L'inflation au Canada atteint 2,6 %, faisant craindre des tensions économiques.

L'inflation au Canada atteint 2,6 %, faisant craindre des tensions économiques.
Noris Soto
18 mars 2025, 19:52 PM
  • Le taux d'inflation du Canada a augmenté de manière inattendue à 2,6 % en février, dépassant les attentes.
  • Cette hausse est due à la fin d'une réduction de la taxe sur les ventes et à la hausse des prix dans tous les secteurs.
  • Les économistes avertissent que les tarifs douaniers américains pourraient entraîner de nouveaux défis inflationnistes pour la Banque du Canada.

Le taux d'inflation annuel du Canada a augmenté de manière inattendue à 2,6 % en février, dépassant les prévisions et indiquant un changement radical de perspective financière.

Selon un rapport de Reuters, cette hausse est attribuée à l'expiration d'une déduction de taxe de vente en milieu de mois, contribuant à des prix élevés dans divers secteurs.

Cette hausse inflationniste survient alors que les consommateurs et les entreprises canadiennes font face aux défis d'un environnement commercial en constante évolution, notamment la mise en œuvre des tarifs américains.

Franchir des seuils clés

Le taux d'inflation actuel marque la première fois en sept mois que la hausse des prix à la consommation au Canada dépasse 2 %, le point médian de la fourchette cible de la Banque du Canada (BdC) de 1 % à 3 %.

En janvier, l'inflation s'est établie à 1,9 %, affichant une hausse des prix significative qui a pris de nombreux observateurs au dépourvu.

En février, les analystes interrogés par Reuters prévoyaient une inflation annuelle de 2,2 % et une inflation mensuelle de 0,6 %. La semaine dernière, la Banque du Canada a prédit que l'inflation atteindrait 2,5 % en mars, invoquant les pressions sur les prix causées par les incertitudes tarifaires.

Selon Statistique Canada, sans l'avantage fiscal qui a expiré, le taux d'inflation aurait atteint 3 % en février, ce qui démontre l'importance de la politique budgétaire pour influencer les prix à la consommation.

Suite à l'annonce des chiffres de l'inflation, l'humeur du marché a évolué, suggérant une anticipation accrue d'une pause dans la campagne de réduction des taux d'intérêt de la Banque du Canada.

Les prix du marché des devises suggèrent un changement dans la probabilité d'une pause dans les baisses de taux d'intérêt le mois prochain, qui est actuellement supérieure à 62 %, contre 58 % auparavant.

En conséquence, le dollar canadien a légèrement augmenté, s'échangeant à 1,4283 contre le dollar américain, soit environ 70,01 cents américains.

Hausse généralisée des prix et réponse des banques centrales

Selon Statistique Canada, les prix ont augmenté de 1,1 % d'un mois à l'autre en février, contre 0,1 % en janvier. Les analystes avaient précédemment prévu un taux d'inflation annuel d'environ 2,2 % et une augmentation mensuelle de 0,6 %.

Alors que les coûts continuent d'augmenter, des représentants de divers secteurs ont exprimé leurs préoccupations quant à la viabilité à long terme de cette croissance, ainsi qu'aux difficultés qu'elle pose pour la gestion monétaire.

Katherine Judge, économiste chez CIBC Marchés des capitaux, a déclaré à Reuters que « la reprise inattendue des mesures de base n'est pas une bonne nouvelle », notamment en ce qui concerne l'impact possible des tarifs sur les hausses de prix.

Compte tenu de la détermination de la banque centrale à abaisser les taux de référence pour la septième fois consécutive à 2,75 %, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a souligné la nécessité de résoudre le « problème des tarifs » avant qu'il ne dégénère en une crise inflationniste plus importante. Il a réaffirmé que la priorité absolue de l'autorité monétaire est de maintenir la stabilité des prix.

Zones connaissant des hausses de prix importantes

Si l'inflation a augmenté dans plusieurs secteurs le mois dernier, certains ont connu une hausse des coûts particulièrement forte. Le prix des repas au restaurant, des vêtements et de l'alcool a considérablement augmenté après la suppression d'une exonération fiscale temporaire.

Les experts prévoient que l'inflation pourrait rester élevée, car les effets des tarifs américains et les représailles potentielles d'autres voisins du Nord continuent de générer de l'incertitude.

L'interaction complexe entre les négociations commerciales mondiales et les ajustements de la politique fiscale nationale rend la prédiction de l'ampleur et de la durée des tendances inflationnistes particulièrement difficile dans le contexte actuel.

Royce Mendes, directeur général et responsable de la stratégie macroéconomique, a recommandé à la Banque du Canada d'envisager de mettre un terme à de nouvelles baisses des taux d'intérêt, soulignant que la maîtrise de l'inflation demeure l'objectif principal de l'institution.

Les économistes et les observateurs s'accordent à dire que si les mesures d'assouplissement monétaire sont essentielles en période d'incertitude économique, elles doivent être mises en balance avec le risque d'accroissement des pressions inflationnistes.

Alors que l'inflation augmente au pays, la Banque du Canada doit agir avec prudence. Les coûts grimpent dans toutes les catégories mesurées par l'indice des prix à la consommation, ce qui rend les clients méfiants quant aux dépenses futures.

Les décideurs politiques sont confrontés à un dilemme en considérant les impacts des politiques commerciales américaines tout en maîtrisant l'inflation. L'évolution du budget et des dépenses de consommation sera suivie de près alors que le Canada gère les complexités de son paysage budgétaire.

Alors que les débats se poursuivent, des mesures politiques habiles seront importantes pour maintenir le Canada sur une trajectoire stable face aux changements de la conjoncture mondiale.