Le Brésil reporte sa proposition de taxe sur les grandes entreprises technologiques en raison des tensions commerciales avec les États-Unis.

Le Brésil reporte sa proposition de taxe sur les grandes entreprises technologiques en raison des tensions commerciales avec les États-Unis.
Noris Soto
26 mars 2025, 17:21 PM
  • Le Brésil entend désormais faire avancer une nouvelle proposition législative visant à réglementer la concurrence.
  • Le Brésil avait annoncé la mise en œuvre d'un impôt minimum de 15 % sur les bénéfices des multinationales.
  • La nouvelle administration s'éloigne de l'approche de politique étrangère de son prédécesseur.

Le Brésil a reporté son projet de taxer les grandes entreprises technologiques, craignant que cela ne soit perçu comme une mesure de représailles face aux menaces commerciales américaines croissantes du président Donald Trump.

Selon Reuters, des sources proches du dossier ont indiqué que le Brésil entend désormais faire avancer une nouvelle proposition législative visant à réglementer la concurrence entre les plateformes internet dominantes en Amérique latine.

Face aux défis économiques intérieurs et à l'évolution de la dynamique du commerce international, la nouvelle administration s'éloigne de l'approche de politique étrangère de son prédécesseur.

Projet de loi sur la concurrence concernant les pratiques du marché numérique

Le 4 octobre 2024, le Brésil a annoncé la mise en œuvre d'un impôt minimum de 15 % sur les bénéfices des multinationales, comme le détaille un décret publié jeudi soir au Journal officiel du pays.

Cette initiative visait à renforcer les recettes compte tenu de l'objectif ambitieux du gouvernement d'atteindre un déficit budgétaire nul, tout en évitant des coupes budgétaires généralisées qui pourraient compromettre les programmes sociaux essentiels.

En s'alignant sur les efforts mondiaux de lutte contre l'évasion fiscale, le Brésil cherchait à stabiliser son cadre financier et à garantir une imposition équitable des entités multinationales.

Le gouvernement consulte actuellement sur un projet de loi sur la concurrence visant les pratiques commerciales anticoncurrentielles qui entravent la concurrence loyale entre les consommateurs, mais il a proposé de prendre en compte une proposition d'amendement lors de la consultation publique (janvier 2024).

Le projet de loi vise à prévenir des préjudices tels que les « acquisitions meurtrières », où une grande entreprise rachète des concurrents potentiels dans le but exprès de les éliminer et de favoriser les produits d'une plateforme dans les résultats de recherche.

Le Brésil vise à favoriser un environnement concurrentiel pour stimuler l'innovation et offrir de meilleurs choix aux consommateurs dans son économie numérique en plein essor.

Cette attention portée à la concurrence intervient alors que les régulateurs du monde entier adaptent leurs cadres pour répondre à l'expansion rapide des entreprises technologiques, exigeant davantage de responsabilité et d'équité sur les marchés numériques.

Une proposition fiscale suscite des inquiétudes quant aux relations commerciales.

Auparavant, les responsables brésiliens avaient laissé entendre qu'ils présenteraient un plan fiscal ciblant les grandes entreprises technologiques mondiales, en fonction des prévisions de recettes fédérales pour le second semestre 2024.

Si elle est adoptée, cette taxe affectera les grandes entreprises américaines telles qu'Amazon, Google (Alphabet) et Meta, qui exploite Facebook et WhatsApp.

Cependant, comme l'a déclaré un initié, le calendrier du plan fiscal a suscité l'inquiétude au sein de l'administration brésilienne.

La situation volatile des relations commerciales entre les États-Unis et le Brésil, notamment après l'annonce par le président Trump d'une probable augmentation des droits de douane le 2 avril, a rendu le Brésil plus prudent.

La personne a souligné que l'augmentation des impôts sur les grandes entreprises américaines pourrait perturber les conversations et les négociations commerciales en cours, notamment compte tenu du programme tarifaire agressif de Trump.

Gérer l'incertitude dans le commerce international

La volonté du gouvernement de mettre en œuvre une telle politique, alors que le Brésil se prépare à d'éventuels scénarios de représailles suite à l'augmentation des droits de douane américains, s'inscrit en fin de compte dans un objectif plus large visant à éviter une escalade des tensions commerciales.

Les responsables brésiliens, quant à eux, semblent ne pas avoir une idée précise de la nature exacte des menaces et de leur influence sur l'avenir des relations commerciales entre les deux pays.

Le contexte des systèmes et des négociations commerciales internationales souligne la situation vulnérable du Brésil.

En rejetant le plan fiscal pour les géants de l'informatique, le Brésil semble vouloir maintenir une position coopérative avec ses principaux partenaires économiques tout en répondant aux préoccupations locales concernant la concurrence et l'équité dans l'économie numérique.

Le Brésil pourrait rechercher une approche plus équilibrée.

La nouvelle orientation du gouvernement brésilien vers la réglementation de la concurrence plutôt que la fiscalité représente un réajustement stratégique.

Bien qu'il aborde les préoccupations nationales concernant les inégalités du marché et les pratiques anticoncurrentielles, il vise également à maintenir des relations commerciales constructives avec les États-Unis dans un contexte d'incertitudes persistantes.

Avec l'expansion et l'évolution de l'économie numérique, les développements législatifs brésiliens seront sans aucun doute suivis de près par les acteurs nationaux et internationaux.

La conclusion des consultations publiques sur le projet de loi sur la concurrence sera cruciale alors que le Brésil s'efforce de construire un paysage numérique plus équitable tout en poursuivant ses intérêts économiques à l'échelle mondiale.