La Chine signale un accès plus difficile aux puces Nvidia AI alors que Washington débat des règles d’exportation

  • Les acheteurs en Chine pourraient devoir justifier des besoins non couverts de puces nationales avant d’acheter le H200.
  • Trump a annoncé lundi que les États-Unis pourraient autoriser les livraisons de H200 en conditions de sécurité.
  • Les sénateurs américains ont proposé de bloquer les exportations de H200 pendant 30 mois.

La Chine se prépare à resserrer l’accès aux puces H200 de Nvidia alors même que la technologie se rapproche du retour sur le marché local.

Selon un rapport du Financial Times, des responsables à Pékin examinent la manière dont le processeur devrait être utilisé à un moment où le pays pousse à réduire la dépendance envers les fournisseurs étrangers et à construire une industrie autosuffisante des semi-conducteurs.

Les discussions ont commencé avant que Washington ne signale un changement de politique potentiel. Des experts ont indiqué que les régulateurs étudient un système qui n’accorderait qu’un accès limité au H200.

Le H200 de Nvidia est son deuxième processeur d’IA le plus puissant et un composant clé pour les entreprises qui entraînent des modèles avancés.

Étapes d’approbation prises en compte

Selon le plan évoqué, les acheteurs devraient demander une autorisation avant d’acheter la puce, indique le rapport, citant des sources.

Ils devraient également expliquer pourquoi les alternatives domestiques ne peuvent pas répondre à leurs besoins.

La revue a pris de l’ampleur après que Donald Trump a publié lundi sur Truth Social qu’il avait informé le président chinois Xi Jinping que les États-Unis autoriseraient Nvidia à expédier des puces H200 à des clients approuvés en Chine.

Trump a ajouté que 25 % seraient versés aux États-Unis, bien qu’il n’ait pas donné plus de détails sur le fonctionnement de cet arrangement.

L’administration Biden avait auparavant interdit les exportations du H200 et d’autres processeurs haut de gamme en raison de craintes que le matériel ne puisse soutenir le développement militaire.

Le directeur général de Nvidia, Jensen Huang, a poussé à l’assouplissement des restrictions, tandis que ses partisans soutiennent que permettre les exportations maintiendrait la dépendance de la Chine à la technologie américaine.

Effort local sur puces en hausse

La Chine a utilisé l’interdiction américaine antérieure comme catalyseur pour accélérer son propre programme de semi-conducteurs.

Les mesures incluent un renforcement des contrôles douaniers sur les importations de puces et des subventions énergétiques pour les centres de données qui passent aux processeurs nationaux.

Les régulateurs qui mènent cette initiative, y compris la Commission nationale du développement et de la réforme ainsi que le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information, pourraient également empêcher les entités du secteur public d’acheter le H200, note le Financial Times.

Le retour de la puce sera étroitement suivi par des géants chinois de la technologie tels qu’Alibaba, ByteDance et Tencent.

Ils ont adopté des puces plus domestiques pour les tâches d’IA de base, mais préfèrent toujours le matériel Nvidia pour l’entraînement des modèles en raison de ses performances plus solides et de sa maintenance plus simple.

De nombreuses entreprises forment des modèles à l’étranger pour atteindre des puces qui restent restées limitées chez elles.

Le débat américain continue

Le soutien de Trump aux exportations rencontre une résistance au Congrès. Un groupe de sénateurs américains a présenté une loi qui empêcherait l’administration d’approuver les livraisons de puces Nvidia, y compris la H200, pendant 30 mois.

Washington pourrait également concevoir un cadre d’approbation limitant les ventes aux entreprises jugées sûres.

Nvidia détient déjà l’autorisation de vendre le H20, une version à performance réduite du H200 conçue pour la Chine.

En août, l’entreprise a accepté de verser au gouvernement américain 15 % de ses revenus issus des ventes de chips en Chine.

Pékin a encore un accès limité au H2O car les performances de la puce ne dépassent pas significativement celles des offres nationales.