Comment une ville portuaire portugaise tranquille est devenue la rampe de lancement de l’IA de Microsoft

  • Le site offre une connectivité stratégique grâce à des câbles sous-marins reliant l’Europe à d’autres continents.
  • Le premier des six bâtiments du centre de données a été achevé en mars 2025.
  • Sines abrite également une usine de batteries CALB et est proposée pour une gigafactory d’IA soutenue par l’UE.

Microsoft investit 10 milliards de dollars pour transformer Sines, une ville portuaire tranquille du Portugal, en un nœud critique de son infrastructure mondiale d’IA.

La ville, plus connue pour son héritage de pêche que pour ses serveurs de données, est maintenant au centre d’un changement massif dans la façon dont les géants du cloud renforcent leurs capacités en matière d’intelligence artificielle.

Le projet, qui implique six bâtiments de centres de données à grande échelle, est développé en partenariat avec l’opérateur portugais Start Campus et la start-up britannique Nscale.

Le président de Microsoft, Brad Smith, a révélé l’investissement à Jornal de Negócios lors du Web Summit à Lisbonne.

Cette confirmation place le Portugal sous les feux de la rampe comme l’un des principaux engagements européens de Microsoft cette année.

Cette décision s’aligne sur la stratégie plus large de Microsoft visant à réduire la dépendance aux centres de données hyperscale traditionnels et à pivoter vers une infrastructure évolutive et stratégiquement située pour répondre à la demande croissante de calculs de modèles d’IA.

Sines relie les continents par des câbles numériques

Sines n’est pas seulement géographiquement pratique. Sa position côtière lui donne un accès unique aux câbles sous-marins transatlantiques qui relient l’Europe à l’Afrique et à l’Amérique du Sud.

Ces câbles sont essentiels pour réduire la latence et augmenter la bande passante sur tous les continents.

Google ajoute à cela en posant une nouvelle ligne de fibre optique entre le Portugal et la Caroline du Sud, améliorant ainsi la portée mondiale des données de la localisation.

Le choix de Sines est loin d’être arbitraire. La région sert déjà de plaque tournante pour les stations d’atterrissage de câbles sous-marins, ce qui lui permet d’accéder à plusieurs continents avec une faible latence.

Pour une entreprise comme Microsoft, qui déploie des modèles d’IA dans toutes les régions, la rapidité d’accès est essentielle.

Le site de Sines offre une proximité à la fois physique et stratégique avec les marchés émergents et les couloirs numériques bien établis.

En mars 2025, le premier des six bâtiments de centres de données prévus a été achevé, ouvrant la voie à des phases de construction plus larges.

Start Campus a confirmé que l’engagement de 10 milliards de dollars de Microsoft s’aligne sur la planification du développement en cours pour les cinq bâtiments restants.

Microsoft ajuste sa stratégie d’infrastructure

Avec l’explosion des charges de travail d’IA générative et la demande croissante de capacité de cloud distribué, Microsoft repense la façon dont elle construit son infrastructure.

En plus des installations traditionnelles, il collabore avec des fournisseurs de néocloud tels que CoreWeave Inc et Nebius Group NV. Ces entreprises proposent des services cloud de niche, performants et optimisés pour les tâches d’IA.

En octobre, Microsoft a signé un contrat de location pluriannuel pour sécuriser la capacité du site de Sines. Il a également signé des accords distincts pour louer des infrastructures à Nscale en Norvège et au Royaume-Uni.

L’entreprise intègre la redondance, la diversité et la résilience dans son réseau d’infrastructure, se positionnant ainsi pour servir à la fois les entreprises clientes et les développeurs mondiaux qui s’appuient sur ses services cloud Azure.

Le calcul de l’IA nécessite non seulement des centres de données denses, mais aussi un réseau haute performance et une capacité d’alimentation massive.

En s’associant à des développeurs locaux et à des acteurs régionaux, Microsoft accélère ses délais de déploiement et évite certains des ralentissements bureaucratiques observés sur d’autres marchés de l’UE.