L'Europe peut-elle, avec 200 milliards €, briser la domination chinoise des batteries ?

L'Europe peut-elle, avec 200 milliards €, briser la domination chinoise des batteries ?
Devesh Kumar
11 mai 2026, 12:39 PM

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Invezz
Capex européens des batteries et de la recharge — position longue

Acheter : Siemens Energy (ENR.DE) et/ou Schneider Electric (SU.PA). Le pipeline est concentré sur la production de batteries, les renforcements des réseaux électriques et la recharge publique — précisément les secteurs où la demande en équipements électriques et en électrification augmente à mesure que les usines et les réseaux de recharge se développent.

Risque clé : Des retards dans la mise en service des bornes de recharge et des usines poussent les opérateurs de réseaux et les constructeurs à reporter des capex, réduisant les commandes à court terme et les marges.

Exposition aux batteries CATL/Chine — position courte

Vente à découvert : Contemporary Amperex Technology (300750.SZ) et/ou BYD (1211.HK). L'Europe engage environ 120 milliards d'euros dans les usines de batteries et les usines automobiles, visant à combler l'écart où seulement ~1/3 des VE européens utilisent des batteries produites localement. Si l'Europe augmente son offre domestique, la part de la Chine risque de subir des pressions sur les prix et des risques de volume dans l'UE.

Risque clé : L'essor des batteries en Europe échoue (retards de permis, d'investissement en capital, ou renversement de politique), permettant aux fournisseurs chinois de conserver leurs volumes et marges dans l'UE.

  • L'Europe a engagé près de 200 milliards d'euros pour développer son écosystème de VE.
  • L'Allemagne représente près d'un quart des investissements européens dans les VE.
  • Les usines de batteries et la fabrication de VE constituent la plus grande part des dépenses.

Près de 200 milliards d'euros devraient être engagés dans l'Espace économique européen et en Suisse pour développer l'écosystème des véhicules électriques, soulignant l'ampleur des efforts de la région pour renforcer sa position dans les batteries, la production automobile et les infrastructures de recharge.

Selon une nouvelle étude, la majeure partie des investissements prévus devrait se diriger vers les usines de batteries, les usines automobiles et les réseaux de recharge publics.

L'Allemagne représente la plus grande part nationale, absorbant 23 % du total, ce qui reflète à la fois son importance pour la base industrielle européenne et son rôle central dans la transition automobile de la région.

Où vont les fonds

La majeure partie du capital est dirigée vers les éléments clés de la chaîne d'approvisionnement des VE.

La production de batteries et les projets liés à la chaîne d'approvisionnement, ainsi que la fabrication de véhicules, représentent environ 120 milliards d'euros du total du pipeline, en faisant le principal objet de cette vague d'investissements.

Cette concentration est importante car l'Europe tente depuis longtemps de réduire sa dépendance à la technologie de batteries importée tout en garantissant que ses constructeurs automobiles restent compétitifs lors du passage des moteurs à combustion aux modèles électriques.

Les infrastructures de recharge publiques attirent également une part substantielle des dépenses prévues, reflétant la nécessité de soutenir l'adoption des VE non seulement par la capacité de fabrication, mais aussi par l'utilisabilité au quotidien.

Le panorama des investissements suggère que l'Europe ne se concentre plus uniquement sur la stimulation des ventes de VE.

Elle cherche aussi à sécuriser l'ossature industrielle qui sous-tend le marché, depuis le traitement des matières premières et l'assemblage des batteries jusqu'à la production finale des véhicules et l'accès des consommateurs à la recharge.

La course aux batteries en Europe

Le contexte général reste cependant difficile.

La Chine a fabriqué plus de 80 % des batteries mondiales en 2025, y compris celles utilisées dans les transports et le stockage d'énergie, ce qui illustre l'avance qu'elle conserve dans la course mondiale aux batteries.

En revanche, seulement environ un tiers des VE vendus en Europe utilisent actuellement des batteries produites sur le continent.

Ce différentiel préoccupe depuis longtemps les décideurs et les groupes industriels, qui estiment que l'Europe risque de perdre à la fois capacité industrielle et autonomie stratégique à moins de renforcer sa base nationale de production de batteries.

Pourtant, le pipeline annoncé indique un changement significatif.

Si tous les projets prévus sont menés à terme, l'Europe pourrait en théorie répondre à la demande future en batteries depuis la région.

Cela représenterait une amélioration substantielle de l'autosuffisance, même si le risque de non-réalisation reste élevé et que les calendriers varient fortement d'un marché à l'autre.

L'Allemagne en tête de l'effort régional

L'Allemagne se distingue comme le principal bénéficiaire des dépenses prévues, absorbant près d'un quart du total.

Cela reflète sa base manufacturière étendue, son important secteur automobile national et son rôle de pôle pour la chaîne d'approvisionnement européenne au sens large.

Nombre des plus grands fabricants mondiaux de batteries ont déjà établi une présence sur son sol, tandis que les constructeurs automobiles allemands investissent massivement dans la transition vers la mobilité électrique.

La position du pays en a fait un aimant naturel pour le capital alors que l'Europe tente d'accroître à la fois la production de batteries et l'assemblage de véhicules.

La France et l'Espagne apparaissent également comme des destinations importantes, notamment pour la recharge des VE.

Toutefois, le déploiement reste inégal à travers la région, et cette inégalité pourrait devenir un frein si les réseaux de recharge ne suivent pas le rythme des ambitions de production.

Risques réglementaires et d'exécution

La politique jouera un rôle majeur pour déterminer si le pipeline d'investissements se traduit par une véritable puissance industrielle.

L'approche de la Commission européenne concernant l'arrêt des ventes de voitures neuves à moteur à combustion en 2035 a rencontré l'opposition de pays dont l'Allemagne, l'Italie et plusieurs États d'Europe centrale et orientale, montrant que la voie réglementaire reste contestée.

Même avec cette incertitude, plus de la moitié des investissements suivis proviennent de pays qui ont contesté des éléments du cadre 2035, ce qui suggère que l'industrie est toujours prête à engager des capitaux malgré les frictions politiques.

Le groupe de campagne E-Mobility Europe affirme que ces investissements ont déjà permis la création de plus de 150 000 emplois dans les pays de l'Espace économique européen, et que 300 000 emplois supplémentaires sont possibles si tous les projets annoncés se concrétisent.

Cela offre à l'Europe une opportunité claire, mais pas un résultat garanti.

La vitesse de mise en service des projets, la cohérence des investissements en matière de recharge et la stabilité des politiques détermineront si la région peut transformer un important pipeline de capitaux en une base durable de production et d'infrastructures pour VE.