Les tarifs douaniers américains entraînent des licenciements dans le secteur canadien de l'acier et de l'aluminium.

Les tarifs douaniers américains entraînent des licenciements dans le secteur canadien de l'acier et de l'aluminium.
Diya Poddar
26 mars 2025, 12:22 PM
  • Canada Metal Processing a supprimé 140 emplois en invoquant les risques liés aux tarifs douaniers.
  • Algoma Steel a licencié 27 employés, d'autres coupes sont possibles.
  • Le gouvernement met en place un programme d'accès à l'assurance-emploi et un programme d'aide en réponse.

Des centaines de travailleurs canadiens ont perdu leur emploi ces dernières semaines suite aux nouveaux tarifs américains visant les importations d'acier et d'aluminium.

La politique, introduite par le président Donald Trump le 12 mars, a suscité une réaction rapide dans le secteur manufacturier canadien, les économistes mettant en garde contre des perturbations économiques plus importantes.

Le syndicat national des travailleurs de l'acier affirme qu'au moins 200 licenciements ont déjà eu lieu, et s'attend à ce que des dizaines de milliers d'autres suivent si les droits de douane restent en vigueur et s'intensifient encore en avril.

Le Canada est le plus grand fournisseur d'acier des États-Unis, ce qui rend ses industries particulièrement vulnérables aux retombées liées au commerce.

Les droits de douane entraînent 200 suppressions d'emplois.

Les entreprises opérant dans les secteurs de l'acier et de l'aluminium au Canada signalent déjà des impacts importants depuis l'entrée en vigueur des tarifs douaniers le 12 mars.

Parmi eux figure Canada Metal Processing Group, qui avait déjà averti le 24 février d'une réduction de personnel imminente liée au changement de politique américain anticipé.

L'entreprise a mis ses menaces à exécution en supprimant 140 emplois, citant la menace des droits de douane américains comme un facteur clé.

Ces licenciements comprennent un mélange de suppressions d'emplois permanents et temporaires, d'ajustements du partage du travail, de départs à la retraite et d'un gel des embauches.

Une autre entreprise touchée, Algoma Steel, basée en Ontario, a également procédé à des réductions de personnel.

L'entreprise a licencié 27 personnes, son PDG indiquant que d'autres réductions pourraient suivre à moins qu'elle ne trouve de nouveaux clients canadiens pour remplacer les affaires perdues aux États-Unis.

Le syndicat des Métallurgistes unis, qui représente plus de 225 000 membres au Canada, a confirmé qu'il ne s'agissait que des premiers signes de répercussions économiques plus profondes à venir.

100 000 personnes supplémentaires à risque d'ici avril.

Un sursis de 30 jours pour certains produits conformes à l'Accord États-Unis-Mexique-Canada doit expirer le 2 avril.

Une fois cette période terminée, la pleine mise en œuvre des droits de douane devrait affecter un plus large éventail d'importations.

Le syndicat des Métallurgistes unis a averti que cette prochaine vague de tarifs pourrait toucher jusqu'à 100 000 de ses membres au Canada, notamment ceux liés aux chaînes d'approvisionnement fortement axées sur l'exportation.

Cette incertitude a particulièrement durement frappé les villes manufacturières. Les travailleurs de l'usine Ivaco du Groupe Canada Metal Processing, dans l'est de l'Ontario, ont été informés il y a plus d'un mois de la possibilité de mises à pied, mais n'ont reçu confirmation que récemment.

Depuis, certains employés ont repris des fonctions limitées, telles que l'entretien et le nettoyage, tandis que leurs perspectives d'emploi à plus long terme restent incertaines.

Le Canada déploie des plans de soutien.

En réponse à la pression économique croissante, le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé de nouvelles mesures vendredi, quelques jours avant de déclencher des élections fédérales. Parmi celles-ci, on compte un accès plus rapide à l'assurance-emploi pour les travailleurs touchés.

Plus tôt ce mois-ci, le gouvernement fédéral a également dévoilé un programme d'aide aux entreprises de plusieurs milliards de dollars et une initiative de partage du travail prolongée pour soutenir les employés ayant des heures de travail réduites.

Si ces mesures visent à atténuer le choc, les défenseurs des travailleurs et les économistes soutiennent que des réformes plus globales sont nécessaires.

Les propositions comprennent l'élargissement de l'accès à l'assurance-emploi, l'augmentation de la durée des prestations et la mise en place d'une norme de paiement hebdomadaire minimum.

Les petites entreprises ressentent la pression.

Au-delà des grands producteurs d'acier et d'aluminium, les petites entreprises et les sous-traitants liés aux opérations d'import-export ressentent également la pression.

Deena Ladd du Centre d'action des travailleurs a déclaré que son organisation a constaté une augmentation des pertes d'emplois dans les petites entreprises opérant dans le secteur de l'acier et de l'aluminium ou à proximité.

Ces travailleurs sont souvent plus vulnérables en raison de la faiblesse des protections juridiques et de l'accès limité aux systèmes de soutien.

Un porte-parole du ministère du Travail du Canada a déclaré que le gouvernement fédéral « continuerait de surveiller les répercussions des tarifs douaniers dans tous les secteurs et sur l'économie » et qu'il prendrait d'autres mesures au besoin.

Cependant, avec l'augmentation des licenciements et l'approche de la date limite du 2 avril, les appels à une intervention plus rapide et plus large devraient se multiplier dans les semaines à venir.