L’UE s’engage à verser 11,5 milliards d’euros à l’Afrique du Sud alors que la course à l’énergie verte s’intensifie

  • 8,7 milliards d’euros pour financer des projets d’hydrogène vert et de minéraux.
  • Dans le cadre du plan d’investissement durable Global Gateway de l’UE.
  • Renforce le rôle de l’Afrique du Sud dans la chaîne mondiale d’approvisionnement en énergie propre.

L’Union européenne a annoncé un plan d’investissement de 11,5 milliards d’euros pour l’Afrique du Sud, ciblant des projets d’énergie renouvelable, de transport et de santé dans le cadre de sa stratégie plus large visant à sécuriser les minéraux critiques et à renforcer les chaînes d’approvisionnement.

Ce nouvel engagement renforce les efforts déployés par l’Europe pour réduire sa dépendance vis-à-vis des importations en provenance de Chine, tout en renforçant les partenariats économiques avec l’économie la plus industrialisée d’Afrique.

La délégation de l’UE en Afrique du Sud a confirmé le plan dans un communiqué publié jeudi soir, décrivant cette initiative comme faisant partie d’une ambition commune de mener la transition mondiale vers une énergie durable et une infrastructure numérique.

Des financements visant à sécuriser la chaîne d’approvisionnement minière de l’Afrique

Sur les 11,5 milliards d’euros, environ 8,7 milliards d’euros proviendront d’un financement mixte – un mélange de capitaux publics et privés – avec un fort accent sur le développement d’installations pour traiter les minéraux critiques et produire de l’hydrogène vert.

L’Afrique du Sud, qui exporte déjà des métaux du groupe du platine essentiels aux technologies d’énergie propre, jouera un rôle central pour aider l’Europe à atteindre ses objectifs de décarbonation.

En investissant dans la transition verte de l’Afrique du Sud, l’UE cherche à préserver les matières premières essentielles aux batteries, aux éoliennes et aux équipements d’énergie solaire.

Une grande partie du financement sera consacrée aux infrastructures liées à l’exploitation minière, aux couloirs de transport propres et aux projets résilients au changement climatique qui peuvent résister à des phénomènes météorologiques extrêmes.

Quels autres seront financés

Au-delà des minéraux et de l’hydrogène, le financement soutiendra également des projets dans les domaines des transports, de la santé publique et de la production de vaccins, en tenant compte des enseignements tirés de la pandémie de COVID-19.

Il s’agit d’un changement vers le renforcement de la capacité de l’Afrique à fabriquer localement des vaccins et la réduction de la dépendance vis-à-vis des fournisseurs extérieurs.

Ce dernier engagement fait suite à une promesse antérieure de 4,7 milliards d’euros annoncée en mars, bien que l’UE n’ait pas précisé si le nouveau financement s’ajoutait à ce chiffre initial ou en faisait partie.

Ensemble, ces initiatives positionnent l’Afrique du Sud comme un partenaire stratégique du programme Global Gateway de l’Union, qui vise à mobiliser jusqu’à 300 milliards d’euros à l’échelle mondiale pour des projets d’infrastructures durables et de connectivité numérique.

Une étape dans la concurrence plus large de l’UE avec la Chine

Cet investissement souligne l’urgence croissante de l’Europe à diversifier ses ressources et ses réseaux d’approvisionnement, dans un contexte d’intensification de la concurrence avec la Chine pour les richesses minérales de l’Afrique.

L’initiative Belt and Road de Pékin a longtemps dominé le financement des infrastructures sur le continent, et l’approche de l’UE représente un contrepoids : offrir aux pays africains des modèles de partenariat qui combinent financement public et investissement privé.

L’abondance de ses ressources naturelles, sa base industrielle robuste et sa stabilité politique en font un partenaire essentiel pour la transition verte de l’UE.

Pour l’Europe, garantir l’accès aux minéraux critiques de l’Afrique n’est pas seulement une priorité économique, mais aussi une nécessité géopolitique dans la course mondiale au leadership en matière d’énergie propre.

Aligner les objectifs climatiques sur les opportunités économiques

Le plan de l’Union européenne soutient également la transition énergétique juste de l’Afrique du Sud, un effort visant à passer de l’énergie à base de charbon aux énergies renouvelables sans sacrifier l’emploi ou la stabilité économique.

Le partenariat finance des infrastructures durables capables de réduire les émissions tout en créant des emplois et une expertise technologique dans les secteurs des énergies renouvelables.

En liant la finance verte au développement industriel, l’initiative est conçue pour apporter des avantages à long terme aux deux régions.