Pourquoi Nvidia et Washington misent désormais massivement sur le quantique

Pourquoi Nvidia et Washington misent désormais massivement sur le quantique
Devesh Kumar
22 mai 2026, 10:34 AM

propulsé par

Invezz
Nvidia (NVDA)

Acheter NVDA. Cette actualité n'est pas seulement de « l'engouement quantique » — c'est une vague de financements qui fait de l'infrastructure hybride quantique‑classique le goulot d'étranglement. Nvidia positionne CUDA-Q, DGX Quantum et NVQLink comme la couche de contrôle/logiciels dont chaque système quantique aura besoin, à l'image de son rôle pour l'IA. Les financements publics et le déploiement des start‑ups augmentent la demande pour le calcul classique, l'orchestration et les outils que vend Nvidia.

Risque clé : Le progrès quantique marque le pas, empêchant l'extension des systèmes hybrides et réduisant la demande pour la couche d'infrastructure quantique de Nvidia.

Bénéficiaires des fonderies quantiques (IBM)

Acheter IBM. Le financement de type CHIPS pour les fonderies quantiques (IBM pressenti pour ~$1B) indique une fabrication et une intégration à l'échelle industrielle sur le long terme. Cela devrait se traduire par davantage de déploiements concrets, une demande clientèle accrue pour la pile quantique d'IBM et une probabilité plus élevée qu'IBM devienne un fournisseur de référence pour la production et les services quantiques tolérants aux fautes.

Risque clé : La fabrication quantique tolérante aux fautes prendrait des années de retard, si bien que les fonds alloués aux fonderies ne se convertiraient pas en systèmes utilisables générant des revenus.

  • NVentures de Nvidia soutient Alice & Bob, élargissant ses paris sur le matériel quantique.
  • Washington prévoit $2.013B pour neuf entreprises et fonderies quantiques.
  • McKinsey prévoit que le marché quantique atteindra $60B-$100B d'ici 2035, alors que la demande augmente.

L'informatique quantique passe rapidement d'un pari de recherche à long terme à une véritable course à l'infrastructure.

La branche de capital‑risque de Nvidia a soutenu Alice & Bob, une start‑up française qui travaille sur du matériel quantique moins sujet aux erreurs, au moment même où Washington a décidé d'injecter environ 2 milliards USD (env. 1,7 milliards €) dans neuf entreprises quantiques.

Le calendrier n'était pas accidentel : cette vague d'investissements reflète la prise de conscience croissante que l'infrastructure informatique devient de plus en plus cruciale pour les économies modernes.

La discrète frénésie d'achats quantiques de Nvidia

Nvidia ne cherche pas à construire le meilleur ordinateur quantique du monde.

Sa stratégie est plus subtile, et potentiellement plus puissante : construire la couche dont chaque ordinateur quantique aura besoin pour se brancher.

Au cours de l'année écoulée, la branche d'investissement de Nvidia, NVentures, a financé une gamme d'approches quantiques, notamment QuEra, Quantinuum, PsiQuantum et désormais Alice & Bob.

Ces entreprises poursuivent différents types de qubits, ces unités fragiles qui contiennent l'information quantique, mais la mise de Nvidia couvre l'ensemble du domaine.

Au cœur de cette stratégie se trouve CUDA-Q, la plateforme open source de Nvidia pour le calcul hybride quantique‑classique, où CPU, GPU et processeurs quantiques travaillent ensemble.

Son système DGX Quantum et la plus récente architecture NVQLink portent la même idée : les machines quantiques de demain auront toujours besoin de supercalculateurs classiques pour les contrôler, corriger les erreurs et les rendre utilisables.

L'analyste de Motley Fool, Chris Neiger, l'a formulé clairement : Nvidia prépare le terrain pour devenir la « couche d'infrastructure de facto » de l'informatique quantique, tout comme elle est devenue fondamentale pour l'IA. Alice & Bob semblent partager ce point de vue.

L'entreprise a déclaré que l'avenir du quantique sera « hybride, combinant calcul quantique et classique pour résoudre des problèmes concrets ».

Pourquoi Washington signe un chèque de 2 milliards de dollars

La décision du gouvernement américain dépasse une simple subvention technologique. C'est une politique industrielle à portée géopolitique.

Le Département du Commerce a annoncé jeudi avoir signé neuf lettres d'intention pour fournir 2 milliards USD (env. 1,8 milliards €) d'incitations dans le cadre du CHIPS and Science Act.

Ces fonds visent à renforcer la fabrication nationale de technologies quantiques et à accélérer les travaux sur des ordinateurs quantiques tolérants aux fautes, c'est‑à‑dire des machines suffisamment fiables pour résoudre de véritables problèmes commerciaux et de sécurité nationale.

IBM doit recevoir 1 milliards USD (env. 872,3 millions €) pour établir une filiale de fonderie quantique.

GlobalFoundries est pressenti pour 375 millions USD (env. 327,1 millions €). Atom Computing, D-Wave, Infleqtion, PsiQuantum, Quantinuum et Rigetti devraient chacun recevoir environ 100 millions USD (env. 87,2 millions €), tandis que Diraq pourrait obtenir jusqu'à 38 millions USD (env. 33,1 millions €).

Washington prendra des participations minoritaires sans droit de contrôle dans chacune de ces entreprises, étendant la stratégie déjà appliquée à des secteurs stratégiques comme les semi‑conducteurs et les terres rares.

L'urgence est facile à comprendre : l'informatique quantique pourrait reshaper la découverte de médicaments, la science des matériaux, la cryptographie, la finance et la défense.

Le Quantum Technology Monitor 2026 de McKinsey qualifie le secteur de « point de basculement commercial » et projette que le marché quantique intérieur pourrait atteindre 60 milliards USD (env. 52,3 milliards €) à 100 milliards USD (env. 87,2 milliards €) d'ici 2035, la seule informatique quantique représentant 43 milliards USD (env. 37,5 milliards €) à 71 milliards USD (env. 61,9 milliards €).