Nissan et Honda abandonnent leur projet de fusion de 60 milliards de dollars, laissant Nissan à la croisée des chemins

Nissan et Honda abandonnent leur projet de fusion de 60 milliards de dollars, laissant Nissan à la croisée des chemins
Srinibas Rout
13 févr. 2025, 16:52 PM
  • Les discussions ont été sabotées par des désaccords fondamentaux, notamment la proposition de Honda de faire de Nissan une filiale.
  • Nissan est désormais confronté à une pression croissante pour se restructurer et trouver de nouveaux partenariats stratégiques.
  • Foxconn, géant taïwanais de la fabrication électronique, pourrait être un collaborateur potentiel.

Nissan et Honda ont officiellement mis fin aux discussions de fusion qui auraient pu créer un géant automobile de 60 milliards de dollars, marquant un revers majeur pour Nissan alors qu'il se débat avec des difficultés financières et une concurrence de plus en plus intense des fabricants chinois de véhicules électriques (VE).

Les discussions, révélées initialement en décembre, ont été déraillées par des désaccords fondamentaux, notamment la proposition de Honda de faire de Nissan une filiale.

L'échec de l'accord place désormais Nissan sous une pression croissante pour restructurer et trouver de nouveaux partenariats stratégiques afin de rester compétitive dans un paysage automobile en évolution rapide.

Les discussions de fusion entre Nissan et Honda échouent en raison de différends de contrôle

Honda et Nissan, respectivement deuxième et troisième constructeurs automobiles du Japon, exploraient une éventuelle fusion qui aurait créé la quatrième plus grande entreprise automobile du monde en termes de ventes de véhicules, derrière seulement Toyota, Volkswagen et Hyundai.

Cependant, les discussions sont rapidement devenues tendues en raison de divergences de vues sur la structure de leadership et la répartition du pouvoir.

Selon des sources, Honda a poussé pour un cadre de fusion qui aurait positionné Nissan comme filiale, une démarche jugée inacceptable par les dirigeants de Nissan et son principal actionnaire, le constructeur automobile français Renault.

En fin de compte, l’échec de parvenir à des conditions équitables a conduit à l’effondrement de l’accord.

Malgré les retombées, les deux constructeurs automobiles ont confirmé qu'ils poursuivront leur alliance actuelle de partage de technologies, qui comprend également Mitsubishi Motors.

Cette collaboration reste cruciale alors que les constructeurs automobiles traditionnels cherchent des moyens de contrer la montée rapide des constructeurs chinois de véhicules électriques tels que BYD, qui étendent agressivement leur part de marché avec des véhicules avancés pilotés par logiciel.

Les difficultés de Nissan s'aggravent avec la chute de ses bénéfices

L'échec de la fusion intervient à un moment difficile pour Nissan, qui a eu du mal à se remettre d'une période turbulente de changements de direction et de baisse de ses performances financières depuis l'arrestation en 2018 de l'ancien président Carlos Ghosn.

Jeudi, Nissan a réduit pour la troisième fois ses prévisions de bénéfices annuels et a annoncé une nouvelle forte baisse de ses bénéfices au troisième trimestre.

Dans le cadre de ses efforts de restructuration en cours, la société a annoncé son intention de fermer une usine de fabrication en Thaïlande d'ici juin, avec deux fermetures d'usines supplémentaires à venir.

Nissan avait précédemment révélé son intention de supprimer 9 000 emplois et de réduire de 20 % sa capacité de production mondiale afin de stabiliser ses opérations.

Le PDG Makoto Uchida a reconnu l'urgence de la situation, déclarant que la résolution des difficultés financières de Nissan est la priorité absolue.

Il a également suggéré qu'une fois que l'entreprise serait sur une voie de reprise claire, il serait prêt à démissionner de son poste de PDG.

« Si je peux voir dans quelle direction cela va évoluer, je serai naturellement prêt à passer le relais à la personne suivante », a déclaré Uchida lors d’une conférence de presse.

Nissan explore désormais activement des partenariats alternatifs

L'opération de fusion avec Honda étant abandonnée, Nissan explore activement d'autres partenariats pour renforcer sa position.

Des initiés de l'industrie ont émis l'hypothèse que Foxconn, un acteur majeur de la fabrication électronique à Taïwan, pourrait être un potentiel collaborateur.

Toutefois, les deux sociétés ont démenti tout entretien formel au niveau de la direction.

Dans le même temps, Nissan réévalue ses opérations en Chine, où elle exploite huit usines via une coentreprise avec Dongfeng Motor.

Dans le but d’optimiser ses ressources, l’entreprise a déjà suspendu la production dans son usine de Changzhou et pourrait devoir réduire davantage sa capacité dans la région.

Les défis croissants auxquels sont confrontés les constructeurs automobiles traditionnels

Lorsque les discussions de fusion ont été rapportées pour la première fois le 17 décembre, les actions de Nissan ont bondi de plus de 60 %, tandis que celles de Honda ont enregistré des gains d'environ 26 %.

Cependant, alors que les doutes sur la viabilité de l'accord se sont accrus, les deux actions ont réduit leurs gains, Nissan étant désormais en hausse de 21 % et Honda en hausse de 11 % depuis l'annonce initiale.

L’échec de la fusion souligne les défis croissants auxquels sont confrontés les constructeurs automobiles traditionnels dans une industrie en pleine mutation.

Alors que les constructeurs automobiles chinois dominent le secteur des véhicules électriques et que des facteurs géopolitiques – tels que les éventuels tarifs américains sur les véhicules importés du Mexique – posent des risques supplémentaires, Nissan et Honda doivent naviguer dans un marché mondial de plus en plus complexe.

Pour Nissan, la priorité est désormais d’exécuter sa stratégie de redressement et de sécuriser de nouvelles alliances qui l’aideront à rester compétitive dans un avenir dominé par les véhicules électriques et autonomes.

L’entreprise devrait fournir une mise à jour sur ses efforts de restructuration au cours du mois prochain.