L’Inde ouvre le secteur de l’assurance à un investissement étranger à 100 % dans une réforme historique

L’Inde ouvre le secteur de l’assurance à un investissement étranger à 100 % dans une réforme historique
Devesh Kumar
17 déc. 2025, 15:36 PM
  • Le parlement indien autorise la propriété étrangère à 100 % dans l’assurance, mettant fin au plafond de 74 %.
  • La réforme vise à stimuler les flux de capitaux, la concurrence et la pénétration de l’assurance.
  • Les assureurs mondiaux s’intéressent à l’entrée en terrain vert et à la MandA à mesure que les règles IRDAI prennent forme.

Le parlement indien a approuvé l’augmentation du plafond de propriété étrangère dans les compagnies d’assurance indiennes de 74 % à 100 %.

Cette mesure marque une libéralisation historique du secteur financier.

La Lok Sabha a adopté le projet de loi mardi, suivi de l’approbation du Rajya Sabha mercredi, ouvrant la voie aux assureurs mondiaux pour établir des opérations entièrement détenues en Inde sans avoir besoin de partenaires nationaux.

Ce développement témoigne de la détermination de l’Inde à attirer des capitaux étrangers et à accélérer la pénétration de l’assurance vers sa vision 2047 de la couverture universelle.

Cette réforme ouvre le marché de l’assurance indien, évalué à plus de 300 milliards de dollars et croissant à des taux à deux chiffres, à une participation étrangère sans précédent.

Cela représente la libéralisation la plus significative des services financiers indiens depuis plus de dix ans.

Depuis l’ouverture du secteur à l’investissement étranger en 2001, le plafond des IDE est passé de 26 % à 49 %, puis de 74 % en 2021.

Le passage à la propriété étrangère totale reflète une stratégie délibérée de New Delhi visant à exploiter le capital étranger pour les infrastructures et la croissance, notamment compte tenu de la pénétration de l’assurance indienne de seulement 3,7 % du PIB.

La ministre des Finances, Nirmala Sitharaman, a souligné que la concurrence ferait baisser les primes et élargirait l’accès.

Ce que cela signifie pour le marché et les acteurs étrangers

L’impact commercial immédiat sera considérable.

Les géants mondiaux de l’assurance ont déjà montré un fort appétit avec l’acquisition par Zurich Insurance de 670 millions de dollars d’une participation de 70 % dans Kotak General Insurance en 2024, qui annonce cette ouverture plus large.

Permettre une propriété étrangère complète élimine l’effort colossale de trouver des partenaires indiens appropriés pour détenir les parts résiduelles, selon Sitharaman.

Attendez-vous à une vague d’entrées en développement et d’accélération du MandA, alors que des groupes comme Allianz, AXA et d’autres cherchent à établir un contrôle majoritaire ou des entités détenues à 100 % plutôt que de poursuivre des partenariats.

Les fondamentaux du marché sont convaincants. Le secteur de l’assurance indien a attiré 82 000 crores de dollars d’IDE jusqu’en 2024 mais reste avide de capitaux.

Les projections de croissance montrent une croissance annuelle de 10 à 12 % d’ici 2033, atteignant environ 600 milliards de dollars d’ici 2034.

Cette trajectoire dépasse les marchés matures où les assureurs peinent à déployer du capital.

Le projet de loi autorise également des fusions entre entités d’assurance et non assurés, ouvrant ainsi une flexibilité structurelle pour les acquisitions et la consolidation.

À l’échelle mondiale, les assureurs auront accès à la classe moyenne émergente de l’Inde, désormais forte de 580 millions d’habitants et qui devrait s’étendre encore.

De plus, les vastes populations rurales et semi-urbaines sous-desservies par les acteurs existants resteront également les clients cibles des nouveaux joueurs.

Règles IRDAI clés pour une refonte de l’assurance

Les garanties réglementaires restent intactes. Le projet de loi impose qu’au moins un des présidents, directeurs généraux ou PDG soit citoyen indien, préservant ainsi la supervision de la gouvernance.

L’Autorité de régulation et de développement de l’assurance (IRDAI) a acquis de nouveaux pouvoirs, notamment des pouvoirs pour récupérer des « gains illicites » auprès des assureurs et des intermédiaires, des outils comparables à l’arsenal d’application de la SEBI.

Un système d’enregistrement unique pour les intermédiaires simplifie la conformité, tandis que le seuil d’approbation IRDAI des transferts de capitaux propres passe de 1 % à 5 %.

La feuille de route réglementaire est désormais cruciale. L’IRDAI doit publier des projets de règles sur la suffisance du capital, les marges de solvabilité et les réseaux de distribution pour mettre en œuvre la réforme.

L’objectif plus large d’Assurance pour tous d’ici 2047 repose désormais sur la mise en œuvre de cette libéralisation historique sans compromettre la protection des assurés ni l’emploi local.