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L'éclatement de la bulle immobilière au Canada est inévitable, selon un analyste

L'éclatement de la bulle immobilière au Canada est inévitable, selon un analyste
Crispus Nyaga
06 oct. 2023, 13:26 PM
  • Les prix des logements au Canada ont grimpé en flèche au cours de la dernière décennie.
  • La bulle immobilière dans le pays suscite de vives inquiétudes.
  • Certains analystes estiment que la probabilité d’un éclatement de la bulle est inévitable.

Le marché immobilier mondial est confronté à des vents contraires alors que la hausse des taux d’intérêt pousse les taux hypothécaires à leur plus haut niveau depuis des décennies. Au Canada, on craint qu'une bulle immobilière ne se produise, ce qui pourrait conduire à son éclatement dans les mois à venir.

Un analyste met en garde contre la bulle immobilière au Canada

Dans une récente interview, Phillip Colmar, analyste chez MRB Partners, a prévenu qu’il serait inévitable que la bulle éclate. Il a cité le fait que le pays traversait la plus grande bulle de tous les temps.

Il n’est pas seul puisque les observateurs ont observé une hausse des prix de l’immobilier au cours de la dernière décennie. Cette hausse s'est produite alors que la Banque du Canada (BdC) a laissé ses taux d'intérêt proches de zéro après la crise financière mondiale (GFC).

Les données les plus récentes montrent que le prix moyen national des maisons était de 650 000 $ CA en août. Selon Statista, le prix moyen des logements au Canada a culminé à 703,8 000 $ CA en 2022.

Alors que les prix de l’immobilier restent élevés depuis des années, les analystes citent le prix moyen de l’immobilier par rapport au revenu disponible réel. Ce ratio a augmenté au cours des dernières années, ce qui signifie que les Canadiens n'ont plus les moyens de se payer un logement.

Dette des ménages canadiens

Pour être clair. L’abordabilité du logement constitue une crise majeure dans le monde. Le défi pour le Canada est que les ménages du pays sont accablés par une dette élevée. Les données montrent que les ménages canadiens sont les plus endettés du G7, la majeure partie de cette dette étant liée à des hypothèques.

La dette des ménages s'élève à 107% du PIB total. Aux États-Unis, cette dette s'élevait à 64,8 %. Aujourd’hui, dans un contexte de taux d’intérêt élevés, il est possible que quelque chose se brise dans l’économie. D’une part, nous voyons le ratio du service de la dette hypothécaire atteindre des sommets historiques tandis que les taux de délinquance sont faibles mais en hausse.

La question est donc de savoir si la bulle immobilière au Canada va éclater comme nous l’avons vu aux États-Unis lors de la bulle Internet. Ce problème est d’autant plus prononcé qu’il n’y a aucune chance que la Banque du Canada (BdC) réduise ses taux d’intérêt.

Les données les plus récentes ont montré que l'inflation du pays est passée de 3,3% en août à 4,0% en septembre. Je ne vois pas non plus la Banque du Canada augmenter à nouveau ses taux.

Je crois que les prix de l'immobilier au Canada se stabiliseront à court terme, mais je ne m'attends pas à ce que la bulle éclate comme nous l'avons vu en 2008-2009. D’une part, il existe toujours une demande de logements au Canada, même si les mises en chantier diminuent. Dans une note, les analystes de Moody's déclarent :

L’un des principaux risques pour le marché immobilier canadien est la possibilité d’une récession. Les données montrent que, comme aux États-Unis , la courbe des rendements s'est inversée à -68,1 points de base. Dans la plupart des périodes, l’inversion de la courbe des rendements est l’un des indicateurs les plus précis d’une récession.