Europe: VW supprime des emplois, Chagos confirmé, BCE prudente

Europe: VW supprime des emplois, Chagos confirmé, BCE prudente
Devesh Kumar
10 mars 2026, 18:59 PM
  • Volkswagen va supprimer 50 000 emplois en Allemagne après une forte chute des bénéfices.
  • La Haute Cour britannique bloque la contestation juridique de l'accord sur la souveraineté des Îles Chagos.
  • Des responsables de la BCE appellent à la prudence alors que la volatilité des prix du pétrole secoue les marchés.

L'Europe fait face à des tensions économiques et géopolitiques croissantes alors que d'importants développements se déroulent dans la région.

Volkswagen prévoit d'importantes suppressions d'emplois après une forte chute des bénéfices, tandis qu'un tribunal britannique a rejeté une contestation de l'accord du Royaume-Uni sur les Îles Chagos avec Maurice.

Les dirigeants de l'UE avertissent que la Russie profite de l'escalade du conflit au Moyen-Orient, et des responsables de la Banque centrale européenne appellent à la prudence alors que la volatilité des prix du pétrole complique les décisions sur les taux d'intérêt.

Ensemble, ces événements soulignent la pression qui pèse sur l'économie et la politique étrangère de l'Europe.

Volkswagen supprimera 50 000 emplois

Volkswagen a annoncé son intention de supprimer 50 000 emplois dans ses activités en Allemagne d'ici 2030, alors que le constructeur a affiché ses pires résultats financiers depuis le scandale des émissions diesel de 2016.

Les bénéfices après impôts ont chuté de 44 % pour s'établir à 6,9 milliards d'euros en 2025, frappés par une demande faible en Chine, les droits d'importation américains de Donald Trump et des coûts élevés liés à sa transition vers le véhicule électrique.

Le PDG Oliver Blume a dévoilé les suppressions dans une lettre aux actionnaires, indiquant que le groupe évolue dans un "environnement fondamentalement transformé."

Cette nouvelle série dépasse la réduction de 35 000 emplois déjà convenue avec les syndicats en 2024. D'autres suppressions concerneront Audi, Porsche et la filiale logicielle Cariad.

Volkswagen employait environ 287 000 personnes en Allemagne l'an dernier.

La Haute Cour britannique bloque la contestation de l'accord sur les Chagos

La Haute Cour de Londres a refusé l'autorisation d'une contestation juridique contre le Foreign Office britannique concernant son accord de souveraineté avec Maurice sur les Îles Chagos.

Trois demandeurs, dont Bertrice Pompe, ressortissante britannique née à Diego Garcia, ont soutenu que le Foreign Office avait, de façon illégale, omis de consulter les Chagossiens avant la signature.

La juge Mary Stacey a reconnu la "longue et honteuse histoire" du départ forcé des insulaires dans les années 1960 et 1970 pour laisser place à des installations militaires.

Mais elle a jugé que la contestation constituait essentiellement une reprise d'arguments déjà rejetés par les tribunaux anglais.

En vertu de l'accord signé l'an dernier, le Royaume-Uni a transféré la souveraineté à Maurice tout en conservant un bail de 99 ans sur Diego Garcia, qui abrite une base militaire conjointe américano-britannique.

Costa (UE) : la Russie, seul bénéficiaire de la guerre au Moyen-Orient

Le président du Conseil européen António Costa a déclaré mardi aux ambassadeurs de l'UE à Bruxelles que la Russie est apparue comme le seul bénéficiaire de l'escalade du conflit entre les États-Unis et Israël et l'Iran.

« Jusqu'à présent, il n'y a qu'un seul gagnant dans cette guerre — la Russie », a-t-il affirmé.

Moscou profite de la flambée des prix de l'énergie, qui finance sa guerre en Ukraine. Elle tire également avantage de la diversion des ressources militaires occidentales qui auraient autrement été déployées à Kyiv.

Et, fait crucial, l'attention mondiale s'est détournée du front ukrainien. Ces propos interviennent alors que les prix du pétrole ont dépassé 100 $ le baril après des perturbations des expéditions via le détroit d'Ormuz.

Costa a exhorté toutes les parties à reprendre les pourparlers, avertissant qu'une nouvelle escalade menace l'Europe et au‑delà.

La BCE appelle à la prudence alors que la guerre en Iran secoue les marchés de l'énergie

Deux responsables de la Banque centrale européenne ont déclaré mardi que la banque devrait maintenir le cap sur les taux d'intérêt malgré la pression croissante liée à la guerre en Iran et à la flambée des prix de l'énergie.

Le gouverneur de la banque centrale de Lituanie, Gediminas Simkus, a mis en garde contre une politique réactive, notant que les prix du pétrole sont passés de 120 $ le baril lundi à 90 $ mardi seulement.

« Si, le matin, vous commencez à repenser la politique monétaire, vous pourriez aboutir à une réflexion très différente le soir », a-t-il déclaré.

Madis Muller, d'Estonie, a été d'accord, mais a noté que les probabilités d'une hausse des taux, plutôt que d'une baisse, ont augmenté ces dernières semaines.

Les marchés ont désormais intégré une probabilité de 50 % d'une hausse à la mi‑année. La prochaine réunion de la BCE est le 19 mars.