Google sur le point de se séparer ? Le ministère américain de la Justice envisage une mesure historique pour mettre un terme à un « monopole illégal »

Google sur le point de se séparer ? Le ministère américain de la Justice envisage une mesure historique pour mettre un terme à un « monopole illégal »
Vatsala Gaur
14 août 2024, 11:19 AM
  • Le ministère de la Justice pourrait forcer Google à céder Android et Chrome.
  • La décision a conclu que Google monopolisait la recherche en ligne et les annonces textuelles de recherche.
  • Les solutions pourraient inclure le partage des données et la prévention de la domination des produits d’IA.

Dans un geste audacieux, le ministère américain de la Justice envisage une tentative rare de démanteler Google, filiale d'Alphabet Inc., à la suite d'une décision de justice historique qui a déclaré que la société avait monopolisé le marché de la recherche en ligne, selon un rapport de Bloomberg.

Cette action potentielle marque la première initiative significative de Washington visant à démanteler une grande entreprise pour monopolisation illégale depuis les tentatives de démantèlement de Microsoft Corp. il y a deux décennies.

Les actions d'Alphabet ont chuté jusqu'à 2,5% à 160,11 $ après les heures normales de négociation avant d'effacer certaines pertes.

Un procès distinct prévu le 4 septembre déterminera les sanctions ou les recours auxquels Google devra faire face.

Échec du procès antitrust contre le précurseur américain des discussions

Plus tôt ce mois-ci, Google a perdu un procès antitrust historique contre le ministère de la Justice après que le juge fédéral Amit Mehta a statué que le géant de la technologie avait construit un « monopole illégal » sur le secteur de la recherche et de la publicité en ligne.

Elle a notamment constaté que Google avait enfreint les lois antitrust en concluant des accords exclusifs avec des fabricants d'appareils comme Apple et Samsung, dans le cadre desquels Google paierait des milliards de dollars (26 milliards de dollars rien qu'en 2021) pour garantir que son produit soit le moteur de recherche par défaut sur leurs téléphones et tablettes.

La décision du juge Amit Mehta du 5 août a intensifié les discussions au sein du ministère de la Justice, soulignant la domination illégale de Google dans la recherche en ligne et les annonces textuelles de recherche.

Google a déclaré qu'il ferait appel de cette décision, mais Mehta a ordonné aux deux parties de commencer à planifier la deuxième phase de l'affaire, qui impliquera les propositions du gouvernement pour rétablir la concurrence, y compris une éventuelle demande de scission.

Des projets de cessions sur la table

Les cessions potentielles envisagées incluent le système d'exploitation Android et le navigateur Web de Google, Chrome, a déclaré Bloomberg.

Le juge Mehta a estimé que Google exigeait que les fabricants d'appareils signent des accords pour accéder à ses applications, telles que Gmail et le Google Play Store, ce qui impose à son tour l'installation du widget de recherche de Google et du navigateur Chrome de manière non supprimable.

Cela étouffe efficacement la concurrence des autres moteurs de recherche.

Les autorités envisagent également de tenter de forcer une éventuelle vente d'AdWords, la plateforme que l'entreprise utilise pour vendre de la publicité textuelle, afin d'atténuer sa domination dans le domaine, ont indiqué des sources à l'agence de presse.

AdWords a contribué à plus de 100 milliards de dollars de revenus en 2020.

Les plans moins sévères incluent le partage de données avec des concurrents

Des mesures moins sévères incluent l'obligation pour Google de partager davantage de données avec ses concurrents, a déclaré Bloomberg.

La décision du juge Mehta a souligné que les contrats de Google sécurisent la majorité des données des utilisateurs, 16 fois plus que son concurrent le plus proche, ce qui empêche ses rivaux d'améliorer leurs algorithmes de recherche.

Exiger de Google qu'il mette ses données à disposition de ses concurrents comme Bing ou DuckDuckGo de Microsoft pourrait renforcer la concurrence et l'innovation sur le marché de la recherche.

Une approche similaire a été adoptée dans l’affaire antitrust de 1956 contre AT&T, qui obligeait l’entreprise à fournir des licences libres de droits pour ses brevets, et dans l’affaire de 2001 contre Microsoft, qui imposait de mettre certaines API à la disposition de tiers gratuitement.

Inquiétudes concernant l'intelligence artificielle de Google

Les inquiétudes concernant la domination de Google s’étendent au développement de la technologie de l’intelligence artificielle (IA).

Le ministère de la Justice a tiré la sonnette d'alarme sur le fait que le contrôle de Google sur la recherche en ligne confère un avantage injuste dans le développement de l'IA.

Les sites Web ont toujours permis au robot d'indexation de Google d'indexer leur contenu pour qu'il apparaisse dans les résultats de recherche. Cependant, ces données sont également utilisées pour former les modèles d'IA de Google.

Récemment, Google a introduit un outil permettant aux sites Web de bloquer le scraping de données spécifiquement pour l'IA, mais cette option de retrait ne s'applique pas à toutes les données utilisées pour le développement de l'IA.

Les aperçus de l'IA de Google, les réponses narratives aux requêtes de recherche, s'appuient sur les résultats de recherche et présentent des informations résumées.

Ces aperçus, qui sont intégrés à la fonction de recherche, ne peuvent pas être désactivés par les éditeurs de sites Web, ce qui soulève des inquiétudes supplémentaires quant à l'influence de Google sur le contenu Web.

La voie à suivre et les implications

Si le ministère de la Justice décide de procéder à une scission, le plan devra être approuvé par le juge Mehta, qui ordonnera ensuite à Google de s'y conformer.

Les avocats du ministère de la Justice ont consulté les entreprises affectées par les pratiques de Google pour évaluer l'ampleur de l'impact monopolistique et les recours potentiels.

Quelle que soit la ligne de conduite spécifique adoptée, l’objectif du gouvernement reste de rétablir l’équilibre concurrentiel dans le secteur technologique.

Cela pourrait impliquer d’interdire les contrats exclusifs qui étouffent la concurrence et de garantir que Google ne domine pas injustement les marchés émergents comme l’IA.

L’issue de cette affaire antitrust historique contre Google pourrait créer un précédent important, influençant la manière dont les marchés numériques sont réglementés et garantissant que la concurrence et l’innovation prospèrent dans un secteur technologique en évolution rapide.