L'inflation au Canada ralentit de manière inattendue à 2,3 % en mars.

L'inflation au Canada ralentit de manière inattendue à 2,3 % en mars.
Noris Soto
15 avr. 2025, 17:43 PM
  • Le taux d'inflation annuel du Canada a baissé de manière inattendue à 2,3 % en mars, principalement en raison de la baisse des prix de l'essence.
  • Les mesures de l'inflation sous-jacente restent élevées, ce qui complique les décisions de politique monétaire de la Banque du Canada.
  • Les attentes du marché concernant une baisse des taux ont légèrement augmenté.

Le taux d'inflation annuel du Canada a diminué à 2,3 % en mars, soit une baisse significative par rapport au mois précédent.

Un chiffre d'inflation plus faible que prévu a légèrement augmenté la probabilité d'une baisse des taux lors de la décision de politique monétaire de mercredi, bien que le consensus du marché continue de pencher pour une pause.

La baisse des coûts entraîne la diminution de l'inflation.

Selon les données de Statistique Canada, la baisse inattendue de l'inflation a été principalement attribuable à la diminution des prix de l'essence et des voyages organisés.

Sur une base mensuelle, le taux d'inflation n'a augmenté que de 0,3 %.

Les analystes interrogés par Reuters avaient prédit que le taux d'inflation resterait à 2,6 % et qu'il augmenterait de 0,6 % sur une base mensuelle.

La baisse des prix de l'essence a été particulièrement notable, reculant de 1,6 % en raison de la diminution des prix du pétrole brut due aux inquiétudes concernant le ralentissement économique mondial et à l'impact des droits de douane imposés par le gouvernement américain.

Un ensemble d'indicateurs économiques

Bien que le taux d'inflation global montre des signes de ralentissement, les indicateurs de l'inflation sous-jacente, étroitement surveillés par la Banque du Canada, restent élevés.

Doug Porter, économiste en chef chez BMO Marchés des capitaux, a souligné la difficulté de la banque à interpréter ces signaux contradictoires.

Le rapport cite Porter, qui a déclaré :

De plus, la hausse des coûts des aliments et des boissons, qui ont augmenté de 3,2 % et 2,4 % sur une base annuelle, indique que certains secteurs continuent de subir des pressions sur les prix.

Ces augmentations ont été quelque peu masquées par une exonération de la taxe de vente en vigueur de mi-décembre à mi-février, soulignant la difficulté de déterminer les véritables tendances inflationnistes.

Éventuels changements de politique monétaire

Alors que la Banque du Canada s'apprête à annoncer sa décision de politique monétaire, les marchés financiers sont sur les nerfs.

Les probabilités d'une baisse des taux ont légèrement augmenté, mais le sentiment général reste orienté vers un maintien du cycle des taux d'intérêt.

Après la publication des données, les marchés des changes ont revu à la baisse leurs attentes concernant une pause dans le cycle de réduction des taux d'intérêt, les probabilités passant d'environ 60 % avant la publication à environ 52 %.

Les droits de douane imposés par le président américain Donald Trump sur les marchandises canadiennes ont également créé de l'incertitude dans l'économie.

Ces facteurs ont un impact à la fois sur les prix à la consommation et sur le développement économique, rendant les décisions des banques centrales difficiles.

Alors que le Canada est confronté aux dynamiques économiques actuelles, la baisse de l'inflation offre une lueur d'espoir aux consommateurs, tout en soulevant de sérieuses inquiétudes quant à la future politique monétaire.

La Banque du Canada est confrontée à la tâche difficile de concilier ces facteurs : naviguer entre une inflation sous-jacente persistante et une économie plus faible.

Face à une demande mondiale incertaine et exacerbée par les tensions commerciales, les autorités doivent agir avec prudence pour s'assurer que toute hausse des taux d'intérêt favorise la stabilité économique tout en évitant les pressions inflationnistes.