La menace d'un tarif de 25 % de Trump plane sur le commerce nord-américain de 1,6 billion de dollars – voici ce qui est en jeu
- La mesure devrait entrer en vigueur à partir du samedi 1er février.
- Cela pourrait exacerber les tensions entre les trois puissances économiques – États-Unis, Mexique et Canada.
- Les tarifs imminents pourraient déclencher des hausses de prix importantes sur les biens essentiels aux États-Unis.
Les entreprises, les consommateurs et les agriculteurs nord-américains se préparent à un important bouleversement économique alors que l'ancien président américain Donald Trump s'apprête à imposer des droits de douane de 25 % sur les importations en provenance du Canada et du Mexique.
Cette mesure, qui doit entrer en vigueur samedi, menace de perturber près de 1,6 billion de dollars d'échanges annuels, aggravant les tensions entre les trois puissances économiques.
La décision de Trump est motivée par les demandes de contrôles migratoires plus stricts et de mesures plus sévères contre le trafic de fentanyl, des questions qu'il affirme être essentielles à la sécurité nationale américaine.
Cependant, les tarifs imminents pourraient déclencher des hausses de prix importantes sur des biens essentiels, de l'alimentation aux automobiles, tout en suscitant des mesures de représailles de la part des partenaires commerciaux de l'Amérique.
Incertitude quant à la mise en œuvre et aux retombées économiques
Malgré l'échéance ferme fixée par Trump, les experts du secteur restent incertains quant à savoir si le tarif complet de 25 % sera imposé immédiatement ou déployé progressivement.
La Maison Blanche a indiqué que même s'ils étaient annoncés, les tarifs pourraient nécessiter un préavis de deux à trois semaines avant que les douanes et la protection des frontières américaines ne puissent commencer à les percevoir.
Les entreprises et les groupes commerciaux surveillent de près si les négociations avec le Canada et le Mexique pourraient entraîner un retard ou des exemptions potentielles.
L’impact économique de ces tarifs devrait être grave.
La chaîne d’approvisionnement nord-américaine est profondément intégrée, en particulier dans des industries comme l’automobile, l’agriculture et l’énergie.
Les constructeurs automobiles, par exemple, s’appuient sur des routes d’approvisionnement transfrontalières où les pièces circulent entre les pays à plusieurs reprises avant l’assemblage final.
Les économistes avertissent que les coûts d’importation plus élevés pourraient se traduire par une augmentation des prix pour les consommateurs et des pertes d’emplois potentielles aux États-Unis.
Le Canada et le Mexique se préparent à riposter
Le Canada et le Mexique ont tous deux fait savoir qu’ils ne resteraient pas les bras croisés si Trump mettait en œuvre ces tarifs.
Ottawa aurait élaboré un plan de représailles détaillé, visant les exportations américaines telles que le jus d'orange de Floride, une mesure visant à nuire aux principaux groupes politiques.
Le Canada a dressé une liste plus longue, d’une valeur pouvant atteindre 150 milliards de dollars canadiens, d’importations américaines qui pourraient être soumises à des contre-mesures.
Le Mexique a quant à lui averti que les tarifs pourraient coûter 400 000 emplois aux États-Unis, en particulier dans les industries qui dépendent d’importations mexicaines abordables.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a exprimé son scepticisme quant à la possibilité que Trump mette en œuvre les tarifs, laissant entendre que cette mesure pourrait être davantage une stratégie politique qu’une nécessité économique.
L'utilisation par Trump de pouvoirs d'urgence pour appliquer des tarifs
Pour accélérer la mise en place des tarifs, Trump devrait invoquer la loi sur les pouvoirs économiques d'urgence internationale (IEEPA), une loi initialement adoptée en 1977 et élargie après le 11 septembre pour accorder au président un large pouvoir d'imposer des sanctions économiques.
Cette stratégie permettrait à Trump de contourner les longues enquêtes généralement requises en vertu des lois commerciales.
Le principal conseiller commercial de Trump, Peter Navarro, a défendu les tarifs, arguant que les recettes qu'ils pourraient générer pourraient aider à financer une prolongation des réductions d'impôts de 2017 de Trump, qui doivent expirer cette année.
Cependant, les critiques affirment que les tarifs agissent comme une taxe sur les consommateurs et les entreprises américains, les importateurs répercutant les coûts accrus par le biais de prix plus élevés.
Les tensions commerciales mondiales sont en hausse
Au-delà de l'Amérique du Nord, Trump a également évoqué un tarif douanier de 10 % sur les importations chinoises, invoquant le rôle de Pékin dans le trafic de fentanyl comme justification.
Alors que la Chine est restée prudente dans sa réponse, son ambassade à Washington a averti les États-Unis de ne pas prendre sa « bonne volonté pour acquise ».
Si Trump applique ces tarifs, il risque de déclencher une nouvelle guerre commerciale qui pourrait avoir des répercussions mondiales.
Au cours de son premier mandat, des mesures similaires ont conduit à des contre-mesures agressives de la part de la Chine et de l’Union européenne, affectant des industries allant de l’agriculture aux motos.
Trump va-t-il reculer ?
Malgré la rhétorique agressive, certains analystes pensent que Trump pourrait annoncer les tarifs mais en suspendre l'application, en les utilisant comme levier dans les négociations avec le Canada et le Mexique.
D'autres avertissent toutefois que des menaces répétées sans action pourraient affaiblir la crédibilité de Trump en matière d'application des règles commerciales.
Alors que les enjeux sont plus élevés que jamais, les entreprises et les investisseurs restent sur le qui-vive, surveillant de près la prochaine décision de Trump dans ce qui pourrait devenir l'une des batailles commerciales les plus importantes de l'année.
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