Musk poursuivi par la SEC pour un profit de 150 millions de dollars suite à une divulgation tardive d'actions Twitter
- Musk aurait manqué la date limite du seuil de 5 % de 11 jours.
- Le cours de l'action Twitter a bondi de 27 % après le dépôt tardif de Musk.
- Le refus de témoigner en 2023 vient s'ajouter aux problèmes juridiques persistants de Musk.
La Securities and Exchange Commission (SEC) américaine poursuit Elon Musk en justice pour 150 millions de dollars pour fraude présumée sur les valeurs mobilières lors de son acquisition de Twitter en 2022, désormais connu sous le nom de X.
L'agence affirme que Musk n'a pas divulgué sa participation croissante dans la société de médias sociaux avant la date limite réglementaire, ce qui lui a finalement permis d'acheter des actions à des prix sous-évalués avant que le marché ne puisse réagir.
Le retard lui aurait permis d'économiser au moins 150 millions de dollars.
Cette affaire s'ajoute à une série de conflits réglementaires entre Musk et la SEC et intervient dans un contexte de surveillance continue de sa conduite sur les marchés.
La SEC cible les manquements à la déclaration de 5 %
Selon le document judiciaire publié lundi, la SEC poursuit son action en justice, initialement intentée en janvier 2025 sous la présidence de Gary Gensler.
La plainte porte sur le retard de Musk à déposer une déclaration obligatoire lorsque sa participation dans Twitter a dépassé 5 %.
En vertu de la législation américaine sur les valeurs mobilières, un tel seuil déclenche un délai pour informer les investisseurs – généralement dans les 10 jours.
La participation de Musk a dépassé le seuil de 5 % début mars 2022, nécessitant une déclaration avant le 24 mars.
Cependant, la SEC allègue que Musk n'a soumis le formulaire 13D requis que le 4 avril 2022.
Le dépôt a déclenché une hausse de 27 % du cours de l'action Twitter.
L'agence affirme que cette divulgation tardive a permis à Musk de continuer à acheter des actions à des prix inférieurs à leur véritable valeur marchande, avant que le public ne soit au courant de son intérêt.
Au moment où l'information a été rendue publique, Musk avait déjà accumulé des millions d'actions.
La SEC estime que ce retard de divulgation a permis à Musk d'économiser au moins 150 millions de dollars, une somme qu'elle cherche désormais à récupérer par voie judiciaire.
L'action Twitter a bondi de 27 % après le dépôt du dossier.
La plainte de la SEC met en lumière l'impact du dépôt tardif de Musk sur le cours de l'action Twitter.
Lorsque Musk a finalement déposé le formulaire 13D le 4 avril 2022, l'action Twitter a bondi de 27 %.
La Commission soutient que ce retard a donné à Musk un avantage injuste sur les autres investisseurs, qui ignoraient la participation croissante constituée en coulisses.
Ce n'est pas la première fois que Musk est critiqué pour avoir prétendument enfreint les règles du marché.
La SEC a déjà enquêté sur son activité sur les réseaux sociaux et ses déclarations publiques, notamment son tweet de 2018 concernant la privatisation de Tesla à 420 dollars par action, qui a donné lieu à un accord séparé avec le régulateur.
Dans ce dernier cas, la Commission ne se concentre pas seulement sur le non-respect du délai de divulgation, mais aussi sur les implications financières de ce retard.
Le régulateur estime que ces achats sous-évalués ont directement sapé la transparence du marché et nui aux investisseurs qui n'ont pris connaissance de la position de Musk que trop tard.
Musk a manqué une audition devant la SEC en 2023.
La dernière action en justice de la SEC s'inscrit dans le prolongement d'un long bras de fer juridique entre Musk et le régulateur.
En 2023, la Commission a intenté une nouvelle action en justice contre Musk après qu'il a refusé de témoigner concernant l'acquisition de Twitter.
Il avait auparavant accepté de rencontrer les enquêteurs de la SEC, mais s'est désisté deux jours avant l'entretien prévu.
Selon la déclaration de la SEC à l'époque, Musk a soulevé ce qu'elle a qualifié d'« objections fallacieuses » pour justifier son absence.
La Commission a fait valoir que le refus de témoigner constituait une violation de son accord antérieur et entravait son enquête.
Cette affaire portait spécifiquement sur le refus de coopération de Musk plutôt que sur les détails financiers de l'acquisition.
Cependant, les deux procédures sont étroitement liées, et la SEC a indiqué son intention de continuer à demander des comptes à Musk sur l'ensemble du processus d'acquisition.
Bataille juridique autour d'un gain de 150 millions de dollars
L'équipe juridique de Musk, dirigée par l'avocat Alex Spiro, a rejeté les allégations de la SEC, qualifiant la dernière plainte de « simulacre ».
Ils ont maintenu que Musk n'avait rien fait de mal lors de l'acquisition de Twitter et continuent de contester la compétence de la Commission et son interprétation des règles de divulgation.
Malgré cela, les documents déposés par la SEC démontrent une intention claire de poursuivre l'affaire, l'agence réclamant désormais des sanctions et une éventuelle restitution des 150 millions de dollars que Musk aurait prétendument économisés.
Aucune date de procès n'a encore été annoncée, et l'affaire reste en phase préjudicielle.
Cette action en justice s'inscrit dans un contexte plus large de surveillance réglementaire entourant les actions de Musk sur les marchés publics.
Il reste à voir si la SEC réussira à récupérer les fonds ou à imposer des sanctions, mais cette procédure marque un nouveau chapitre dans les relations tendues de Musk avec les régulateurs fédéraux.
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