DAX, CAC, STOXX chutent de plus de 3% alors que les tensions au Moyen-Orient s'intensifient

DAX, CAC, STOXX chutent de plus de 3% alors que les tensions au Moyen-Orient s'intensifient
Vatsala Gaur
03 mars 2026, 12:56 PM

Les actions européennes ont chuté à leur plus bas niveau en un mois mardi, alors que la correction des actions mondiales s'intensifiait.

Les investisseurs ont été ébranlés par la perspective d'un conflit prolongé au Moyen-Orient et par une nouvelle flambée des prix du pétrole qui pourrait raviver l'inflation dans la région.

L'indice paneuropéen STOXX 600 a reculé de 3,26 %, le plaçant en voie d'enregistrer sa plus forte baisse quotidienne depuis avril.

La vente a été généralisée, tous les secteurs évoluant en territoire négatif alors que les marchés sont passés nettement en mode aversion au risque.

Principaux indices à des creux de plusieurs semaines

Le DAX allemand a chuté de près de 4 %, touchant son niveau le plus bas depuis presque deux mois.

Le CAC 40 français a reculé de 3,12 %, tandis que l'IBEX 35 espagnol a plongé d'environ 4,5 %, atteignant un plus bas de plus de deux mois.

Le FTSE 100 de Londres a perdu 2,6 %.

Les valeurs financières ont subi le pire de la baisse.

L'indice bancaire a glissé jusqu'à un plus bas en près de trois mois, les prêteurs axés sur le Royaume‑Uni figurant parmi les plus touchés en raison des craintes d'exposition aux risques liés au Moyen‑Orient.

Les valeurs d'assurance se sont également nettement affaiblies, reculant de 3,9 %. Les valeurs énergétiques ont offert peu de refuge malgré la hausse des cours du brut.

Le secteur a reculé de 1,1 %, soulignant l'inquiétude des investisseurs sur le fait que des prix du pétrole plus élevés pourraient freiner la demande et la croissance plutôt que de simplement augmenter les bénéfices.

Les actions des secteurs du voyage et des compagnies aériennes sont restées sous pression soutenue.

La Lufthansa a perdu 4,6 %, IAG, propriétaire de British Airways, a reculé de 2,37 % et Air France‑KLM a reculé de 7 % alors que les craintes sur le coût du carburant et l'instabilité régionale s'accentuaient.

Choc pétrolier et craintes d'inflation

Les marchés sont troublés depuis que les États‑Unis et Israël ont lancé une campagne aérienne contre l'Iran pendant le week‑end, frappant Téhéran et tuant le Guide suprême Ali Khamenei.

L'Iran et son proxy le Hezbollah ont répondu par des actions de représailles, escaladant les tensions dans le Golfe.

La fermeture du détroit d'Ormuz a perturbé le trafic commercial à travers l'un des corridors énergétiques les plus vitaux au monde.

L'Europe, fortement dépendante des flux de pétrole et de gaz en provenance de la région, fait face au risque d'un nouveau choc énergétique.

Les investisseurs craignent que des prix du pétrole durablement plus élevés ne ravivent l'inflation à un moment où la croissance économique de la zone euro reste fragile.

Carsten Brzeski d'ING a déclaré que la zone euro était l'« économie majeure la plus exposée » aux retombées venant d'Iran, compte tenu de sa dépendance aux approvisionnements énergétiques régionaux.

Une flambée prolongée du brut compliquerait les perspectives tant pour la Banque centrale européenne que pour la Banque d'Angleterre.

« Beaucoup dépendra du prix du pétrole », a déclaré Jim Reid de Deutsche Bank.

« Toute hausse soutenue déclencherait sans aucun doute un mouvement d'aversion au risque plus marqué, mais sans cela, les marchés devraient assez rapidement revenir à l'attention portée aux données macroéconomiques et aux thèmes liés à l'IA. »

Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne, a déclaré au Financial Times qu'un conflit prolongé pourrait pousser l'inflation nettement plus haut tout en pesant sur la croissance de la zone euro.

Perspectives incertaines pour les marchés

Le président américain Donald Trump a fourni peu de détails sur la durée prévue des frappes, exposant des objectifs généraux liés à la lutte contre la menace nucléaire de l'Iran.

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a décrit la campagne comme n'étant pas « sans fin » mais l'a présentée comme une occasion générationnelle de remodeler le Moyen‑Orient.

Le secrétaire d'État Marco Rubio a averti que « les frappes les plus dures sont encore à venir. »

Pour l'instant, les investisseurs restent concentrés sur la possibilité d'une nouvelle escalation du conflit.

Une guerre prolongée risque de faire dérailler la reprise timide de l'Europe et de raviver des pressions inflationnistes que les responsables politiques n'ont que récemment maîtrisées.