Les dirigeants européens vont élaborer un plan de paix pour l'Ukraine afin d'obtenir le soutien des États-Unis : voici ce que nous savons jusqu'à présent.

Les dirigeants européens vont élaborer un plan de paix pour l'Ukraine afin d'obtenir le soutien des États-Unis : voici ce que nous savons jusqu'à présent.
Srinibas Rout
03 mars 2025, 07:46 AM
  • Les dirigeants européens ont indiqué qu'ils étaient prêts à augmenter les dépenses de défense.
  • La Commission européenne a suggéré de réviser les règles budgétaires afin de faciliter l'augmentation des budgets de défense.
  • Après le sommet de Londres, Zelensky a réaffirmé la position de l'Ukraine sur l'intégrité territoriale.

Les dirigeants européens ont convenu d'élaborer un plan de paix pour l'Ukraine afin de le présenter aux États-Unis, dans le but d'obtenir des garanties de sécurité de Washington pour Kiev.

Cette initiative fait suite à un sommet à enjeux élevés à Londres, où le Premier ministre britannique Keir Starmer a reçu le président ukrainien Volodymyr Zelensky et d'importants chefs d'État européens.

Ces discussions interviennent dans un contexte de préoccupations croissantes quant à l'avenir du soutien américain à l'Ukraine, suite à une rencontre tendue dans le Bureau ovale entre Zelensky et le président américain Donald Trump.

Les dirigeants européens ont indiqué leur volonté d'accroître les dépenses de défense et ont proposé d'assouplir les restrictions financières afin de renforcer le soutien militaire.

La Commission européenne a suggéré de réviser les règles budgétaires afin de faciliter l'augmentation des budgets de défense, une mesure visant à démontrer son autosuffisance à Trump.

Coalition pour la paix et les garanties de sécurité

Starmer a annoncé que le Royaume-Uni, la France, l'Ukraine et d'autres nations alliées formeraient une « coalition des volontaires » pour élaborer un plan de paix structuré.

« Ce n'est pas le moment de parler davantage. Il est temps d'agir », a-t-il déclaré, soulignant l'urgence des efforts diplomatiques.

Bien que les détails précis n'aient pas été divulgués, le président français Emmanuel Macron avait auparavant évoqué la possibilité d'un cessez-le-feu d'un mois couvrant les opérations aériennes et maritimes, mais excluant les combats terrestres.

Les dirigeants européens plaident pour un cadre qui garantirait la souveraineté de l'Ukraine tout en dissuadant toute nouvelle agression russe.

Macron a également suggéré que des troupes européennes pourraient être déployées si un accord de paix plus large était conclu, bien qu'il reste incertain si toutes les nations de l'UE soutiennent cette mesure.

Zelensky : Aucune concession territoriale

Après le sommet de Londres, Zelensky a réaffirmé la position de l'Ukraine sur l'intégrité territoriale, déclarant que Kiev ne céderait aucun territoire à la Russie en échange de la paix.

Il a également réitéré la volonté de l'Ukraine de conclure un accord minier avec les États-Unis, ce qui pourrait renforcer les liens économiques et garantir des ressources stratégiques aux deux nations.

Malgré les tensions avec Trump, Zelensky a exprimé l'espoir de rétablir les relations, tout en précisant que les discussions futures devraient se dérouler à huis clos.

« Le format de notre dernière conversation n'a rien apporté de positif », a-t-il reconnu, faisant référence au récent différend à la Maison Blanche.

La poussée européenne pour une augmentation des dépenses de défense

Les craintes que le soutien américain à l'Ukraine ne faiblisse ont incité les dirigeants européens à envisager une plus grande autonomie en matière de défense.

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, a indiqué que plusieurs nations européennes s'étaient discrètement engagées à augmenter leurs dépenses militaires, une mesure considérée comme essentielle pour obtenir le soutien de Trump à un accord de sécurité transatlantique.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a souligné l'importance de renforcer l'Ukraine contre les menaces futures, déclarant : « Nous devons transformer l'Ukraine en un porc-épic d'acier – indigeste pour les envahisseurs potentiels. »

La position de Washington

L'approche de Trump concernant le conflit ukrainien s'est fortement écartée de la politique américaine traditionnelle.

Son administration a engagé des négociations séparées avec la Russie et a suggéré que Kiev portait la responsabilité de la prolongation de la guerre.

Sur les réseaux sociaux, Trump a minimisé les inquiétudes concernant Moscou, exhortant les États-Unis à se concentrer plutôt sur les questions de sécurité intérieure.

Pendant ce temps, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a salué la diplomatie « de bon sens » de Trump, tout en critiquant les dirigeants européens pour « avoir soutenu Zelensky avec leurs baïonnettes sous forme d'unités de maintien de la paix ».

Alors que les nations européennes plaident pour une résolution diplomatique, obtenir l'implication des États-Unis reste une priorité absolue.

Starmer a souligné que si l'Europe doit mener ces efforts, le succès dépendra en fin de compte d'un soutien américain solide.

« L'Europe doit faire le gros du travail, mais une paix durable nécessite le soutien des États-Unis », a-t-il déclaré.