Bulletin Europe : les actions de Londres montent, la menace de Trump se retourne contre lui, l’Allemagne expulse un diplomate russe

Bulletin Europe : les actions de Londres montent, la menace de Trump se retourne contre lui, l’Allemagne expulse un diplomate russe
Devesh Kumar
22 janv. 2026, 19:52 PM
  • Le FTSE et le Stoxx 600 grimpent après que les bagarres de Trump ont menacé de tarifs liés au Groenland.
  • Vanguard réduit le « biais domestique » dans les fonds LifeStrategy, défiant la pression politique britannique.
  • L’Europe s’est accumulée dans les bons du Trésor américains en 2025, mais la rhétorique du désinvestissement s’intensifie.

Les marchés européens se sont stabilisés après que Donald Trump a brusquement mis de côté les « tarifs du Groenland » menacés, augmentant le FTSE 100 et le Stoxx 600 plus large, alors que les investisseurs revenaient vers le risque.

Au Royaume-Uni, Vanguard a contredit la poussée du Labour pour l’investissement intérieur en réduisant le « biais du logement » sur toute sa gamme LifeStrategy malgré des réductions de frais.

Parallèlement, de nouvelles données montrent que l’Europe a continué d’accumuler des obligations du Trésor américaines jusqu’en 2025, même si la pression politique pour désinvestir augmente.

L’Allemagne, de son côté, a intensifié les tensions avec Moscou en expulsant un diplomate russe à la suite d’un complot d’espionnage présumé lié au GRU.

Les actions londoniennes montent alors que Trump suspend les tarifs au Groenland

Le FTSE 100 a légèrement augmenté de 0,7 % jeudi après que Donald Trump a supprimé ses douanes menacées de 10 % sur huit pays européens, dont le Royaume-Uni, éliminant ainsi une source clé d’inquiétude sur le marché qui avait secoué les traders depuis lundi.

Trump a revendiqué un accord préliminaire « cadre » sur l’avenir du Groenland, bien que les détails restent rares car le Danemark a explicitement exclu la cession de la souveraineté.

Cette concession a suscité des gains plus larges parmi les bourses européennes, avec une hausse de 1,2 % du Stoxx 600 et un changement de sentiment passant du risque à un optimisme prudent.

Computacenter a bondi de 10,2 % grâce à des prévisions optimistes, compensant la baisse de 1 % des actions de l’énergie alors que le pétrole brut chutait. Les investisseurs attendent désormais les données sur le PIB américain et les dépenses des consommateurs pour évaluer les implications de la politique politique de la Fed.

Vanguard rejette la campagne d’investissement britannique

Vanguard a porté un coup dur aux ambitions du Labour de stimuler l’investissement intérieur jeudi, annonçant qu’elle réduirait considérablement l’exposition du Royaume-Uni à sa fourchette de fonds LifeStrategy de 52 milliards de livres sterling (70 milliards de dollars) à partir de fin mars.

Le géant des fonds réduira le « biais des maisons » à 20 %, contre 25 % pour les actions et de 35 % à 20 % pour le revenu fixe, ce qui devrait traduire environ 1,9 milliard de livres sterling en retrait des avoirs britanniques.

Cette mesure, bien que présentée comme une réponse à la demande des investisseurs pour une diversification mondiale, contredit directement la pression gouvernementale sur les gestionnaires d’actifs pour qu’ils canalisent des capitaux vers les marchés britanniques.

Vanguard a adouci la pilule en réduisant les frais à 0,20 % contre 0,22 %, à compter de la fin janvier.

Le rééquilibrage souligne la tension entre les objectifs politiques britanniques et le devoir fiduciaire des gestionnaires de fonds d’optimiser les rendements.

La manœuvre du Trésor européen

Malgré les menaces de droits de douane de Trump et les appels théoriques à une campagne « Vendre l’Amérique », les investisseurs européens ont accumulé agressivement des bons du Trésor américain tout au long de 2025, représentant 80 % de tous les achats étrangers d’avril à novembre, révèlent les données de Citi.

L’Europe a injecté environ 240 milliards d’euros dans la dette publique américaine durant cette période, atteignant des stocks records en novembre.

Pourtant, des fissures sont apparues cette semaine : le fonds de pension suédois Alecta a vendu la plupart de ses avoirs dans le Trésor, tandis que l’AkademikerPension danoise a annoncé son intention de liquider sa position d’ici la fin du mois, invoquant des préoccupations liées au risque de crédit.

Trump a rapidement averti d’une « grande représaille » si l’Europe se désinvestissait, tandis que le secrétaire au Trésor Bessent a rejeté la menace comme étant « sans importance ».

Les données suggèrent que les institutions européennes ont privilégié la demande de rendement et de refuges au détriment de la posture géopolitique, mais la pression politique croissante pourrait tester ce calcul.

L’Allemagne expulse un diplomate russe à cause d’un complot d’espionnage ukrainien

L’Allemagne a expulsé jeudi un diplomate russe et convoqué l’ambassadeur de Moscou, ce qui a intensifié les tensions à la manière de la guerre froide après avoir arrêté une femme germano-ukrainienne accusée d’avoir transmis des renseignements de défense classifiés à son agent du GRU à l’ambassade de Russie.

Les procureurs affirment qu’Ilona W. a exploité des contacts au sein du ministère de la Défense depuis novembre 2023 pour recueillir des données sensibles sur les livraisons d’armes, les sites de test de drones et les livraisons militaires prévues vers l’Ukraine.

Son présumé contacteur, identifié comme Andrei M. et officiellement attaché militaire adjoint, a reçu l’information sous de faux prétextes lors de rassemblements politiques.

Berlin lui a accordé 72 heures pour partir et a insisté sur une tolérance zéro pour l’espionnage sous couverture diplomatique.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a condamné l’opération comme « hostile », témoignant d’une détermination ferme contre les opérations de renseignement russes.

Deux anciens militaires allemands font également l’objet d’une enquête pour avoir potentiellement fourni du matériel classifié.