Le PIB britannique se contracte : que cela signifie pour l’économie et le nouveau gouvernement

Le PIB britannique se contracte : que cela signifie pour l’économie et le nouveau gouvernement
Deepali Singh
13 déc. 2024, 10:06 AM
  • L'économie britannique s'est contractée pour le deuxième mois consécutif en octobre, défiant les attentes de croissance.
  • L'économie n'a connu de croissance que dans un seul des quatre mois depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste.
  • Des secteurs clés comme les services, la fabrication et la construction ont tous connu des baisses.

L'économie britannique s'est contractée de manière inattendue pour le deuxième mois consécutif en octobre, une évolution préoccupante qui met en évidence les défis économiques auxquels est confronté le nouveau gouvernement travailliste dirigé par le Premier ministre Keir Starmer.

Les dernières données de l'Office for National Statistics (ONS) révèlent une baisse de 0,1 % du produit intérieur brut (PIB), après une baisse similaire le mois précédent.

Cette baisse a défié les attentes des économistes qui prévoyaient une hausse de 0,1 %, provoquant une vague d'inquiétude sur les marchés et entraînant une baisse de la livre.

Cela est particulièrement inquiétant car cela suggère un ralentissement de la progression économique alors que le nouveau gouvernement navigue dans un paysage complexe.

Le programme économique du Parti travailliste fait face à des vents contraires dès le début

La contraction d'octobre marque un début difficile pour le Parti travailliste, l'économie n'ayant connu de croissance que dans l'un des quatre mois depuis sa victoire écrasante du 4 juillet.

Ce début chancelant représente un défi important pour les objectifs économiques ambitieux du parti.

Alors que le Parti travailliste s’est engagé à améliorer les conditions de vie et à atteindre la croissance soutenue la plus élevée parmi les pays du G7, les économistes voient cette promesse avec scepticisme compte tenu du climat économique actuel.

Les dernières données montrent que le secteur des services, un moteur économique majeur, est resté stable pour le deuxième mois consécutif, tandis que la production manufacturière et la construction ont toutes deux décliné, ce qui indique une faiblesse généralisée dans divers secteurs.

Refroidissement du marché du travail et pressions sur le coût de la vie

Le nouveau gouvernement travailliste est confronté à une multitude de vents contraires économiques.

Le marché de l’emploi se refroidit, les coûts des prêts hypothécaires et de l’énergie continuent d’augmenter et les entreprises envisagent de répercuter l’impact d’une augmentation substantielle de la taxe sur les salaires sur les consommateurs, éventuellement en augmentant les prix ou en supprimant des emplois.

Une récente enquête a également révélé que la confiance des consommateurs restait faible en décembre.

L’économie est stagnante depuis les élections, ce qui ajoute à la pression sur le nouveau gouvernement.

De plus, le risque de perturbations du commerce mondial découlant d’un éventuel retour de Donald Trump à la Maison Blanche constitue un défi supplémentaire qui pourrait affaiblir encore davantage l’économie mondiale.

La consommation des ménages baisse en raison des craintes budgétaires

Un facteur important contribuant au ralentissement économique a été la baisse notable des services destinés aux consommateurs, qui ont enregistré une baisse de 0,6 % de leur production.

Le secteur des loisirs a été particulièrement touché, les pubs et les restaurants ayant enregistré une baisse de 2 %, ce qui indique que les ménages ont probablement restreint leurs dépenses en prévision d’une éventuelle pression budgétaire.

Bien que la majeure partie des 40 milliards de livres sterling (50,6 milliards de dollars) d’augmentations d’impôts aient finalement été imposées aux entreprises plutôt qu’aux consommateurs, l’inquiétude initiale semble avoir freiné les dépenses en octobre.

Le gouvernement reconnaît la déception et s'engage à la croissance

La chancelière Rachel Reeves a reconnu les chiffres décevants dans une déclaration, affirmant la détermination du gouvernement à « assurer une croissance économique car une croissance plus élevée signifie une augmentation du niveau de vie pour tout le monde ».

Le ralentissement brutal de l’économie depuis l’arrivée au pouvoir de Starmer, illustré par une expansion de seulement 0,1 % au troisième trimestre après une hausse remarquable de 1,2 % au premier semestre, suscite des inquiétudes quant au quatrième trimestre dans son ensemble.

Alors que les prévisions actuelles suggèrent une croissance de 0,3 % à 0,4 % sur les deux prochaines années, la contraction d’octobre soulèvera des questions sur ces prévisions.