Les actions de Honda et Nissan grimpent alors que les discussions de fusion s'effondrent : voici ce que nous savons

Les actions de Honda et Nissan grimpent alors que les discussions de fusion s'effondrent : voici ce que nous savons
Vatsala Gaur
05 févr. 2025, 07:11 AM
  • Les actions de Honda et Nissan ont augmenté après des informations selon lesquelles les discussions sur une fusion pourraient être annulées.
  • Les désaccords sur le contrôle et les difficultés financières de Nissan ont compliqué les discussions.
  • L'industrie automobile est confrontée à la pression de ses rivaux des véhicules électriques et aux éventuels tarifs douaniers américains.

Les actions de Honda et Nissan ont grimpé mercredi après un rapport selon lequel les constructeurs automobiles japonais envisageaient d'annuler leurs discussions de fusion très médiatisées.

Le journal Asahi Shimbun, citant des sources, a déclaré que les conseils d'administration des deux sociétés se préparaient à mettre officiellement fin aux négociations, qui étaient en cours depuis l'année dernière.

À la suite du rapport, les actions de Nissan ont augmenté de 7,4 %, tandis que celles de Honda ont grimpé de 4,2 %.

Les désaccords entre Honda et Nissan compliquent les discussions

Honda et Nissan avaient initialement présenté le projet de fusion comme une mesure stratégique visant à renforcer leur position face à la concurrence croissante des constructeurs chinois de véhicules électriques (VE) tels que BYD.

Cependant, selon des sources proches du dossier, les discussions étaient de plus en plus tendues en raison de désaccords internes, a rapporté Reuters.

L’un des principaux points de discorde était la proposition de Honda de faire de Nissan une filiale, une démarche que cette dernière a fermement opposée.

Honda, deuxième constructeur automobile japonais, a une valeur marchande près de cinq fois supérieure à celle de Nissan et est devenu sceptique quant aux efforts de redressement de son plus petit rival, ont indiqué des sources.

Nissan, qui a eu du mal à se remettre complètement du scandale de 2018 entourant l'ancien président Carlos Ghosn, a été particulièrement vulnérable à l'accélération de la transition vers les véhicules électriques.

Ses bénéfices d'exploitation ont chuté de 90 % au premier semestre de l'exercice 2024, tandis que le bénéfice net a baissé de 94 % par rapport à l'année précédente.

L’incertitude concernant les tarifs douaniers de Trump complique également les choses

La rupture présumée des négociations de fusion intervient à un moment où les deux constructeurs automobiles sont confrontés à d’importants défis externes.

L’industrie automobile mondiale est en pleine mutation, les acteurs traditionnels étant contraints de s’adapter à un nouveau paysage dominé par les véhicules électriques.

De plus, l’incertitude quant aux éventuels tarifs imposés par le président américain Donald Trump a ajouté une autre couche de complexité.

Les analystes notent que les tarifs sur les importations mexicaines pénaliseraient de manière disproportionnée Nissan, qui a une empreinte de fabrication plus importante dans le pays que Honda ou Toyota.

Karl Brauer, analyste exécutif chez iSeeCars, a déclaré que la hausse du cours de l'action à la suite de cette nouvelle reflétait un soulagement à court terme parmi les investisseurs.

« Mais la voie à long terme pour les deux constructeurs reste incertaine, avec de multiples problèmes à résoudre pour chaque entreprise », a-t-il déclaré à CNBC.

L’avenir reste incertain

Honda et Nissan avaient initialement prévu de finaliser leurs discussions d'ici juin, et le partenaire stratégique de Nissan, Mitsubishi, avait également été invité à participer.

Cependant, Mitsubishi n'a pas encore pris de décision finale, prévoyant de le faire plus tard ce mois-ci, selon les informations.

Les analystes estiment que la fusion proposée découle des difficultés financières de Nissan et de ses efforts pour restructurer son alliance de longue date avec le français Renault.

L'entreprise avait précédemment annoncé son intention de supprimer 9 000 emplois et de réduire sa capacité de production mondiale de 20 %.

Honda et Nissan ont refusé de commenter le rapport.