Le temps chaud menace la production russe de blé en 2025 malgré des prévisions stables

Le temps chaud menace la production russe de blé en 2025 malgré des prévisions stables
Sayantan Sarkar
22 janv. 2025, 17:14 PM
  • Les perspectives de production de blé de la Russie pour 2025 restent inchangées à 78,7 millions de tonnes métriques, selon SovEcon.
  • Le temps chaud a réduit la couverture neigeuse, laissant les cultures de blé vulnérables aux dommages causés par le gel et à la mort hivernale.
  • La formation de croûtes de glace et les mauvaises conditions de culture au début de l’hiver constituent des menaces supplémentaires pour la production de blé.

La production de blé en Russie devrait atteindre 78,7 millions de tonnes métriques en 2025.

Cette prévision, qui reste inchangée par rapport aux précédentes prévisions de SovEcon, représente une baisse par rapport aux 82,4 millions de tonnes métriques produites l'année dernière.

La hausse des températures présente des risques

Le temps anormalement chaud qui règne actuellement en Russie n’a pas encore eu d’impact majeur sur les cultures de blé, mais le risque de dommages potentiels reste élevé.

Les températures élevées pourraient faire mûrir le blé trop rapidement, le rendant plus vulnérable aux dommages causés par le gel si le temps redevient plus froid.

De plus, le temps plus chaud pourrait entraîner une augmentation des ravageurs et des maladies, ce qui pourrait endommager davantage la récolte.

Bien que la situation actuelle ne soit pas encore critique, il est important de surveiller la situation de près et d’être prêt à prendre des mesures si nécessaire pour protéger la récolte de blé.

Impact sur la couverture neigeuse

Le temps exceptionnellement chaud enregistré en Russie a eu un impact significatif sur la couverture neigeuse qui s'était accumulée à la fin de l'année dernière.

Dans les régions centrales de la Russie, ce temps chaud a provoqué un amincissement considérable de la couverture neigeuse.

Pendant ce temps, dans les régions méridionales du pays, la neige a complètement disparu en raison des températures plus élevées.

Contrairement à ces régions, la région de la Volga a maintenu un niveau relativement élevé de couverture neigeuse, malgré le temps anormalement chaud.

La hausse inhabituelle des températures du sol dans les régions du Centre et du Sud a déclenché une végétation précoce dans les cultures d’hiver.

Cette anomalie constitue une menace sérieuse pour la survie des cultures.

Si des gelées surviennent pendant cette phase de végétation inhabituelle ou s'il n'y a pas suffisamment de neige pour isoler les cultures, elles pourraient subir des dégâts hivernaux, entraînant des pertes de récolte importantes, selon SovEcon.

Le manque de couverture neigeuse est particulièrement préoccupant car il laisse les cultures vulnérables aux conditions hivernales rigoureuses et aux extrêmes fluctuations de température.

Risques liés à la formation de croûte

Andrey Sizov, directeur général de SovEcon, a déclaré :

La formation de croûtes de glace dans le Centre constitue un risque important pour la productivité agricole.

Ce phénomène se produit lorsque la neige fondue se recongèle, créant une couche de glace dure sur le sol.

Cette croûte de glace peut avoir des effets néfastes sur les cultures d’hiver, en entravant leur croissance et leur développement, et en entraînant finalement des pertes de rendement substantielles.

Ces dernières années, la gravité et la fréquence de la formation de croûtes de glace ont augmenté, entraînant des difficultés économiques importantes pour les agriculteurs de la région touchée.

Le changement climatique, avec ses conditions météorologiques erratiques et ses températures fluctuantes, est probablement un facteur contribuant à cette problématique croissante.

À mesure que les températures montent et descendent, la couche de neige fond et se congèle à plusieurs reprises, augmentant ainsi la probabilité de formation d’une croûte de glace.

Ce numéro met en évidence le besoin urgent de stratégies d’adaptation dans l’agriculture pour atténuer les impacts du changement climatique et protéger la sécurité alimentaire.

Les cultures sont en mauvais état

Les estimations de SovEcon, basées sur les données de Roshydromet (RHM), révèlent qu'environ 37 % des cultures étaient en mauvais état en novembre.

Il s’agit du pourcentage le plus élevé enregistré au cours des 20 dernières années et indique que les plantes sont entrées dans la saison hivernale dans un état nettement plus mauvais que d’habitude.

Sizov a ajouté :