Les économistes brésiliens réduisent leurs prévisions de taux pour 2026 après des mois de perspectives stables
- Les économistes ont réduit les prévisions de taux Selic du Brésil pour 2026 à 12,38 % contre 12,50 %, mettant fin à 32 semaines de stabilité.
- La banque centrale prévoit une inflation de 3,6 % en 2026, tandis que les économistes privés prévoient une hausse de 4,3 %.
- Ce changement intervient quelques jours avant la prochaine décision politique, signalant un optimisme prudent à l’égard de l’inflation.
Les économistes brésiliens ont revu à la baisse leurs prévisions de taux d’intérêt de référence à la fin de 2026 après plus de sept mois inchangés dans une enquête hebdomadaire de la banque centrale publiée lundi.
La révision légitime les changements d’attentes concernant la trajectoire de la politique monétaire dans la plus grande économie d’Amérique latine, quelques jours seulement avant une réunion des décideurs politiques pour fixer leur prochaine décision sur les taux.
L’enquête, qui compile les prévisions de plus de 100 économistes, a révélé que la prévision médiane pour le Selic était de 12,38 % à la fin de l’année prochaine.
Cela se compare à une estimation précédente de 12,50 %, qui était restée inchangée pendant 32 semaines.
Cette modification, bien que mineure, reflète une attente croissante selon laquelle les taux d’intérêt pourraient ne pas rester aussi élevés qu’on le craignait.
Briser la série de stabilité
Le taux Selic fait l’objet d’un examen minutieux depuis que la banque centrale du Brésil a entamé un cycle de resserrement agressif pour lutter contre l’inflation.
Les prévisions concernant l’évolution du taux sont restées constantes depuis le début de l’année, indiquant un large consensus parmi les analystes selon lequel les décideurs politiques maintiendraient les conditions monétaires strictes pendant une longue période.
La correction de lundi indique toutefois un léger mouvement de l’opinion. La baisse de 0,12 point de pourcentage peut sembler modeste, mais elle met fin à une série de 32 semaines au cours de laquelle les économistes ont maintenu des prévisions cohérentes.
La révision indique une évolution des attentes en matière d’inflation et de croissance, ainsi que la volonté de la banque centrale de maintenir des politiques strictes.
Les anticipations d’inflation continuent de diverger
En juillet, lors de la dernière réunion de la banque centrale, les responsables ont placé l’inflation sur la base de leurs estimations à 4,9 % pour 2024 et 3,6 % pour 2026.
De ce point de vue, ces prévisions ont souligné la conviction des décideurs politiques que l’inflation continuerait à dériver au fil du temps pour se rapprocher de l’objectif, même si elle se situait au-dessus du point médian officiel pendant longtemps.
Pendant ce temps, les économistes privés sont restés plus circonspects.
Pourtant, la réponse à l’enquête de lundi, qui porte sur un échantillon d’environ 1 000 personnes, a montré que les acteurs du marché s’attendaient à une inflation de 4,83 % pour cette année, un peu en dessous des prévisions de juillet de la banque centrale.
Les économistes s’attendent à une croissance des prix à la consommation de 4,30 % en 2026, bien au-dessus des prévisions de 3,6 % des décideurs.
Cette disparité met en évidence l’incertitude persistante concernant le taux de désinflation.
Les pressions sur les prix se sont peut-être atténuées par rapport à leur sommet, mais les attentes ont tendance à se situer à une moyenne, et l’IM implique qu’à moyen terme, la confiance de la banque centrale dans la réalisation de son objectif (2,5 %) reste en deçà du poteau d’objectif.
Les perspectives politiques à la loupe
Les décideurs politiques prennent bonne note de l’importance de l’impact des prix d’emprunt élevés sur la croissance par rapport aux menaces d’inflation alors qu’ils se préparent à la prochaine décision politique de la banque centrale.
Les performances du Brésil se sont avérées quelque peu palliatives au cours des derniers trimestres. Cependant, les taux d’intérêt élevés limitent toujours le crédit et l’investissement.
Le dernier changement apporté par les économistes aux perspectives de M. Selic pourrait être enraciné dans la perception que les décideurs finiront par tenter de se relâcher, bien qu’avec retenue.
Si la légère révision à la baisse des prévisions était en fait un signe que les forces désinflationnistes associées à une dynamique de croissance plus faible pourraient permettre une orientation politique plus progressive qu’on ne le pensait auparavant, peut-être verrons-nous un changement dans le ton de la réunion ?
Les résultats de l’enquête suggèrent également que la confiance dans un allègement radical des taux est toutefois faible.
Alors que les prévisions d’inflation s’éloignent de plus en plus dans l’avenir, probablement au-dessus de l’objectif de la banque centrale pour 2026, il semble que les analystes verraient les autorités monétaires adopter une approche globalement prudente pour maintenir des taux d’intérêt relatifs plus élevés au cours de l’histoire.
Mises en garde avant une décision clé
Le moment choisi pour le changement de l’enquête donne de la crédibilité à son interprétation.
Alors que la banque centrale s’apprête à publier sa prochaine décision dans les prochains jours, les prévisions révisées servent de baromètre des attentes du marché pour la réunion.
Bien que la réduction de l’estimation de Selic pour 2026 soit mineure, il s’agit d’un changement significatif par rapport à des mois de stabilité.
L’écart entre les prévisions d’inflation des décideurs politiques et celles des économistes privés pose un défi.
Pour combler cet écart, il faudra peut-être communiquer plus clairement sur l’approche de la banque en matière de lutte contre l’inflation et sur sa volonté d’ajuster les taux si les attentes d’inflation restent obstinément élevées.
Alors que la banque centrale du Brésil se prépare à passer à l’action, les résultats de l’enquête mettent en évidence le délicat mélange de crédibilité et de flexibilité.
La légère baisse des perspectives de l’indice Selic suggère un optimisme prudent quant à l’atténuation des pressions inflationnistes, mais des incertitudes à long terme demeurent.
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