Explication : Pourquoi les États-Unis sont-ils confrontés à une nouvelle menace de fermeture du gouvernement ?

Explication : Pourquoi les États-Unis sont-ils confrontés à une nouvelle menace de fermeture du gouvernement ?
Devesh Kumar
26 janv. 2026, 16:24 PM
  • Les démocrates du Sénat menacent de bloquer le financement du DHS après que des agents fédéraux ont tué Alex Pretti à Minneapolis.
  • Avec une date limite de financement au 30 janvier, cette impasse pousse Washington à une fermeture partielle.
  • La Chambre a adopté un paquet de 1,2 billion de dollars, mais le Sénat a besoin de 60 voix pour le faire avancer.

Les États-Unis font une nouvelle fois face à une échéance de financement gouvernemental, et cette fois, le point chaud est une fusillade mortelle à des centaines de kilomètres de Washington.

Après que des agents fédéraux de l’immigration ont abattu l’infirmière Alex Pretti, 37 ans, à Minneapolis ce week-end, les démocrates du Sénat déclarent qu’ils bloqueront les nouveaux fonds pour le Département de la Sécurité intérieure.

Ce développement peut considérablement augmenter les chances que certaines parties du gouvernement américain ferment à l’expiration des financements le 30 janvier.

Que s’est-il passé : déclencheur, politique et l’horloge

Le point d’émotion immédiat est la fusillade de Minneapolis.

Des agents fédéraux de l’immigration ont tiré sur Pretti lors d’une opération en ville, la deuxième confrontation meurtrière impliquant des agents fédéraux dans le Minnesota ce mois-ci.

Ces incidents consécutifs ont déclenché des protestations et une vague de critiques visant l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et la Border Patrol, tous deux sous l’égide du Département de la Sécurité intérieure (DHS).

Le chef démocrate du Sénat, Chuck Schumer, ainsi qu’un nombre croissant de sénateurs démocrates, menace de bloquer le paquet de dépenses s’il continue de financer le DHS sans nouvelles contraintes sur l’application de l’immigration.

Leur conclusion est simple : soit exclure le DHS du projet de loi plus large et se battre séparément, soit réécrire le libellé du financement pour inclure des réformes plus strictes.

La réalité procédurale est que la Chambre a déjà adopté un paquet d’environ 1,2 billion de dollars qui finance le DHS, ainsi que le Pentagone et les principaux départements intérieurs.

Ce paquet est désormais au Sénat, et la date limite est proche : les législateurs doivent l’approuver avant que les fonds destinés à ces agences ne s’épuisent à minuit le vendredi 30 janvier.

Mais le faire avancer n’est pas aussi simple qu’un simple vote. Selon les règles du Sénat, la plupart des grands projets de loi de dépenses nécessitent 60 voix pour franchir cet obstacle.

Les républicains détiennent 53 sièges, ils auront donc besoin d’au moins sept démocrates pour faire passer cette décision.

La promesse de Schumer de refuser ces votes a transformé ce qui ressemblait à une fin de situation ordinaire en un véritable risque de blocage.

Ce qu’une fermeture partielle signifierait, et comment elle pourrait encore être évitée

Ce ne serait pas une répétition de la fermeture totale de 43 jours de l’an dernier.

Une grande partie du gouvernement fédéral est déjà financée par des projets de loi distincts, notamment le Département de l’Agriculture, les Anciens Combattants, la branche législative, ainsi que des agences telles que l’Agence de protection de l’environnement et le Département du Commerce.

Ces opérations se poursuivraient même si les négociations échouaient à nouveau.

Une interruption de financement aujourd’hui affecterait plutôt les agences qui comptent encore sur le paquet final.

Cela place des départements clés en ligne de feu : le DHS, qui supervise l’ICE, la Patrouille frontalière, l’Administration de la sécurité des transports (contrôle aéroportuaire) et certaines parties de la FEMA.

En termes pratiques, de nombreux travailleurs « essentiels », des agents de sécurité aéroportuaire aux agents de la patrouille frontalière, continueraient à se présenter, mais sans salaire jusqu’à ce que le Congrès décide de la situation.

Les calculs politiques sont extrêmement minces, car un petit bloc de démocrates modérés de la Chambre s’est déjà joint aux républicains pour faire adopter la loi de financement du DHS la semaine dernière.

Mais le Sénat, c’est une autre histoire. Plusieurs démocrates qui ont auparavant contribué à mettre fin aux fermetures avertissent désormais qu’ils voteront non à moins que le texte actuel du DHS ne change.

Cela leur donne un levier pour pousser à des réformes, mais augmente aussi le risque que le plan de financement plus large stagne.