similaires d'autres banques, dont Citi et UBS, qui ont également réduit leurs prévisions face aux attentes d'un relâchement des contraintes d'approvisionnement.

Le consensus pointe désormais vers un marché plus équilibré sur la seconde moitié de l'année, bien que les analystes avertissent que l'incertitude persistante pourrait maintenir une volatilité élevée.

Les banques d'investissement ont souligné que l'affaiblissement des importations chinoises de brut et la croissance soutenue de la production américaine ont contribué à des perspectives plus faibles.

« La croissance de la demande reste tiède, et les stocks sont suffisants pour absorber des chocs à court terme », a écrit Morgan Stanley dans sa note.

Implications plus larges pour les marchés de l'énergie

La réouverture d'Ormuz, qui assure environ un cinquième des expéditions mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié, devrait restaurer la confiance des raffineurs et des opérateurs.

Pourtant, Morgan Stanley a mis en garde contre la persistance de défis logistiques et de coûts d'assurance, qui pourraient freiner le rythme de la reprise.

Goldman Sachs, en revanche, estime que l'accord pourrait rapidement stabiliser les flux, les raffineurs et les armateurs étant désireux de reprendre leurs activités une fois des garanties de sécurité en place.

Cette divergence illustre le sentiment partagé à Wall Street : certains prévoient une normalisation graduelle, d'autres un rebond rapide.

Bloomberg a ajouté que l'accord pourrait avoir des répercussions sur d'autres matières premières.

Les marchés du gaz naturel et des produits raffinés pourraient bénéficier de flux améliorés, tandis que les tarifs maritimes pourraient se stabiliser à mesure que les assureurs réévaluent leur exposition au risque.

Pourtant, les analystes ont averti qu'un recul dans la mise en œuvre de l'accord ou la reprise des hostilités pourrait rapidement inverser les récentes baisses de prix, note le rapport.

Perspectives pour le reste de 2026

Morgan Stanley s'attend à ce que les prix du pétrole restent dans une fourchette pendant l'été, le Brent oscillant entre 80 $ et 88 $ alors que les opérateurs évaluent les progrès sur la réouverture d'Ormuz.

La banque voit peu de potentiel haussier sauf si la demande mondiale se renforce ou si des perturbations d'offre réapparaissent.

Goldman Sachs, pour sa part, anticipe une reprise plus rapide, estimant que les exportations du Golfe Persique pourraient se normaliser d'ici fin juillet.

Cette perspective suggère que les prix pourraient se stabiliser plus tôt, même si les analystes s'accordent à dire que les risques géopolitiques restent une menace constante.

Les experts estiment que si l'accord sur Ormuz constitue une percée diplomatique majeure, son impact économique se déploiera différemment selon la rapidité avec laquelle la confiance revient dans les marchés du transport maritime et de l'énergie.

Pour l'instant, Wall Street reste divisée : Morgan Stanley appelle à la prudence, Goldman voit un soulagement plus rapide, et les opérateurs naviguent un marché en transition.