Ouverture des marchés européens : le Stoxx 600 recule légèrement avant la décision de la BCE sur les taux ; la mise à niveau énergétique de Siemens déclenche un rebond.

Ouverture des marchés européens : le Stoxx 600 recule légèrement avant la décision de la BCE sur les taux ; la mise à niveau énergétique de Siemens déclenche un rebond.
Deepali Singh
17 avr. 2025, 11:47 AM
  • Les marchés européens ont ouvert en baisse jeudi (Stoxx 600 -0,3 %) avant la décision attendue de la BCE concernant la baisse des taux d'intérêt.
  • L'action Siemens Energy a bondi de 12 % après avoir revu à la hausse ses prévisions de chiffre d'affaires et de bénéfices pour l'ensemble de l'année.
  • L'humeur européenne a suivi une forte vente massive à Wall Street, mais a contrasté avec les échanges asiatiques, globalement positifs.

Les marchés boursiers européens ont débuté la journée de jeudi sur une note négative, une certaine attente planant dans l'air alors que les investisseurs attendaient les dernières déclarations de la Banque centrale européenne sur les taux d'intérêt.

Si l'ambiance générale du marché était prudente, certains événements importants au sein des entreprises ont entraîné des mouvements significatifs sur les cours de certaines actions.

Le principal indice de référence paneuropéen, le Stoxx 600, a reculé d'environ 0,3 % en début de séance, reflétant l'hésitation après quelques jours plus dynamiques. La plupart des secteurs ont enregistré des baisses.

Le DAX allemand a flirté avec le territoire positif à l'ouverture avant de légèrement reculer dans le rouge. Cette attitude attentiste intervient alors que la BCE se prépare à annoncer sa politique plus tard jeudi.

On s'attend massivement à ce que la banque centrale réduise les taux d'intérêt pour la troisième fois cette année, probablement d'un quart de point, ramenant ainsi son taux de facilité de dépôt principal à 2,25 %.

Ces coupes anticipées découlent de préoccupations généralisées concernant la santé économique de la zone euro, notamment compte tenu des perspectives incertaines pour le commerce mondial et les droits de douane.

Siemens Energy illumine le DAX.

Siemens Energy a fait exception à la tendance morose de manière spectaculaire. Les actions de la société allemande de technologie énergétique ont littéralement grimpé en flèche, bondissant de 12 % après avoir présenté des perspectives beaucoup plus optimistes pour son exercice 2025.

Mercredi soir, la société a annoncé qu'elle prévoyait désormais une croissance du chiffre d'affaires comparable comprise entre 13 % et 15 %, soit une forte augmentation par rapport aux 8 % à 10 % annoncés précédemment.

Les prévisions de bénéfices ont également reçu un coup de pouce significatif, la marge avant éléments exceptionnels étant désormais fixée entre 4 % et 6 % (contre 3 % à 5 % auparavant), et le résultat net devant atteindre « jusqu'à » 1 milliard d'euros (1,13 milliard de dollars), bien meilleur que le « seuil de rentabilité » initialement anticipé.

Cet optimisme était sous-tendu par des résultats trimestriels préliminaires qui ont largement dépassé les attentes, affichant un chiffre d'affaires de 9,96 milliards d'euros contre un consensus de 9,3 milliards, et un bénéfice de 615 millions d'euros contre 372 millions attendus.

C'est une histoire de redressement remarquable pour une entreprise qui avait connu des difficultés après sa scission, notamment en raison de problèmes dans son unité éolienne, mais dont les actions ont fortement progressé en 2024 grâce aux espoirs d'une demande massive d'électricité alimentée par la révolution de l'IA.

Hermès trébuche malgré une croissance solide

Pendant ce temps, dans le monde de la haute couture, la situation était moins florissante pour Hermès.

Les actions du fabricant du sac Birkin emblématique – qui a récemment ravi le titre de plus grande entreprise de luxe au monde à son rival LVMH – ont reculé de 2,3 %.

Ce repli est survenu malgré la croissance respectable des ventes au premier trimestre annoncée par l'entreprise.

Le chiffre d'affaires a augmenté de 7 % en glissement annuel (à taux de change constants) pour atteindre 4,1 milliards d'euros (4,65 milliards de dollars), grâce à de solides résultats en Amérique (+11 %) et à des gains constants en Europe et en Asie.

Cependant, ce chiffre global est resté légèrement en deçà des attentes élevées des analystes qui, selon Citi, avaient prévu une croissance de 7,6 %. Les analystes de Citi ont néanmoins qualifié les résultats de « résultat respectable ».

Si la division maroquinerie, essentielle pour Hermès, a bien performé (+10%), les montres (-10%) et les parfums/cosmétiques (stagnation) ont accusé un retard.

Dans son communiqué, Hermès a maintenu sa confiance, confirmant « un objectif ambitieux de croissance du chiffre d'affaires à taux de change constants » malgré les « incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires » mondiales.

La faible réaction du marché souligne les attentes élevées qui entourent désormais le leader du luxe, surtout après qu'il a dépassé LVMH (évalué à 242,7 milliards d'euros contre 249,5 milliards d'euros pour Hermès mercredi, selon FactSet).

Cette prudence européenne s'est manifestée dans un contexte mondial mitigé.

Les marchés asiatiques ont pour la plupart enregistré des gains dans la nuit, faisant fi de la forte liquidation observée mercredi à Wall Street.

Ce repli américain a été en partie alimenté par les avertissements du président de la Fed, Jerome Powell, concernant les tensions commerciales et par une chute significative des actions Nvidia. Les contrats à terme sur les actions américaines ont cependant montré quelques signes de reprise pendant la nuit.

Alors que la journée de négociation européenne se déroule, tous les regards restent fixés sur Francfort et la décision imminente de la BCE.