Le Kazakhstan limoge son ministre de l'Énergie alors que les tensions sur la production pétrolière de l'OPEP+ s'intensifient.

Le Kazakhstan limoge son ministre de l'Énergie alors que les tensions sur la production pétrolière de l'OPEP+ s'intensifient.
Sayantan Sarkar
18 mars 2025, 16:39 PM
  • Le ministre de l'Énergie du Kazakhstan démissionne en raison des difficultés à aligner la production pétrolière sur les quotas de l'OPEP+.
  • Le Kazakhstan a dépassé son quota de production pétrolière de l'OPEP+ en février, produisant 1,767 million de barils par jour.
  • Le ministre sortant a eu des discussions avec de grandes compagnies pétrolières comme Chevron et d'autres au sujet de la réduction de la production.

Le ministre kazakh de l'Énergie, Almasadam Satkaliyev, démissionnera de ses fonctions, a annoncé mardi le bureau présidentiel du pays, selon un article de Reuters.

Cette décision intervient alors que le gouvernement continue de lutter pour persuader les compagnies pétrolières américaines et européennes de réduire leurs niveaux de production, qui dépassent actuellement les objectifs fixés par l'accord OPEP+.

Le bureau présidentiel du Kazakhstan a annoncé mardi qu'Almasadam Satkaliyev dirigera la nouvelle agence nationale de l'énergie atomique.

Le successeur de Satkaliyev à la tête du ministère de l'Énergie n'a pas encore été nommé.

Le ministère de l'Énergie du Kazakhstan était sous la direction de Satkaliyev depuis avril 2023.

Cette démission met en lumière les difficultés auxquelles le Kazakhstan est confronté pour concilier sa production énergétique avec les accords internationaux et les intérêts des compagnies pétrolières étrangères opérant sur son territoire.

Difficultés à aligner la production pétrolière sur le quota de l'OPEP

Les efforts du gouvernement pour freiner la surproduction et s'aligner sur les objectifs de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et de ses alliés se sont heurtés à des résistances, risquant de tendre les relations avec des acteurs clés de l'industrie pétrolière mondiale.

Cette évolution pourrait avoir des implications pour le secteur énergétique du Kazakhstan et sa position au sein de l'alliance OPEP+.

Le futur ministre de l'Énergie devra probablement relever immédiatement le défi de mener à bien ces négociations complexes et de trouver une solution qui satisfasse à la fois les préoccupations nationales et internationales.

L'OPEP avait précédemment déclaré que le Kazakhstan avait joué un rôle majeur dans l' augmentation de la production pétrolière du cartel en février. Cette forte hausse de la production peut être attribuée à la contribution significative du Kazakhstan.

Selon les données du cartel, ce membre de l'OPEP d'Asie centrale a produit 1,767 million de barils de pétrole brut par jour, soit une augmentation notable par rapport aux 1,570 million de barils par jour produits en janvier.

La production de février a également dépassé le quota de l'OPEP+ du Kazakhstan, qui s'élève à 1,468 million de barils par jour.

Cette augmentation de la production contribue à l'offre globale de pétrole sur le marché mondial et pourrait avoir un impact sur les prix du pétrole, notamment compte tenu des efforts continus de l'OPEP+ pour gérer les niveaux de production et stabiliser le marché.

Discussions avec les grandes compagnies pétrolières

La semaine dernière, Satkaliyev s'est rendu aux États-Unis pour des entretiens avec les grandes compagnies pétrolières Chevron, ExxonMobil, Shell, Eni et Honeywell, toutes présentes au Kazakhstan.

Satkaliyev a révélé que le pays avait entamé des discussions avec les pays susmentionnés concernant la réduction de la production pétrolière.

Les détails de ces discussions, y compris les éventuels accords ou décisions conclus, n'ont pas été rendus publics par le ministère kazakh de l'Énergie.

Il reste à voir quelles mesures concrètes le Kazakhstan prendra pour ajuster sa production pétrolière et comment ces actions impacteront le marché pétrolier au sens large, notamment dans le cadre de l'OPEP+.

Le ministère a attribué l'augmentation de la production à l'expansion du champ pétrolifère de Tengiz, un projet principalement mené par Chevron.

En réponse aux inquiétudes concernant le dépassement des quotas de production, le ministère s'est engagé à mieux respecter les limites convenues à l'avenir.

Parallèlement, le Kazakhstan est actuellement dépourvu de centrales nucléaires. Cependant, il possède d'importantes richesses grâce à ses vastes réserves d'uranium.

On estime que ces réserves représentent environ 15 % du total mondial, plaçant le Kazakhstan au deuxième rang mondial des détenteurs de réserves d'uranium, derrière l'Australie.