Bulletin européen : ralentissement des dépenses britanniques, perspectives d’inflation de la Banque d’Angleterre, turbulence budgétaire française

Bulletin européen : ralentissement des dépenses britanniques, perspectives d’inflation de la Banque d’Angleterre, turbulence budgétaire française
Devesh Kumar
09 déc. 2025, 19:01 PM
  • Les ménages britanniques ont réduit leurs dépenses alors que les dépenses non essentielles chutent fortement.
  • La BoE voit le budget de Reeves offrant un léger soulagement de l’inflation.
  • Trafigura augmente ses dividendes malgré les pressions et les dégradations sur les bénéfices.

La prudence des consommateurs, l’évolution des attentes inflationnistes, le jeu politique et la résilience des entreprises donnent le ton à travers l’Europe aujourd’hui.

Les données des dépenses britanniques montrent que les ménages serrent la ceinture, alors même que la Banque d’Angleterre annonce un léger allègement par rapport au budget de Reeves.

En France, le Premier ministre Lecornu fait face à un vote serré qui pourrait bouleverser le plan de sécurité sociale 2026.

Et dans le monde de l’entreprise, la forte hausse des dividendes de Trafigura souligne à quel point les sociétés de trading diversifiées naviguent dans un paysage économique encore inégal.

Les consommateurs britanniques se retirent en novembre

Selon de nouvelles données de Barclays, les ménages britanniques ont réduit leurs dépenses par carte en novembre, en baisse d’environ 1,1 % par rapport à l’année dernière.

C’est en fait la plus forte baisse depuis début 2021. La plupart des ralentissements venaient de choses non essentielles comme manger au restaurant, acheter des vêtements, aller dans des pubs et se divertir, ce qui indique clairement que les gens se sentent prudents en ce moment.

L’incertitude avant le budget et la pression constante due au coût élevé de la vie n’aident pas non plus.

Les dépenses pour les essentiels, comme les courses, ont un peu augmenté, mais pas assez pour compenser le ralentissement ailleurs. Même le Black Friday, qui offre généralement un bon coup de pouce aux détaillants, n’a pas fait grand-chose cette fois-ci.

Selon les chiffres BRC-KPMG, les ventes au détail en novembre n’ont augmenté que de 1,4 % au total, bien en dessous de ce que beaucoup espéraient.

La BoE voit un budget atténuer l’inflation

La Banque d’Angleterre indique que le nouveau budget de la chancelière Rachel Reeves pourrait réduire d’environ 0,4 à 0,5 point de pourcentage l’inflation annuelle pour une année commençant au deuxième trimestre 2026.

La vice-gouverneure Clare Lombardelli a partagé cette première analyse lors d’une interview devant la commission du Trésor, expliquant que cette baisse provient principalement de politiques visant à réduire les factures d’énergie des ménages et à geler les tarifs ferroviaires.

Cela correspond assez étroitement aux prévisions antérieures de l’Office for Budget Responsibility, qui prévoyait également une baisse de l’inflation de 0,4 point en 2026/27.

Si les choses se passent ainsi, cela pourrait aider la BoE à atteindre un peu plus tôt son objectif d’inflation de 2 %, surtout avec un IPC toujours autour de 3,6 %.

Lombardelli a déclaré que l’impact est modeste mais définitivement « dans la bonne direction ».

Cependant, la réaction des consommateurs sera un facteur déterminant dans la décision de la Banque lors de sa prochaine réunion sur les taux du 18 décembre.

La France se prépare à un choc budgétaire

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’apprête mardi à un vote à enjeux élevés alors que l’Assemblée nationale décide du sort du budget de la sécurité sociale 2026, un plan qui couvre tout, de la santé aux retraites en passant par l’aide sociale.

Sans majorité au parlement, il tente de rallier les socialistes en promettant plus de financements pour les hôpitaux et en retardant la controversée réforme des retraites de Macron en 2023 jusqu’en 2027.

Mais cette stratégie pourrait se retourner contre eux. Les alliés du centre-droit, dont des figures proches d’Édouard Philippe, avertissent déjà que Lecornu est trop indulgent en matière de discipline budgétaire.

Pendant ce temps, les grands blocs d’opposition s’alignent contre le budget : le Rassemblement national d’extrême droite avec ses 140 députés, l’extrême gauche France Inflexibles avec 71, plus les écologistes et communistes qui détiennent ensemble 55 sièges.

Lecornu a besoin de 288 voix, et il n’en est pas du tout sur le papier.

Si le budget échoue, la France pourrait se retrouver face à un déficit de 30 milliards d’euros, à l’effondrement du plan budgétaire principal, et à un retour désordonné aux mesures de renouvellement de 2025.

Trafigura augmente ses dividendes malgré une baisse des bénéfices

Trafigura augmente son versement de dividendes de 50 %, portant le total des dividendes pour l’année à 2,9 milliards de dollars, même si le bénéfice net a chuté de 3 % à 2,67 milliards de dollars pour l’exercice se terminant le 30 septembre 2025.

Compte tenu de l’effondrement des bénéfices de 60 % l’an dernier, la baisse de cette année semble bien plus gérable. L’EBITDA est resté stable à 8,2 milliards de dollars, bien que les capitaux propres du groupe aient légèrement diminué à 16,2 milliards de dollars.

La société a enregistré 843 millions de dollars de dégradations, dont une réduction de 341 millions de dollars sur des actifs tels que la fonderie australienne de Nyrstar.

Elle a également mis de côté 708,9 millions de dollars pour l’affaire de fraude en Mongolie, portant les pertes totales liées à la fraude à environ 1,2 milliard de dollars.

Du côté du trading, le pétrole a été un solide performer avec des volumes bondissant de 10 % pour atteindre 6,6 millions de barils par jour, tandis que le marché des métaux a chuté de 16 %.

Le PDG Richard Holtum a mis en avant ces chiffres comme preuve que le modèle diversifié de Trafigura l’aide à rester résiliente dans un environnement difficile.