Banque mondiale : les pays les plus pauvres confrontés à la pire crise financière depuis 2006

Banque mondiale : les pays les plus pauvres confrontés à la pire crise financière depuis 2006
Diya Poddar
14 oct. 2024, 12:13 PM
  • Le revenu par habitant dans ces économies a chuté de 14 % entre 2020 et 2024, malgré la reprise économique mondiale.
  • Au cours des 12 dernières années, les catastrophes naturelles ont entraîné des pertes annuelles du PIB de 2 % dans les économies à faible revenu.
  • En 2022, l’aide publique au développement en pourcentage du PIB a atteint son plus bas niveau depuis 21 ans, aggravant la crise.

La Banque mondiale a tiré la sonnette d'alarme sur la situation désastreuse à laquelle sont confrontés les 26 pays les plus pauvres du monde, qui sont actuellement plus endettés que jamais depuis 2006.

Selon le dernier rapport, ces économies à faible revenu sont plus vulnérables que jamais aux chocs, notamment aux catastrophes naturelles, et peinent à se remettre de l’impact du Covid-19.

Malgré la reprise économique mondiale, ces pays sont confrontés à une baisse des revenus et à un grave manque d’investissement, ce qui les rend mal équipés pour atteindre les objectifs de développement cruciaux d’ici 2030.

Les niveaux d'endettement des pays les plus pauvres atteignent leur plus haut niveau depuis 17 ans

Dans son dernier rapport, la Banque mondiale révèle que le revenu par habitant dans les économies les plus pauvres a chuté en moyenne de 14 % entre 2020 et 2024, en grande partie à cause des effets en cascade du Covid-19.

Alors que le reste du monde a rebondi, ces nations continuent de prendre du retard, avec des reculs importants en matière de création d’emplois, d’éducation, de soins de santé et d’infrastructures de base telles que l’électricité et l’eau potable.

Le rapport souligne qu’à moins que des mesures urgentes ne soient prises, ces économies auront non seulement du mal à atteindre les objectifs de développement, mais risqueront également de sombrer davantage dans la pauvreté.

Selon la Banque mondiale, les économies à faible revenu auront besoin d’un investissement annuel supplémentaire de 8 % de leur PIB d’ici 2030 pour atteindre leurs principaux objectifs de développement.

Ce chiffre représente le double de l’investissement moyen au cours de la dernière décennie, ce qui souligne l’ampleur de la crise.

Le rapport estime que cela se traduira par près de 5 000 milliards de dollars de financement supplémentaire au cours des six prochaines années.

Toutefois, cela survient à un moment où l’aide internationale au développement est en déclin.

En 2022, l’aide publique au développement est tombée à son plus bas niveau depuis 21 ans, soit 7 % du PIB.

Les catastrophes naturelles frappent plus durement les pays à faible revenu, entraînant en moyenne 2 % de pertes annuelles du PIB

Les catastrophes naturelles font des ravages considérables dans les économies les plus pauvres du monde, avec des pertes s'élevant en moyenne à 2 % du PIB chaque année entre 2011 et 2023, indique le rapport.

Ce chiffre est cinq fois plus élevé que les pertes moyennes subies par les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure.

Le fardeau financier de l’adaptation au changement climatique est également cinq fois plus lourd pour les pays à faible revenu, leur coûtant environ 3,5 % du PIB par an.

Alors que ces économies continuent de supporter le poids des catastrophes liées au climat, elles dépendent de plus en plus de l’aide internationale pour financer des mesures d’adaptation essentielles.

Malgré le besoin urgent d’investissement, le rapport de la Banque mondiale montre que l’aide publique au développement nette en pourcentage du PIB est tombée à son niveau le plus bas depuis plus de deux décennies.

Alors que l’aide au développement devrait tomber à 7 % du PIB en 2022, les pays à faible revenu sont contraints de s’appuyer sur des ressources limitées pour faire face aux crises croissantes auxquelles ils sont confrontés.

Le rapport appelle à un engagement renouvelé en faveur de la coopération internationale, notamment par un soutien accru à l’Association internationale de développement (IDA).

La Banque mondiale appelle à un soutien mondial urgent pour stimuler le développement

La Banque mondiale a exhorté les pays les plus riches à intensifier leurs efforts et à apporter un soutien plus fort pour aider ces économies à se redresser.

Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque, a présenté plusieurs réformes internes que les pays à faible revenu pourraient poursuivre, telles que l'élargissement de leur assiette fiscale et l'amélioration de l'efficacité des dépenses publiques.

Il a également souligné que ces efforts ne seraient pas suffisants sans aide extérieure.

Le rapport souligne la nécessité d’une plus grande coopération internationale en matière de commerce et d’investissement et d’un engagement plus fort en faveur du financement de l’IDA, qui a été une bouée de sauvetage pour nombre de ces économies en difficulté.