Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol arrêté lors d'une opération spectaculaire

Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol arrêté lors d'une opération spectaculaire
Vatsala Gaur
15 janv. 2025, 07:47 AM
  • Le président sud-coréen destitué Yoon Suk Yeol arrêté dans le cadre d'une enquête sur la loi martiale.
  • Les forces de l'ordre ont fait face à une résistance au sein du complexe présidentiel avant d'exécuter le mandat.
  • La Cour constitutionnelle délibère sur la destitution de Yoon alors que ses partisans et ses critiques s'affrontent.

Dans un geste sans précédent, le président sud-coréen destitué, Yoon Suk Yeol, a été arrêté mercredi matin à sa résidence présidentielle à Séoul, devenant ainsi le premier dirigeant sud-coréen en exercice à être arrêté pour être interrogé par des enquêteurs criminels.

L'opération a suivi des semaines de défiance de la part de Yoon, qui avait résisté à plusieurs convocations pour être interrogé sur sa controversée déclaration de loi martiale le mois dernier.

Les autorités ont exécuté le mandat d'arrêt après une confrontation dramatique dans le complexe.

Le Bureau d'enquête sur la corruption des hauts fonctionnaires (CIO) a confirmé la détention de Yoon après que des centaines d'agents de la loi aient pénétré dans les locaux.

Dans un message vidéo préenregistré, Yoon a accusé le gouvernement de persécution politique, déclarant que « l'État de droit s'est complètement effondré dans ce pays ».

Ses avocats avaient auparavant tenté de négocier un processus d'interrogatoire volontaire, mais l'agence anti-corruption a rejeté la proposition, invoquant l'urgence de l'enquête.

L'opération de détention tendue de Yoon

L'opération de détention, menée aux premières heures de la matinée, a impliqué l'escalade de barricades et le retrait de barrages de fortune créés par le service de sécurité présidentiel de Yoon.

Les rangées d'autocars garés à l'entrée du complexe ont été évacuées par la police à l'aide d'échelles, tandis qu'une porte marquée d'or menant à la résidence de Yoon a été forcée.

L'impasse tendue a duré des heures, le vice-Premier ministre Choi Sang-mok appelant au calme et exhortant les forces de l'ordre à éviter les affrontements avec les agents de sécurité du président.

Après avoir sécurisé le périmètre, les enquêteurs ont escorté Yoon dans un convoi de SUV noirs en direction du siège du CIO à Gwacheon.

La déclaration de loi martiale déclenche une crise

La crise découle de la déclaration de loi martiale par Yoon le 3 décembre, lors d'une impasse avec l'Assemblée nationale dominée par l'opposition.

Yoon a déployé des forces militaires pour empêcher les députés d'entrer à l'Assemblée, les accusant de faire obstacle à sa gouvernance.

L'ordre de loi martiale a été levé quelques heures après que les législateurs aient réussi à se réunir et à annuler la mesure.

Le 14 décembre, l'Assemblée nationale a destitué Yoon, suspendant ses pouvoirs présidentiels et l'accusant de rébellion.

La Cour constitutionnelle délibère depuis sur la question de savoir s'il faut maintenir la destitution ou rétablir Yoon.

La Corée du Sud divisée sur les actions de Yoon

La détention de Yoon a polarisé la nation. Ses partisans se sont rassemblés près de sa résidence, dénonçant l'enquête comme illégale et politiquement motivée.

Pendant ce temps, les critiques ont réclamé son emprisonnement, arguant que sa déclaration de loi martiale était un abus de pouvoir.

L'agence anti-corruption a accusé Yoon d'avoir tenté de subvertir le processus démocratique et s'est engagée à tenir responsables toutes les personnes qui entravent l'enquête.

Le mandat d'arrêt, délivré par le tribunal de district ouest de Séoul, reste valable jusqu'au 21 janvier.

La Cour constitutionnelle a le dernier mot

Alors que la nation regarde, la Cour constitutionnelle poursuit ses travaux.

Alors que Yoon a refusé d'assister à l'audience initiale mardi, le procès se poursuivra, la prochaine session étant prévue jeudi.

L’avenir politique de la Corée du Sud est en jeu alors que le tribunal délibère d’une décision qui pourrait soit rétablir Yoon au pouvoir, soit le destituer définitivement.