Netanyahu défend l’offensive de Gaza à l’ONU dans un contexte d’isolement international croissant

Netanyahu défend l’offensive de Gaza à l’ONU dans un contexte d’isolement international croissant
Ananthu C U
26 sept. 2025, 18:14 PM
  • Netanyahu promet qu’Israël poursuivra ses opérations à Gaza malgré la pression internationale croissante.
  • Des dizaines de délégués de l’ONU quittent l’ONU alors que le dirigeant israélien critique les pays reconnaissant la Palestine.
  • Des manifestations éclatent devant l’ONU alors qu’Israël fait l’objet d’un examen juridique, diplomatique et humanitaire.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prononcé un discours provocateur à l’Assemblée générale des Nations unies vendredi, insistant sur le fait qu’Israël poursuivrait ses opérations militaires contre le Hamas à Gaza malgré les critiques internationales croissantes.

Le discours, qui a suscité des débrayages de dizaines de délégués et de vastes manifestations à l’extérieur de l’ONU, est intervenu dans un contexte d’isolement diplomatique croissant, de contestations juridiques et d’appels mondiaux à un cessez-le-feu.

Discours provocateur à l’Assemblée générale

Netanyahu a prononcé un discours énergique à l’Assemblée générale, déclarant qu’Israël « doit finir le travail » contre le Hamas à Gaza.

Son discours est intervenu à un moment où les critiques mondiales s’intensifient, alors que de nombreux pays et organismes internationaux ont intensifié les appels à un cessez-le-feu et à la reconnaissance d’un État palestinien.

Le discours a rencontré une opposition visible dans la salle de l’ONU.

Des dizaines de délégués sont sortis au moment où Netanyahu a commencé, tandis que des cris et des protestations résonnaient tout au long de la manifestation.

Pourtant, le dirigeant israélien a persévéré, rejetant les appels à arrêter les opérations militaires et critiquant les nations qui ont récemment reconnu un État palestinien indépendant.

« Votre décision honteuse encouragera le terrorisme contre les Juifs et contre des innocents partout dans le monde », a-t-il déclaré aux délégués.

Netanyahu a accusé ses détracteurs d’antisémitisme et a déclaré qu’Israël ne se plierait pas à ce qu’il a décrit comme une pression internationale. « Les dirigeants occidentaux ont peut-être cédé à la pression », a-t-il déclaré. « Et je vous garantis une chose : Israël ne le fera pas. »

Pression mondiale croissante et défis juridiques

Le discours du Premier ministre a fait suite à une série de développements diplomatiques et juridiques qui ont renforcé l’isolement d’Israël.

Ces derniers jours, l’Australie, le Canada, la France, le Royaume-Uni et d’autres ont annoncé leur reconnaissance de l’État palestinien.

L’Union européenne envisage des tarifs douaniers et des sanctions, tandis que l’Assemblée générale de l’ONU a adopté une résolution non contraignante appelant à la création d’une nation palestinienne.

Dans le même temps, Netanyahu fait face à des risques juridiques personnels.

La Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt l’accusant de crimes contre l’humanité, ce qu’il nie.

Par ailleurs, la plus haute cour de l’ONU examine les allégations portées par l’Afrique du Sud selon lesquelles la campagne d’Israël à Gaza équivaut à un génocide, des accusations que le gouvernement israélien rejette.

Les enjeux du discours ont été soulignés par le bilan humanitaire.

Selon les chiffres de l’ONU cités au cours de la semaine, l’offensive israélienne a tué plus de 65 000 Palestiniens à Gaza et déplacé 90 % de la population du territoire, dont beaucoup sont menacés de famine.

Des manifestations devant le siège de l’ONU à New York ont mis en évidence l’opposition croissante.

Les manifestants ont accusé Israël de poursuivre le nettoyage ethnique et ont exprimé leur solidarité avec les Palestiniens, ajoutant à la pression diplomatique à laquelle Netanyahu a été confronté lors de son discours.

Politique intérieure et dynamiques régionales

Bien qu’il s’adresse à un public mondial, le discours de Netanyahu a également rempli une fonction politique intérieure.

Son gouvernement reste divisé et il fait face à des critiques dans son pays en raison du conflit en cours.

Le dirigeant israélien a cherché à renforcer sa position en mettant l’accent sur la résilience et la défiance, présentant la guerre contre le Hamas comme faisant partie d’une lutte plus large contre l’islam radical.

« Vous savez au fond de vous, a-t-il dit, qu’Israël mène votre combat. »

Netanyahu a également fait l’éloge de l’ancien président américain Donald Trump, son plus proche allié politique, et a souligné les changements régionaux en cours.

Il a affirmé qu’Israël avait entamé des négociations avec le nouveau gouvernement syrien sur les arrangements de sécurité et a décrit les changements à travers le Moyen-Orient comme créant de nouvelles opportunités.

Sur le plan intérieur, son administration a pris des mesures inhabituelles pour s’assurer que son message parvienne à Gaza.

Le gouvernement israélien a installé des haut-parleurs le long de la frontière pour diffuser le discours et a affirmé que son armée avait pris le contrôle des réseaux mobiles dans l’enclave.

Netanyahu a également lu à haute voix les noms de 20 otages israéliens qui seraient toujours en vie, soulignant la dimension humaine du conflit.

Malgré le soutien des États-Unis, Netanyahou fait face à des limites.

Trump a signalé cette semaine que Washington ne soutiendrait aucune initiative visant à annexer la Cisjordanie occupée, même si les responsables israéliens ont approuvé de nouveaux projets de colonisation.

Avec plus de 150 pays reconnaissant désormais le statut d’État palestinien, l’isolement d’Israël sur la scène mondiale semble devoir s’aggraver, soulevant des questions sur l’avenir diplomatique et économique du pays alors que la guerre se poursuit.