Pourquoi l’action Oklo connaît-elle une forte vente mercredi ?

  • Oklo plonge de 16 % après l’examen minutieux par FT d’une valorisation de 20 milliards de dollars sans revenus.
  • Les analystes mettent en garde contre les prix « mousseux » et la voie de dix ans vers les bénéfices.
  • Les risques réglementaires, d’accès au carburant et de dilution assombrissent les perspectives à court terme.

L’action Oklo (NYSE : OKLO) a chuté de plus de 16 % mercredi, déclenchant une activité commerciale accrue et attirant l’attention des investisseurs et des analystes.

La forte baisse intrajournalière de l’action est apparue sur plusieurs bourses, provoquant une volatilité des options et une augmentation du volume par rapport aux moyennes récentes.

Les observateurs du marché digèrent les déclarations des entreprises et les dépôts réglementaires alors que les courtiers mettent à jour leurs orientations.

Cette décision soudaine a soulevé des questions sur les perspectives à court terme et influencera probablement le sentiment dans le secteur de l’énergie propre au sens large.

Pourquoi l’action Oklo plonge-t-elle ?

Le principal déclencheur de la forte chute de l’action Oklo mercredi est un rapport du média Financial Times, qui a examiné la valorisation de 20 milliards de dollars de la startup nucléaire malgré l’absence de revenus ou de licences d’exploitation.

Avec la baisse de mercredi, l’action Oklo envisage une baisse hebdomadaire de 30 %, effaçant les gains récents qui avaient propulsé les actions à plus de 500 % depuis le début de l’année.

L’article du Financial Times a mis en évidence des préoccupations majeures concernant les modèles commerciaux d’Oklo et ses liens avec les politiciens.

La société basée dans la Silicon Valley, qui vise à déployer de petits réacteurs modulaires utilisant du sodium liquide comme caloporteur, n’a pas encore obtenu l’approbation de la Commission de réglementation nucléaire ni finalisé de contrats d’énergie contraignants.

Des questions sont soulevées sur « l’apparence d’irrégularité » concernant l’accès d’Oklo au combustible de réacteur spécialisé, d’autant plus que l’ancien membre du conseil d’administration d’Oklo, Chris Wright, est maintenant le secrétaire à l’énergie de Trump.

Qu’en disent les analystes ?

Wall Street s’exprime de plus en plus sur les inquiétudes liées aux valorisations.

Jim Cramer a demandé aux investisseurs de prendre leurs bénéfices, affirmant que l’action était « allée trop loin, trop vite » et qualifiant la flambée de « sommet de la spéculation ».

Il a souligné qu’Oklo brûle près de 100 millions de dollars par an avec zéro revenu, mais qu’elle a toujours une valorisation d’environ 23 milliards de dollars.

Goldman Sachs a également signalé le risque, commençant la couverture à Neutre et notant la « valorisation mousseuse » et la dépendance de la société à l’égard de la technologie des réacteurs refroidis au sodium, une conception qui a toujours connu des difficultés.

Les nerfs des investisseurs ont également été ébranlés par l’activité de vente.

ARK Invest s’est délesté lundi de 53 353 actions d’une valeur d’environ 8,5 millions de dollars, signe que la conviction institutionnelle pourrait vaciller.

En plus de cela, des initiés, dont le PDG Jacob DeWitte et le directeur financier Craig Bealmear, ont encaissé plus de 50 millions de dollars au cours de la rallye.

Avec seulement 226 millions de dollars de liquidités disponibles, un flux de trésorerie d’exploitation négatif de 52,1 millions de dollars et un taux de combustion élevé, les craintes d’une dilution future s’insinuent.

Alors qu’Oklo a obtenu le soutien du ministère de l’Énergie pour trois installations de fabrication de combustible nucléaire avancées et a lancé son projet pilote dans l’Idaho, les analystes préviennent que la société n’atteindra pas la rentabilité avant 2030 environ.

La baisse de l’action Oklo reflète le scepticisme croissant quant au fait que les valorisations actuelles tiennent compte de manière adéquate des risques d’exécution dans le secteur nucléaire à forte intensité de capital.

Le plongeon de mercredi marque un retour à la réalité sur les valorisations élevées dans un contexte d’incertitudes réglementaires, financières et politiques, rappelant aux investisseurs que l’innovation nucléaire est confrontée à des défis difficiles et coûteux à venir.